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Le président Xi « attend impatiemment » la visite de Netanyahu à Pékin – envoyé chinois

Alors que le Premier ministre a été très critiqué en juin pour l'annonce de sa visite en Chine, vue comme un signal à Biden, il a rencontré mercredi Cai Run

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tenant un exemplaire dédicacé du livre du dirigeant chinois Xi Jinping qui lui a été offert par l'ambassadeur de Chine en Israël Cai Run, au Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 26 juillet. (Autorisation)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tenant un exemplaire dédicacé du livre du dirigeant chinois Xi Jinping qui lui a été offert par l'ambassadeur de Chine en Israël Cai Run, au Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 26 juillet. (Autorisation)

Dans un contexte de relations tendues avec l’Administration Biden, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rencontré mercredi l’ambassadeur de Chine, Cai Run, en Israël. Ce dernier lui a remis un exemplaire dédicacé du livre du dirigeant chinois, Xi Jinping.

« L’ambassadeur a déclaré que le président [chinois] attendait avec impatience la rencontre avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui aura lieu plus tard dans l’année à Pékin », a indiqué un communiqué du Bureau du Premier ministre.

Le voyage de Netanyahu en Chine était initialement prévu pour ce mois-ci, mais des sources au sein du Bureau du Premier ministre ont déclaré qu’elles pensaient qu’il aurait lieu en octobre, après les fêtes du Nouvel an juif.

Bien que Netanyahu ait déclaré avoir informé la Maison Blanche à l’avance, certains analystes et anciens chefs de la sécurité se sont inquiétés du fait qu’un tel voyage risquait de tendre davantage les liens avec Washington, compte tenu des préoccupations de longue date des États-Unis concernant l’expansion de l’influence de la Chine à travers le monde.

Les projets du Premier ministre de se rendre en Chine ont été critiqués fin juin par un ancien général de haut rang et plusieurs législateurs, qui avait alors averti qu’une telle visite pourrait grandement compromettre les intérêts stratégiques d’Israël en nuisant aux liens avec les États-Unis.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président chinois Xi Jinping, à la résidence des visiteurs officiels de l’Etat de Diaoyutai, à Pékin, le 21 mars 2017. (Crédit : Etienne Oliveau/Pool/ AFP Photo)

Netanyahu cherche à se faire inviter à la Maison Blanche, mais le président américain Joe Biden l’a tenu à l’écart, sur fond de désaccords entre Washington et Jérusalem sur la refonte du système judiciaire israélien, sur la politique menée en Cisjordanie et sur un éventuel accord intérimaire sur le nucléaire entre l’Iran et les États-Unis.

Selon l’ancien chef du renseignement militaire de Tsahal, Amos Yadlin, qui est considéré comme proche de certains membres de l’establishment de la défense américaine, cette décision semblait viser à imiter l’Arabie saoudite, après que la Chine a négocié un rapprochement entre le royaume et l’Iran – un accord considéré comme un signal par Ryad qu’il a d’autres options diplomatiques alors que les États-Unis se désintéressent du Moyen-Orient.

« Il s’agit d’une mesure qui nuira aux intérêts israéliens et ne les fera pas progresser », avait écrit Yadlin dans une série de tweets. « Si quelqu’un, dans le cercle du Premier ministre, pense qu’il est intelligent d’agir comme [le prince héritier saoudien Mohammed] ben Salman et de se rendre en Chine pour ennuyer Biden et lui montrer qu’Israël a une autre option stratégique, il commet une grave erreur et ne comprend pas l’importance de la concurrence entre les superpuissances géopolitiques au XXIe siècle. »

Yadlin a fait remarquer que, contrairement à Israël, l’Arabie saoudite ne reçoit pas chaque année des milliards de dollars d’aide militaire américaine, ne dépend pas d’un veto américain au Conseil de sécurité des Nations unies, n’est pas tributaire de garanties financières américaines et ne dispose pas des systèmes d’armement américains les plus avancés.

« Israël a besoin de l’Administration Biden pour faire avancer ses objectifs stratégiques : empêcher l’Iran d’obtenir des armes nucléaires et ajouter l’Arabie saoudite au cercle de la normalisation », avait-il déclaré, faisant référence à un accord de paix potentiel entre Jérusalem et Ryad.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, à droite, accueillant le président américain Joe Biden au palais Al-Salam à Jeddah, en Arabie saoudite, le 15 juillet 2022. (Crédit : Bandar Aljaloud/Palais royal saoudien via AP)

Le général à la retraite a souligné que la Chine votait régulièrement contre Israël à l’ONU, qu’elle soutenait depuis longtemps les Palestiniens et qu’elle avait une « alliance stratégique » avec l’Iran. Il a également déclaré que la Chine ne pouvait rivaliser avec les États-Unis en termes de « sécurité et de coopération stratégique et opérationnelle », tout en soulignant les engagements pris par Israël de ne pas vendre d’armes de pointe à la Chine, craignant qu’elles ne contiennent de la technologie américaine.

« Le signal israélien est un bluff qui ne devrait pas améliorer la position d’Israël vis-à-vis de Washington », avait ajouté Yadlin, ancien directeur de l’Institut d’études de sécurité nationale de l’université de Tel Aviv.

« Le Premier ministre a des cartes bien plus solides à jouer pour remettre les liens avec les États-Unis sur la bonne voie. »

Yadlin avait également déclaré, lors d’une interview accordée à la radio de l’armée, qu’il s’était entretenu avec « un très haut fonctionnaire » de l’Administration Biden qui a rejeté le projet de voyage de Netanyahu.

Le député Danny Danon, l’un des critiques les plus virulents de Netanyahu au sein de son parti, le Likud, et ancien ambassadeur aux Nations unies, avait déclaré à la radio Kol Barama qu’il conseillerait au Premier ministre d’attendre avant de rencontrer Xi.

En outre, des responsables israéliens anonymes ont dénoncé la visite proposée par Netanyahu dans des remarques faites à la radio de l’armée, la qualifiant de « risque dangereux » et qualifiant la conduite du Premier ministre de « folle ».

« Israël risque de devenir un pion dans la guerre froide entre la Chine et les États-Unis », a déclaré l’un d’entre eux.

À gauche : le président des États-Unis Joe Biden parlant de la Russie dans la salle Est de la Maison Blanche, à Washington, le 15 avril 2021. À droite : le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprimant lors d’une cérémonie à la mémoire des soldats tombés au combat au Yad LeBanim, à la veille de Yom Hazikaron, à Jérusalem, le 13 avril 2021. (Crédits : Andrew Harnik/AP Photo ; Debbie Hill/Pool Photo via AP)

L’organisation de ce voyage intervient alors que les liens entre Jérusalem et Washington ont souffert sous le gouvernement actuel, l’Administration Biden critiquant de plus en plus ouvertement la politique israélienne. Malgré ce mécontentement, les États-Unis n’ont pris que peu de mesures à l’encontre d’Israël, si ce n’est l’absence d’invitation pour Netanyahu.

À LIRE : Les dessous de la non-invitation de Netanyahu à la Maison Blanche

Bien qu’elle vise à attirer l’attention de Biden, cette visite pourrait également mettre Netanyahu en porte-à-faux avec les Républicains qui ont adopté une position plus dure à l’égard de la Chine. Au mois de mai, alors qu’il s’adressait à la Knesset, le président de la Chambre des représentants des États-Unis, Kevin McCarthy, avait critiqué la Chine pour ses pratiques commerciales et son bilan en matière de droits humains, ce qui avait conduit l’ambassade de Chine à l’accuser de chercher à « semer la discorde » dans les relations entre Pékin et Jérusalem.

Sous les administrations successives, Washington s’est inquiété du réchauffement des liens économiques entre Israël et la Chine. En décembre, un représentant du gouvernement américain avait demandé à Jérusalem de prendre des mesures plus importantes pour défendre l’industrie technologique locale contre l’influence de la Chine.

Mais malgré une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine qui a connu des hauts et des bas ces dernières années sous les administrations Trump et Biden, Israël et la Chine ont vu leurs relations se réchauffer et s’intéresser davantage aux innovations israéliennes, en particulier dans les domaines de la MedTech, de la robotique, de la FoodTech et de l’intelligence artificielle (IA).

Les principales préoccupations de Washington résident dans les technologies à double usage potentielles, où diverses technologies auraient des applications civiles et militaires. Parallèlement, Israël a mis en place des règles visant à empêcher la vente de technologies militaires sensibles à la Chine (et à d’autres pays), à la suite d’un accord conclu dans les années 1990, dans le cadre duquel Israël a dû renoncer à la vente de systèmes radar aéroportés avancés à la Chine en raison de l’opposition farouche des États-Unis.

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