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Le président s’entretient avec le père d’un enfant arabe abattu dans le nord du pays

Isaac Herzog a fait part de son "horreur" ; 4 suspects sont encore en détention suite aux échanges de coups de feu qui ont tué Ammar Hujayrat, 4 ans, à Bir al-Maksur

Ammar Muhammad Hujayrat. (Crédit : autorisation)
Ammar Muhammad Hujayrat. (Crédit : autorisation)

Le président Isaac Herzog s’est entretenu vendredi avec Muhammad Hujayrat, le père d’un petit garçon de quatre ans qui a été abattu pendant des échanges de coups de feu dans un village du nord du pays, jeudi.

Herzog a fait part de son « horreur » suite à la mort d’Ammar Hujayrat et a présenté ses condoléances à sa famille.

La cour des magistrats de Nazareth a prolongé vendredi le placement en détention de quatre suspects suite à ces coups de feu survenus à Bir al-Maksur. Tous clament leur innocence.

Hujayrat aurait été tué par des balles perdues pendant une fusillade entre criminels. Il a été abattu alors qu’il se trouvait sur un terrain de jeu, en compagnie de sa mère.

« C’est l’incident terriblement choquant d’un tout jeune enfant blessé à mort par les balles de criminels qui utilisent avec une trop grande facilité des armes à feu, sans aucun respect pour la vie humaine, et qui ont ainsi entraîné une tragédie épouvantable », a commenté la police dans un communiqué émis quelques heures après le drame. « Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour rattraper ces hommes armés. »

La police a expliqué croire que Hujayrat avait été touché par une balle perdue tirée à environ 300 mètres de là où il se trouvait.

Un témoin qui n’a pas été identifié a déclaré à la Douzième chaîne que le petit garçon avait été tué devant les yeux de sa mère.

Le terrain de jeu où se trouvait Ammar Muhammad Hujayrat, 4 ans, quand il a été tué par une balle perdue à Bir al-Maksur, dans le nord d’Israël, lors d’un échange de tirs entre criminels, le 6 janvier 2022. (Crédit : Flash90)

S’exprimant auprès des journalistes, les larmes aux yeux, quelques heures après la mort de son fils, Muhammad Hujayrat a déclaré : « Que tous les musulmans puissent se rassembler avec la mort d’Ammar, que Dieu le bénisse. »

« Tenez-vous à distance de la violence, parce qu’elle n’est jamais la réponse. La seule réponse est de revenir sur la voie montrée par Dieu », a-t-il ajouté.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, responsable des forces de police israélienne, a déclaré mardi que la mort de l’enfant lui avait « brisé le cœur » et a juré que les autorités « ne s’arrêteront que quand elles auront amené les tireurs devant les juges ».

« Nous lutterons contre le crime et la violence qui touchent, sans pitié aucune, le public arabe », a-t-il écrit sur Twitter.

Les communautés arabes ont connu une recrudescence des violences ces dernières années avec pour principal moteur – mais pas seulement – le crime organisé. Hujayrat est le premier mort des suites de violences au sein de la communauté arabe en 2022 après une année 2021 particulièrement sanglante. Un autre Arabe a été tué dans la journée, dans la ville de Lod.

Les Arabes israéliens estiment que la police n’a pas suffisamment réprimé les puissantes organisations criminelles et qu’elle a largement ignoré les violences – querelles familiales, guerres de gang et violences faites aux femmes. La communauté souffre également de décennies de négligences.

Le groupe Abraham Initiatives, qui consigne et fait campagne contre les actes de violence dans la communauté arabe, a fait savoir que 125 Arabes avaient été tués en Israël en 2021. 62 de ces victimes étaient âgées de moins de 30 ans.

Le Premier ministre Naftali Bennett et Barlev ont promis de réprimer ces violences, ainsi que le trafic d’armes illégales.

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