Le père de Dvir Sorek « déçu » que les assassins de son fils soient en vie
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Le père de Dvir Sorek « déçu » que les assassins de son fils soient en vie

Le chef de l'unité d'élite Yamam a donné des détails sur l'opération qui a permis d'arrêter les deux suspects Nasir et Qassem Asafra

Un des suspects (à droite) du meurtre de Dvir Sorek après avoir été arrêté par la police aux frontière et Tsahal en Cisjordanie le 10 août 2019. (Crédit : armée israélienne)
Un des suspects (à droite) du meurtre de Dvir Sorek après avoir été arrêté par la police aux frontière et Tsahal en Cisjordanie le 10 août 2019. (Crédit : armée israélienne)

Le père de Dvir Sorek, l’étudiant de la yeshiva âgé de 18 ans qui a été tué dans une attaque terroriste mercredi à proximité de l’implantation cisjordanienne de Migdal Oz, a remercié dans un communiqué les forces de sécurité israéliennes pour leur travail qui a permis d’appréhender les meurtriers, mais se disant « déçu qu’ils avaient été capturés vivants ».

Samedi, le service de sécurité du Shin Bet a déclaré qu’il avait arrêté deux cousins palestiniens suspectés d’avoir commis le meurtre. Ils ont été identifiés comme étant Nasir Asafra, âgé de 24 ans, et Qassem Asafra, âgé de 30 ans, originaires du village de Beit Kahil dans le sud de la Cisjordanie. Alors que l’armée israélienne a déclaré que le premier était un membre du Hamas, aucun des deux n’avait déjà été arrêté.

« Nous sommes reconnaissants des forces de sécurité pour leur action rapide afin de trouver les terroristes, même si nous sommes déçus qu’ils ont été capturés vivants. Nous sommes contents que Dvir, Dieu puisse venger son sang, n’ait pas vu les visages de ses assassins, et nous n’essaierons pas non plus de les voir, ni maintenant ni au tribunal », a déclaré Yoav Sorek.

Il a ajouté que la famille apportait son soutien aux forces de sécurité israéliennes alors qu’elles font le « travail difficile » d’empêcher et de déjouer des attaques terroristes.

Dvir Sorek, un étudiant de yeshiva et soldat de Tsahal qui n’était pas en service, a été retrouvé poignardé à mort près d’une implantation en Cisjordanie, le 8 août 2019.(Autorisation de la famille)

Dvir Sork a été retrouvé poignardé à mort, tôt jeudi matin, non loin de l’implantation de Migdal Oz, où il était au séminaire religieux.

Le commissaire en chef S, un officier expérimenté de l’unité d’élite Yamam du contre-terrorisme de la Police aux frontières, a donné des détails sur la capture de samedi matin, dans un entretien avec le site d’information Ynet publié dimanche.

« Nous sommes arrivés sur la zone [au sud de la Cisjordanie tôt samedi] et nous avons attendu d’avoir les renseignements précis sur la localisation des suspects, a-t-il déclaré. L’information nous est parvenue vers trois heures du matin. Nous connaissions déjà les identités des suspects ».

Alors que des soldats se sont déployés dans le village de Beit Kahil, au nord ouest d’Hébron, l’unité Yamam s’est scindée en deux groupes. Les deux cousins se trouvaient dans des maisons distantes de 80 mètres.

S. a supervisé l’ensemble de l’opération et l’équipe qui est entrée dans la première maison, alors que son assistant a conduit l’autre équipe dans la deuxième maison.

« Quelques secondes avant » d’entrer dans la maison, « nous avons eu une nouvelle information de la part des gens du Shin Bet qui était avec nous et selon laquelle le terroriste et une autre personne dormaient sur le toit. C’est assez courant en été que des Palestiniens dorment sur le toit parce qu’il fait très chaud dans la maison. Nous avons immédiatement changé nos plans. Nous sommes entrés silencieusement dans la maison et nous avons monté les escaliers. Nous sommes arrivés à la porte qui donne accès au toit. Nous avons envoyé un chien en reconnaissance et nous les avons trouvés endormis. Ils ont ouvert les yeux et ils nous ont vus, avec les chiens. Ils étaient totalement sous le choc, avec de la peur dans les yeux. Ils ne pensaient pas que nous les trouverions ».

S a poursuivi son récit : « Nous avons commencé à les interroger. Ils ont d’abord menti sur leur nom, mais ils se sont rapidement rétractés », et ont donné leurs vrais noms.

« Dans le même temps, la deuxième équipe avait eu un problème. Le suspect n’était pas là. Les soldats ont dû se déployer vers la maison d’à côté, où ils ont trouvé des membres de la famille à l’entrée qui ont essayé de les retarder. Une altercation physique s’en est suivie. L’équipe est entrée et a vu le deuxième suspect qui se trouvait là. Bingo ».

Yoav Sorek, père de Dvir Sorek qui a été assassiné, parle au médias depuis l’implantation d’Ofra, le 9 août 2019. (Crédit : Flash90)

Il s’agissait d’une arrestation modèle, a déclaré S, qui mène ce genre d’opération depuis 20 ans dans le Yamam.

« Je peux dire que chaque fois que j’ai vu des meurtriers dans les yeux, j’y ai vu la peur. Ils ne comprennent pas comment nous parvenons à les attraper à chaque fois, à quel point nous travaillons dur pour leur mettre la main dessus ».

S., un père de 3 enfants âgé de 40 ans, a dit qu’il avait lu des informations sur le jeune assassiné avant l’opération.

« La photo de Dvir ne quitte pas mon esprit. Du moment où son corps a été découvert [jeudi matin], j’ai lu des informations à son sujet, j’ai voulu le connaître. J’ai vu ce que l’auteur David Grossman a dit à son sujet, après que nous avons su qu’il tenait son dernier livre dans les mains quand il a été assassiné. C’était un jeune tellement fantastique. Il était juste parti acheter des livres pour ses professeurs. Ce que l’auteur a déclaré m’a vraiment touché. Quand j’ai lu les détails [sur le meurtre], j’ai compris à quel point ils avaient profité du fait qu’il était seul, un jeune homme innocent et sans défense. Ils l’ont attaqué par surprise et, ensuite, ils ont pris la fuite ».

Dans une photo publiée par l’armée israélienne le 10 août 2019, des soldats israéliens cherchent en Cisjordanie les terroristes qui ont tué l’étudiant de la yeshiva Dvir Sorek. (Crédit : armée israélienne)

Akrama, le frère de Nasir, et Ines, la femme de Qassem, ont également été arrêtés dans le raid. Un porte-parole du Shin Bet a déclaré que les forces de sécurité cherchaient à savoir s’ils avaient aidé les assassinés présumés à se cacher après l’attaque.

Un véhicule appartenant à l’un des suspects a aussi été confisqué dans le raid commun du Shin Bet, de la police et de Tsahal. L’armée a déclaré que l’on pensait que la voiture avait été utilisée dans l’attaque.

Alors que l’unité Yamam a arrêté les suspects, l’armée israélienne a fourni une enveloppe protectrice dans et autour du village, où environ 100 résidents ont commencé à lancer des pierres sur les soldats. Des soldats ont répondu en utilisant des outils anti émeutes pour disperser la foule, a déclaré Tsahal. Aucun blessé n’a été rapporté dans les deux camps lors de l’opération.

Se félicitant de l’arrestation, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré samedi soir: « Ces dernières années, nos soldats ont réussi à retrouver les assassins palestiniens qui ont ciblé des Israéliens. Aujourd’hui, nous avons fait de même. Nous continuerons à lutter contre le terrorisme avec force sur tous les fronts ».

De membres de l’unité Yamam de contre-terrorisme de la police aux frontière qui ont pisté le terroriste Ashraf Naalowa, en décembre 2018. (Crédit : police aux frontière)

Benny Gantz, le leader de Kakhol lavan et ancien chef de l’armée israélienne, a qualifié les arrestations d’une « nouvelle démonstration des capacités opérationnelles de Tsahal, du Shin Bet et de la police israélienne ». Il a souligné les attaques récemment déjouées à Gaza et à Jérusalem, et a appelé à une réponse plus ferme du gouvernement, prévenant que « l’érosion constante de notre capacité de dissuasion va malheureusement conduire à une autre série de violences ».

Sorek, âgé de 18 ans, étudiait au séminaire dans le cadre d’un programme combinant l’étude de la Torah et le service militaire. On l’a vu pour la dernière fois en train de quitter Migdal Oz mercredi, afin d’acheter des livres à Jérusalem pour ses enseignants.

Deux des principaux groupes terroristes palestiniens – le Hamas et le Jihad islamique soutenus par l’Iran – se sont félicités du meurtre et ont affirmé qu’il s’agissait d’une réponse « légitime » à la vague récente de démolitions à Jérusalem Est qui ont été menées par Israël le mois dernier. Aucun groupe n’a directement revendiqué l’action.

Dans un communiqué, le Hamas a dit féliciter « des combattants héroïques de notre peuple qui ont mené une opération héroïque qui a tué un soldat dans l’armée d’occupation ». Le Hamas, un groupe terroriste, cherche à détruire Israël.

L’un des suspects du meurtre de Dvir Sorek après avoir été arrêté par la police aux frontière et Tsahal en Cisjordanie,e le 10 août 2019. (Crédit : armée israélienne)

Hazem Qassim, un porte-parole du Hamas, a déclaré à l’agence de presse Shehab basée à Gaza que l’attaque était une preuve de l’échec de la coopération sécuritaire entre Israël et les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne.

La coopération est vue comme un élément clef des opérations de sécurité d’Israël en Cisjordanie, et est considérée comme un rempart contre le Hamas.

Ces derniers mois, le Shin Bet a prévenu que le Hamas avait consacré des efforts et des ressources importants pour recruter des agents afin de mener des attaques en Cisjordanie et en Israël.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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