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Le Palestinien qui a filmé l’incident impliquant un soldat à Hébron est sanctionné

Issa Amro ne pourra pas retourner chez lui pendant une semaine; la police l'accuse d'avoir "causé des frictions" dans cette ville en proie à des fortes tensions

Le militant palestinien Issa Amro s'exprime après sa libération de détention, dans la ville d'Hébron, en Cisjordanie, le 10 septembre 2017. (Crédit : AP Photo/Nasser Shiyoukhi, File)
Le militant palestinien Issa Amro s'exprime après sa libération de détention, dans la ville d'Hébron, en Cisjordanie, le 10 septembre 2017. (Crédit : AP Photo/Nasser Shiyoukhi, File)

Une cour militaire a interdit mercredi à un activiste palestinien de retourner dans son quartier de Hébron pendant une semaine – il avait filmé une vidéo montrant un soldat qui s’en prenait à des activistes de gauche, leur disant que le député d’extrême-droite Itamar Ben Gvir allait, en devenant ministre, restaurer l’ordre et l’autorité dans cette ville de Cisjordanie, en proie à des fortes tensions.

Issa Amro, un activiste qui vit à côté de l’implantation juive qui se trouve à Hébron, avait filmé, la semaine dernière, la rencontre qui aura finalement amené le soldat incriminé à purger une peine de dix jours de prison.

Ben Gvir a protesté avec force contre cette sanction, affirmant que le militaire avait été provoqué par les militants, même si des images tournées par un journaliste qui accompagnait les activistes et son témoignage n’ont absolument pas abondé dans ce sens.

Lundi, Amro a été convoqué par la police israélienne mais lorsqu’il est venu, il a présenté les vidéos de l’altercation sur une clé USB et non sur son téléphone portable. Il a été placé en état d’arrestation et accusé d’obstruction à la justice.

Il a été libéré mercredi matin. Une cour militaire a toutefois signé une ordonnance lui interdisant de retourner dans le quartier Tel Rumeidah de Hébron, où il réside, pendant une semaine.

Pendant l’audience consacrée à son cas, un représentant des forces de l’ordre a témoigné contre Amro en le qualifiant de provocateur qui a « créé des frictions » à Hébron pendant ses visites de la ville, organisées pour des Israéliens ou d’autres, a indiqué le quotidien Haaretz.

Amro a expliqué au tribunal qu’il avait fourni des éléments de preuve par vidéo à la police pendant quinze ans, en vain. « Je porte plainte mais on ne me prend jamais au sérieux », a-t-il témoigné.

Il a proposé que les forces de l’ordre regardent les vidéos en question sur son téléphone portable en présence de son avocat en raison de son manque de confiance dans les autorités israéliennes.

Le domicile d’Amro est un arrêt régulier pour tous les activistes qui viennent à Hébron avec le groupe d’extrême-gauche Breaking the Silence, qui cherche à révéler ce qui, selon lui, est le coût de la présence militaire d’Israël, dans cette ville largement palestinienne, en matière de droits de l’Homme.

Amro est un critique de longue date d’Israël et de l’Autorité palestinienne qui a été traduit en justice devant les tribunaux israéliens et palestiniens. En 2017, il avait purgé une peine de prison d’une semaine en raison de ses critiques du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Cet activiste avait rencontré le secrétaire d’État américain Anthony Blinken, l’année dernière, pendant la rencontre du haut-diplomate avec des leaders de la société civile en Cisjordanie.

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