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Le secrétaire militaire de Bennett a fêté le Nouvel An avec les dirigeants de NSO

Avi Gil a été critiqué pour sa participation à une fête en compagnie du PDG de NSO, Shalev Hulio, et du porte-parole de la société

Le secrétaire militaire du gouvernement Avi Gil (à droite) pose pour un selfie avec le porte-parole de NSO Oded Hershkovitz lors d'une fête du Nouvel An à Tel Aviv. (Capture d'écran de Channel 12)
Le secrétaire militaire du gouvernement Avi Gil (à droite) pose pour un selfie avec le porte-parole de NSO Oded Hershkovitz lors d'une fête du Nouvel An à Tel Aviv. (Capture d'écran de Channel 12)

Le secrétaire militaire du Premier ministre Naftali Bennett, le général de brigade Avi Gil, a été repéré lors d’une grande fête du Nouvel An qui n’était pas conforme aux restrictions sanitaires imposées et qui comptait, parmi les convives, des cadres supérieurs du groupe NSO.

La Douzième chaîne a rapporté mardi soir que Gil avait participé à un évènement organisé par la société de production d’événements OTD. Gil a été critiqué pour sa participation à un grand événement où le port du masque n’était pas respecté, le variant Omicron ayant fait monter en flèche le nombre de cas quotidiens.

Mais Zman Yisrael, la version israélienne du Times of Israël, a également révélé que Gil faisait la fête aux côtés du fondateur et d’autres cadres de NSO Group, la société privée israélienne controversée spécialisée dans les logiciels espions, qui fait l’objet de multiples poursuites judiciaires et d’une vive condamnation internationale.

Le cofondateur d’OTD, Shai Baron, serait un ami de Gil et l’aurait invité à la fête. Selon le site web d’OTD, la société compte parmi ses clients NSO ainsi que Pfizer, amdocs, Sodastream et d’autres entreprises.

Le fondateur et PDG de NSO, Shalev Hulio, a également été vu au rassemblement dans une vidéo de l’événement publiée sur les réseaux sociaux par OTD. Oded Hershkovitz, le porte-parole de NSO, était également présent à l’événement, et a même posé pour un selfie avec Gil. Hershkovitz a servi pendant plus de 20 ans dans l’armée israélienne et a été porte-parole adjoint de Tsahal.

Hershkovitz et Gil, qui seraient amis, ne sont pas arrivés ensemble au rassemblement, mais se sont rencontrés à la fête aux côtés d’un large éventail d’autres hommes d’affaires de premier plan.

La proximité entre le secrétaire militaire du Premier ministre et les responsables de NSO est un autre élément des liens entre l’entreprise et les responsables gouvernementaux. L’un des amis les plus proches de la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked (Yamina) est Shiri Dolev, président de NSO.

Le bureau du Premier ministre n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Le ministre de la Défense de l’époque, Naftali Bennett (G), s’entretient avec le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi (D), et le général de brigade Avi Gil, chef de la 36e division du Commandement du Nord, sur le plateau du Golan, le 18 décembre 2019. (Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

En novembre, le département américain du Commerce a inscrit NSO Group sur une liste noire, l’ajoutant à la liste des entreprises étrangères qui se livrent à des activités malveillantes en ligne.

Les sociétés israéliennes « ont été ajoutées à la liste des entités sur la base de preuves que ces entités ont développé et fourni des logiciels espions à des gouvernements étrangers qui ont utilisé ces outils pour cibler de manière malveillante des fonctionnaires, des journalistes, des hommes d’affaires, des militants, des universitaires et des employés d’ambassades », selon un communiqué du ministère du commerce.

NSO a développé Pegasus, un outil sophistiqué qui peut activer la caméra ou le microphone d’un téléphone et récolter ses données. Selon des allégations répétées, le logiciel est utilisé pour violer les droits de l’homme.

La société a été au cœur d’une tempête de controverses en juillet après la fuite dans les médias d’une liste d’environ 50 000 cibles potentielles de surveillance dans le monde entier.

Shalev Hulio, PDG de NSO, lors d’une réunion du Nouvel An organisée par OTD à Tel Aviv. (Capture d’écran OTD)

NSO a été accusée de vendre ses logiciels espions aux gouvernements de l’Azerbaïdjan, du Bahreïn, du Kazakhstan, du Mexique, du Maroc, du Rwanda, de l’Arabie saoudite, de la Hongrie, de l’Inde et des Émirats arabes unis, qui les ont utilisés pour pirater les téléphones de dissidents, de journalistes et de militants des droits de l’homme.

NSO a insisté sur le fait que son logiciel était destiné à être utilisé uniquement dans la lutte contre le terrorisme et d’autres crimes, et que la liste de cibles signalée n’était pas liée à la société.

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