L’auteur David Grossman rend hommage à Dvir Sorek: il avait « l’âme d’un artiste »
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L’auteur David Grossman rend hommage à Dvir Sorek: il avait « l’âme d’un artiste »

La douleur transcende les différences alors que l'auteur israélien à succès, qui a perdu un fils lors de la guerre du Liban en 2006, a contacté la famille de la victime.

L'auteur israélien David Grossman (Kobi Kalmanovitz)
L'auteur israélien David Grossman (Kobi Kalmanovitz)

Dvir Sorek, enterré jeudi soir à quelques jours de son 19e anniversaire, était « un jeune sensible et gentil… avec l’âme d’un artiste », a déclaré le célèbre auteur David Grossman dans un hommage jeudi.

Grossman n’avait jamais rencontré Dvir, mais il a appris jeudi dans la presse de que le jeune étudiant de yeshiva avait été assassiné en chemin du retour de Jérusalem, alors qu’il avait fait le voyage pour acheter les livres de Grossman en cadeaux de fin d’année pour ses rabbins.

Grossman a contacté la famille de Sorek après avoir entendu la nouvelle.

« C’est difficile pour moi de m’exprimer sans me souvenir, même brièvement, du jeune qui a été assassiné la nuit dernière, Dvir Sorek », a déclaré Grossman lors d’un événement organisé jeudi soir en mémoire de la femme du président Reuven Rivlin, Nechama.

« J’ai beaucoup entendu parler de lui dans la journée », a-t-il dit. « C’était un jeune gentil et sensible qui aimait les autres et la paix, avec l’âme d’un artiste ».

Personnalité de gauche laïque bien connue du paysage public israélien, l’auteur à succès partage avec la famille Sorek la douloureuse expérience d’avoir perdu un enfant dans le conflit.

Dvir Sorek, 19ans, a été poignardé à mort en Cisjordanie, le 8 août 2019. (Autorisation de la famille)

« Mes pensées vont vers ses parents et sa famille et tous ceux qui l’aimaient. Je parle d’expérience, c’est le début d’une route très longue et difficile », a-t-il dit. « Je sais aussi que le jeune homme aussi spécial et unique qu’il était va illuminer leur chemin dans la douleur ».

Uri, le fils de Grossman, un commandant d’un tank de Tsahal, a été tué au combat lors de la Deuxième guerre du Liban – juste deux jours après que Grossman et les autres écrivains Amos Oz et A.B. Yehosua ont appellé à la fin des combats.

La mort de Sorek a entraîné des réactions similaires au delà des divisions politiques et culturelles d’Israël, et beaucoup ont noté la manière dont la douleur transcendait ces différences.

Yair Sharki, le correspondant religieux de la Douzième chaîne, a publié un commentaire sur Twitter lors de l’enterrement de Sorek : « Je me dis à quel point il est frustrant de savoir que c’est seulement dans des terribles circonstances que le public peut voir les gens biens, et pas les stéréotypes marginalisés ».

Il a continué : « Quand on parle des habitants d’implantations ou des étudiants de yeshiva, le contexte est habituellement de l’extrémisme et le fanatisme. Mais regardez maintenant : un étudiant de yeshiva, un soldat avec des belles papillotes et un bel avenir devant lui. En chemin pour son cours, il a pris un livre de Grossman comme cadeau pour ses rabbins. Dans la plupart des cas, la majorité des gens sont comme cela, loin du monde troublé qui est parfois présenté dans les médias. »

Les auteurs israéliens David Grossman, à gauche, Amos Oz, au centre, écoutent A.B. Yehoshua, à droite lors d’une conférence de presse commune à Tel Aviv, le 10 août 2006. (AP Photo/Ariel Schalit)

Shalom, le frère de Sharki, a été tué dans une attaque à la voiture bélier par un terroriste palestinien à Jérusalem, en avril 2015.

Selon l’un des enseignants de la yeshiva où étudiait Sorek, le rabbin Yossi Froman, il a été retrouvé agrippé « aux livres qu’il avait achetés en cadeau à ses rabbins pour la fin de l’année ».

Froman a déclaré aux médias israéliens que cet élément révélait le caractère de Sorek, qui était « plein de louanges et de gratitude ».

Yehonadav Samet, un autre enseignant, a confirmé que les livres de Grossman étaient parmi les cadeaux – peut-être son dernier livre, le roman qui n’a pas encore été traduit « La vie joue avec moi ».

Un résident de l’implantation d’Ofra, la ville natale de Sorek au nord de Jérusalem, a décrit le jeune comme « un bon garçon » et un « musicien talentueux » qui aimait la nature.

Yoav Sorek, le père de l’étudiant de yeshiva Dvir Sorek, parle aux journalistes devant chez lui, dans l’implantation d’Ofra en Cisjordanie, le 8 août 2019. (Crédit : Flash90)

Selon les enquêteurs, Sorek a quitté son séminaire de l’implantation cisjordanienne de Migdal Oz pour Jérusalem mercredi.

Le jeune de 19 ans n’est pas revenu à son cours du soir, ce qui a entraîné les recherches qui ont conduit à la découverte de son corps sur le bas-côté d’une route en direction de Migdal Oz. Il était lardé de coups de couteau.

Il n’était pas en uniforme au moment de sa mort, a déclaré l’armée, même s’il est techniquement un soldat en service dans un programme combinant études religieuses et service militaire.

Le grand-père maternel de Sorek, le rabbin Binyamin Herling, un éducateur et survivant de la Shoah, avait également été tué dans une attaque terroriste sur le Mont Ebal, dans la nord de la Cisjordanie, en octobre 2000.

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