Le procès de 4 ex-dirigeants du centre chiite Zahra reporté au 27 novembre
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Le procès de 4 ex-dirigeants du centre chiite Zahra reporté au 27 novembre

Le fondateur du centre Yahia Gouasmi, son fils et ex-trésorier, et deux autres anciens dirigeants, seront jugés pour maintien ou reconstitution d'association dissoute

Yahia Gouasmi, à droite, fondateur du "Centre Zahra France", une organisation religieuse, avec Tahiri Jamel, à gauche, près du centre, parlent aux journalistes à Grande-Synthe, près de Dunkerque, le 2 octobre 2018. (Crédit : AFP / Philippe HUGUEN)
Yahia Gouasmi, à droite, fondateur du "Centre Zahra France", une organisation religieuse, avec Tahiri Jamel, à gauche, près du centre, parlent aux journalistes à Grande-Synthe, près de Dunkerque, le 2 octobre 2018. (Crédit : AFP / Philippe HUGUEN)

Le procès de quatre ex-dirigeants de l’association chiite « Centre Zahra France » à Grande-Synthe (Nord), accusés d’avoir maintenu l’activité de cette structure soupçonnée de « légitimer le jihad » et dissoute en 2019, a été renvoyé mercredi au 27 novembre par le tribunal de Dunkerque.

Le renvoi découle d’une incompatibilité dans la composition de la Cour, son président ayant déjà statué en tant que juge des libertés et de la détention dans cette affaire. Les quatre prévenus sont maintenus sous contrôle judiciaire.

Le fondateur du centre Yahia Gouasmi, son fils et ex-trésorier Bachir Gouasmi, et deux autres anciens dirigeants, Jamel Tahiri et Abdelkrim Khalid, seront jugés pour maintien ou reconstitution d’association dissoute. Ils encourent trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

Ils avaient été interpellés le 15 septembre. Selon le parquet de Dunkerque, la justice leur reproche d’avoir continué à organiser « des activités de type prêches ou rencontres prêchées » sur place et sur les réseaux sociaux.

Le centre Zahra avait été dissous en mars 2019, avec trois associations hébergées dans ses locaux, dont le « Parti antisioniste ». Le ministre de l’Intérieur d’alors, Christophe Castaner, avait dénoncé des activités « qui légitiment de façon régulière le jihad armé ».

L’entrée du « Centre Zahra France » après une vasste opération de police dans le cadre de la lutte anti-terrroriste, à Grande-Sytnhe, dans le nord de la France. (Crédit : Philippe HUGUEN / AFP)

Confirmant en juin la fermeture, le tribunal administratif de Lille avait relevé une « propagande ayant pour objet de glorifier la lutte armée et de provoquer la haine et la violence en relayant des messages antisémites, entraînant ainsi le risque de commission d’actes terroristes ».

Le 2 octobre 2018, les locaux avaient été visés par une opération antiterroriste. Les perquisitions administratives avaient débouché sur la découverte d’armes à feu, menant à la condamnation de Bachir Gouasmi à 18 mois de prison, dont six ferme, pour détention illégale d’armes. Le prédicateur Jamel Tahiri a été condamné fin 2019 à six mois de prison avec sursis pour provocation à la haine antisémite.

Selon leurs avocats, les prévenus contestent le maintien des associations, se jugeant victimes d’un « acharnement » injustifié. Ils expliquent avoir seulement participé à des réunions « familiales » dans le bâtiment, qui appartient à Yahia Gouasmi.

L’une « visait à fêter la fin du confinement », une autre ayant été « organisée à l’occasion d’une fête chiite », a expliqué Me Elie Hatem, avocat de Yahia Gouasmi et Jamel Tahiri.

« Nous voulons éviter un amalgame », a déclaré Me Pierre Cortier, assurant que ses clients condamnaient « de façon très forte (…) les attentats commis au nom de la mouvance salafiste ».

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