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Le recyclage, une nécessité plus qu’un choix pour des Syriens des zones rebelles

Les bouts de métal ou de verre ramassés dans les décharges sont disposés dans des sacs et revendus en échange d'un revenu hebdomadaire de 7 à 10 dollars par personne

Abu Mohammed, 39 ans, fouillant les ordures à la recherche d'objets en plastique à vendre, dans une décharge près du village de Hazreh, dans la province syrienne d'Idlib, au nord-ouest du pays, le 3 juin 2023 (Crédit : Aaref Watad/AFP)
Abu Mohammed, 39 ans, fouillant les ordures à la recherche d'objets en plastique à vendre, dans une décharge près du village de Hazreh, dans la province syrienne d'Idlib, au nord-ouest du pays, le 3 juin 2023 (Crédit : Aaref Watad/AFP)

Dans une déchetterie géante de l’enclave rebelle du nord-ouest de la Syrie, Abu Mohammed et ses fils recherchent du plastique à recycler pour en faire des tapis multicolores, un travail pénible mais vital.

« On se fatigue, on subit l’odeur des déchets et la crasse », a déploré en soupirant cet homme de 39 ans, la tête recouverte d’un keffieh à damiers rouges et blancs. « Mais au moins on peut gagner notre vie. »

Blessé à la jambe alors qu’il combattait dans les rangs des rebelles dans la région d’Alep (nord), reprise depuis par le régime du dictateur syrien, Mohammed, père de six enfants, n’a pas de perspectives d’emploi.

Il collecte à mains nues, avec deux de ses enfants, le plastique et les boîtes métalliques, dans les amoncellements d’ordures à Hezreh, près de la frontière turque.

À côté, d’autres ramassent des bouts de métal ou du verre dans cette décharge, certains s’aidant de pelles et de pioches.

Ils les disposent dans des sacs et les revendent en échange d’un revenu hebdomadaire de sept à dix dollars par personne.

Dans les zones rebelles de Syrie, où près de 90 % de la population dépend de l’aide humanitaire, le recyclage est plus une nécessité qu’un choix.

Une « alternative »

« On achète le plastique ramassé par les enfants ou proposé par des vendeurs ambulants », a affirmé de son côté Farhan Sleimane, 29 ans, dans un arabe châtié.

« On s’expose au risque de contracter (…) le choléra, ou des maladies chroniques », a ajouté l’homme à la barbe soignée, se plaignant « des odeurs pestilentielles et des mouches ».

Sleimane travaille dans un centre où le plastique est trié, broyé et désinfecté avant d’être transformé en petites billes.

Celles-ci sont ensuite vendues aux usines de la région, comme celle de Khaled Rachou, qui utilise le plastique recyclé pour fabriquer des tapis.

Des personnes assises sur un tapis en plastique recyclé, à l’intérieur d’une tente dans un camp de personnes déplacées dans la ville syrienne d’al-Dana, tenue par les rebelles, dans la province d’Idlib, au nord-ouest du pays, le 7 juin 2023. (Crédit : Aaref Watad/AFP)

Son savoir-faire, Rachou l’a hérité de son grand-père qui tenait une usine depuis plus de cinquante ans au sud d’Idleb (nord-ouest). « Nous avons plus de 30 employés », s’est-il vanté, devant les énormes machines de son usine.

Motifs en forme de losanges bleus et blancs ou de carreaux beiges et marron : à Maarat Mesrine, Mohammed al-Qassem vend ces tapis en plastique recyclé, en plusieurs tailles et couleurs.

Leur coût varie entre cinq et 15 dollars, contre une centaine de dollars en moyenne pour les tapis de style persan.

La demande en tapis est forte dans les régions rebelles du nord syrien qui comptent quatre millions d’habitants, dont plus de la moitié sont des déplacés ayant dû fuir les zones conquises par le régime.

Ils servent surtout à meubler les habitations de fortune ou les tentes dans lesquelles s’entassent les déplacés.

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