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Le projet de loi pour un nouvel hôpital dans une ville arabe avance

La proposition de classer l'incitation contre les ultra-orthodoxes comme un crime a également été adoptée en lecture préliminaire - une double victoire pour l'opposition

Le député Mazen Ghanaim vu à la Knesset, avant la session d'ouverture du nouveau gouvernement, le 5 avril 2021. (Olivier Fitousi/Flash90)
Le député Mazen Ghanaim vu à la Knesset, avant la session d'ouverture du nouveau gouvernement, le 5 avril 2021. (Olivier Fitousi/Flash90)

Deux projets de loi présentés par l’opposition ont été approuvés mercredi par le Parlement israélien, une défaite pour la coalition.

Le premier a été proposé par la Liste arabe unie et concerne la construction d’un hôpital dans la ville arabe de Sakhnin, au nord. Il a été largement soutenu par l’opposition jusqu’à être approuvé par 51 voix pour, 50 contre, lors d’un vote préliminaire après qu’un député du parti Raam, résident et ancien maire de Sakhnin, a rompu avec la coalition et a voté pour. Les critiques reprochent à l’opposition de l’avoir soutenu dans le simple but d’embarrasser la coalition.

Mazen Ghnaim a été hué par les autres députés de la coalition dans la salle du plénum de la Knesset pour avoir voté avec l’opposition.

Mais le projet doit faire l’objet de trois autres lectures pour devenir loi.

Le deuxième projet de loi soutenu par l’opposition à passer en première lecture était la proposition de Yaakov Asher, député du parti Yahadout HaTorah. Il propose de qualifier l’incitation à la haine et à la violence contre les ultra-orthodoxes d’infraction pénale. Il a été approuvé par 33 voix pour, et 32 contre.

Le député d’extrême droite Itamar Ben Gvir, qui a qualifié à plusieurs reprises les députés de la Liste arabe unie et de Raam de « partisans du terrorisme », a voté en faveur du projet de loi.

Le chef du Parti sioniste religieux, Bezalel Smotrich, lors d’une session plénière de la Knesset sur le budget de l’État, le 2 septembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Bezalel Smotrich, député et chef du Parti sioniste religieux, d’extrême droite, a saisi l’occasion pour s’en prendre aux députés de droite, membres de la coalition. Contrairement à Mazen Ghnaim qui a voté en faveur du projet de loi parce qu’il « était important pour lui », « aucun des lâches de la droite n’a pensé à faire la même chose et à voter en faveur de la loi sur les implantations parce que cela n’avait pas d’importance pour eux », a-t-il affirmé, référence faite à la législation visant à légaliser les avant-postes de Cisjordanie.

Selon la Douzième chaîne israélienne, des députés du parti Yamina ont réagi au vote de Mazen Ghnaim en ces termes : « Il est impossible que nous respections la discipline de la coalition et qu’ils fassent ce qu’ils veulent. »

Selon la chaîne, le parti Likud votera en faveur de la loi lors des prochaines lectures.

Il n’y a actuellement aucun hôpital public dans les villes arabes d’Israël, et l’établissement Sakhnin proposé deviendrait le premier.

La ville de Sakhnin, le 26 janvier 2015. (Crédit : AP Photo / Dan Balilty)

Dans un communiqué publié après l’approbation du vote préliminaire, Raam a déclaré que le projet de loi de la Liste arabe unie ne visait qu’à embarrasser Mazen Ghnaim.

Le parti de la coalition islamiste a déclaré qu’un hôpital à Sakhnin n’était peut-être pas la bonne décision car il n’avait pas encore été déterminé s’il existait un terrain adéquat pour une telle installation et quel impact elle aurait sur la ville.

Le parti Raam a également déclaré qu’il prévoyait d’examiner un plan visant à établir trois installations médicales dans les zones arabes d’Israël : l’une en Galilée, la seconde dans le « Triangle » (une concentration de villes arabes adjacentes à la frontière de la Cisjordanie), et la troisième dans le désert du Néguev.

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