Le Qatar et la compagnie de gaz israélienne vont discuter du gazoduc vers Gaza
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Le Qatar et la compagnie de gaz israélienne vont discuter du gazoduc vers Gaza

Après l'instauration du cessez-le-feu entre le Hamas et Israël, le médiateur Mohammad al-Emadi s'entretiendra aussi avec l'envoyé des Nations unies, Mladenov

L'envoyé qatari dans la bande de Gaza, Mohammed al-Emadi, s'exprime lors d'un entretien dans son bureau de l'AFP à Gaza City en 2019. (Mahmud Hams/AFP)
L'envoyé qatari dans la bande de Gaza, Mohammed al-Emadi, s'exprime lors d'un entretien dans son bureau de l'AFP à Gaza City en 2019. (Mahmud Hams/AFP)

L’envoyé qatari Mohammad al-Emadi rencontrera des responsables de la compagnie de gaz israélienne Delek pour discuter des plans de pose d’un gazoduc de gaz naturel vers Gaza, selon une déclaration du Comité de reconstruction de Gaza d’al-Emadi à Sawa News, une organisation liée au groupe terroriste palestinien du Hamas.

Un porte-parole de Delek Drilling n’a pas répondu à une demande de commentaires.

Si elle est confirmée, une telle rencontre officielle entre l’envoyé qatari et la compagnie de gaz israélienne serait apparemment la première depuis qu’un gazoduc a été initialement proposé en 2015.

Al-Emadi est arrivé en Israël il y a une semaine, alors que les tensions entre Israël et le Hamas augmentaient, avec pour mission de servir de médiateur entre les deux parties.

Des groupes basés à Gaza lançaient des centaines de ballons explosifs ainsi que des roquettes à travers la barrière frontalière avec Israël, qui a réagi en menant des frappes aériennes nocturnes contre des cibles du Hamas et en fermant le passage commercial de Kerem Shalom avec Gaza pour permettre l’accès au carburant et aux matériaux de construction.

Dans la crainte d’un nouveau cycle de violence grave, le bureau du député du Hamas Yahya Sinwar a annoncé lundi soir que le groupe terroriste avait accepté les termes du cessez-le-feu avec la médiation du Qatar. Israël a indiqué tacitement son consentement en levant les restrictions imposées à la bande de Gaza depuis le début de l’escalade.

Entre 2012 et 2018, le Qatar a envoyé plus de 1,1 milliard de dollars d’aide à la bande de Gaza. D’éminents dirigeants du Hamas, dont le chef politique Ismail Haniyeh, se sont installés à Doha. Depuis plusieurs années, ce petit pays du Golfe occupe une position critique en tant que médiateur entre Israël et le Hamas.

Un Palestinien, sur le toit de sa maison, regarde la centrale électrique de Gaza après sa fermeture, dans la ville de Nusairat, au centre de la bande de Gaza, le 18 août 2020 (AP Photo/Khalil Hamra)

Le Qatar est depuis longtemps un partisan du projet gazier qui, espère-t-on, pourrait résoudre le déficit d’électricité de longue date de Gaza tout en diminuant la dépendance vis-à-vis des sources d’énergie extérieures.

La seule centrale électrique de Gaza, qui fonctionne au diesel, fournit environ un tiers de l’électricité de l’enclave ; le reste est fourni par Israël.

Depuis 2006, les habitants de Gaza vivent avec environ 11 à 12 heures d’électricité par jour. En période de crise – comme lors de la fermeture de la centrale électrique il y a deux semaines après qu’Israël ait interdit l’entrée de carburant au point de passage commercial de Kerem Shalom – l’électricité peut être limitée à trois ou quatre heures.

Le gazoduc pourrait transférer jusqu’à un milliard de mètres cubes de gaz du Néguev à Gaza chaque année, permettant la construction et l’exploitation de centrales électriques locales qui seraient en mesure de fournir la quasi-totalité des besoins énergétiques de Gaza.

Les plans pour le gazoduc existent depuis 2015, mais ont été entravés à plusieurs reprises par la violence transfrontalière et les considérations politiques des deux côtés.

Al-Emadi a déclaré qu’il prévoit également de rencontrer mardi l’envoyé spécial des Nations unies pour le Moyen-Orient, Nickolay Mladenov.

Al-Emadi distribuera également 17 millions de dollars d’aide aux familles de la bande de Gaza dans le cadre du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, a déclaré le Comité qatari de reconstruction de Gaza dans un communiqué.

Environ 7 millions de dollars seront distribués en aide à ceux dont les moyens de subsistance ont été affectés par la pandémie de coronavirus, tandis que 10 millions de dollars seront alloués aux « familles dans le besoin », a déclaré Al-Emadi.

Ce chiffre est inférieur aux demandes précédemment divulguées par des sources anonymes du Hamas au journal libanais al-Akhbar, qui aurait vu jusqu’à 40 millions de dollars d’aide qatarie distribués à la Bande.

Toujours dans le cadre de l’accord, environ 20 000 nouveaux kits de dépistage de coronavirus seront fournis à la bande de Gaza, ainsi qu’un dispositif avancé de dépistage de coronavirus, selon Al-Emadi. Les responsables de la santé du Hamas avaient précédemment averti que l’enclave côtière était dangereusement pauvre en tests de coronavirus, alors même que le nombre de cas hors quarantaine a augmenté.

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