Le président polonais demande pardon aux Juifs chassés en mars 1968
Rechercher

Le président polonais demande pardon aux Juifs chassés en mars 1968

Andrzej Duda a rappelé que les Juifs polonais ont participé à la lutte pour l'indépendance du pays il y a un siècle

Illustration. Le cimetière juif de Chrzanow, en Pologne. (Crédit : Wikimedia Commons)
Illustration. Le cimetière juif de Chrzanow, en Pologne. (Crédit : Wikimedia Commons)

Le président polonais Andrzej Duda a demandé pardon jeudi aux Juifs chassés de Pologne lors de la campagne antisémite de 1968.

Tout en soulignant que « la Pologne libre et indépendante d’aujourd’hui, ma génération, n’en portent par la responsabilité », M. Duda s’est adressé aux Juifs forcés à l’exil et à leurs familles : « pardonnez, s’il vous plaît, pardonnez à la République, aux Polonais, à la Pologne d’alors, cet acte honteux ».

Sa déclaration intervient dans un contexte de tensions entre Varsovie et Jérusalem à propos d’une loi controversée sur la Shoah.

A LIRE : Texte intégral de la loi polonaise controversée sur la Shoah

Le chef de l’Etat a prononcé ce discours sur le campus de l’Université de Varsovie à l’occasion du 50e anniversaire de la révolte étudiante de mars 1968 qui a été suivie par une violente campagne antisémite, lancée par les autorités communistes, et l’exil d’au moins douze mille Juifs polonais.

« Quel regret, quelle perte subit la République Polonaise d’aujourd’hui du fait que ceux qui sont partis – et certains qui sont peut-être morts à cause de l’année 1968 – ne soient pas aujourd’hui avec nous », a lancé M. Duda.

Il a rappelé que les Juifs polonais ont participé à la lutte pour l’indépendance du pays il y a un siècle et l’ont défendu en 1920 (contre les Soviétiques) et en 1939 contre les Allemands.

L’intervention de M. Duda a marqué une différence avec celle la veille du Premier ministre Mateusz Morawiecki, qui a dit qu’il était fier de la purge de mars 1968.

Ce dernier avait affirmé en substance qu’en 1968 la Pologne n’était pas un pays indépendant et donc ne pouvait être tenue pour responsable de la campagne antisémite des autorités communistes. Il avait également estimé que les Polonais devaient être « fiers » (de leur révolte contre le régime) et non « avoir honte » de mars 1968.

Avant de venir à l’Université, M. Duda s’est rendu à la gare Gdanski, celle d’où les Juifs exilés avaient pris le train à Varsovie pour quitter la Pologne. Il y a déposé une gerbe de fleurs et rencontré des représentants de la communauté juive.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...