Le soldat grièvement blessé à la frontière de Gaza s’appelle Barel Shmueli
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Le soldat grièvement blessé à la frontière de Gaza s’appelle Barel Shmueli

L'agent de la police des frontières, 21 ans, se trouve en soins intensifs et son pronostic vital est engagé après avoir été blessé par balle à la tête dans des émeutes

L'agent de la police des frontières Barel Shmueli qui a été grièvement blessé dans des tirs, sur la frontière avec Gaza, le 21 août 2021. (Crédit : Police des frontières)
L'agent de la police des frontières Barel Shmueli qui a été grièvement blessé dans des tirs, sur la frontière avec Gaza, le 21 août 2021. (Crédit : Police des frontières)

L’agent de la police des frontières qui a été blessé par balle et grièvement blessé pendant une émeute sur la frontière avec Gaza a été identifié : Il s’agit de Barel Shmueli, un jeune homme de 21 ans qui est originaire de Beer Yaakov, dans le centre d’Israël, a fait savoir la police dimanche matin.

Shmueli a été blessé à la tête par une balle tirée à bout portant pendant des affrontements majeurs survenus dans la journée de samedi.

La police des frontières a fait savoir dans un communiqué que Shmueli a été opéré à l’hôpital Soroka de Beer Sheva et qu’il est toujours pris en charge au sein d’une unité de soins intensifs. Son pronostic vital est encore engagé.

Le communiqué a précisé que Shmueli était un tireur d’élite appartenant à l’unité mistaarvim et qu’il avait pris part à « des dizaines d’opérations visant à déjouer des attaques terroristes et des crimes dans la région sud ».

Des images qui ont été largement partagées sur les réseaux sociaux montrent un homme armé courir vers une petite cavité du mur en béton construit le long de la frontière avec Gaza. Il ouvre ensuite le feu à de multiples reprises, touchant le militaire.

Avant les coups de feu, un groupe de jeunes Palestiniens avaient couru vers le soldat, tentant de détruire son arme en la frappant avec un tuyau, en jetant une pierre et en s’efforçant de l’arracher des mains du militaire.

« Le soldat a riposté et il est parvenu à conserver son arme », a noté Tsahal.

Samedi soir, l’armée israélienne a mené des frappes aériennes contre quatre entrepôts d’armes du Hamas au sein de l’enclave côtière, suite aux émeutes et à l’attaque contre Shmueli.

Au moins 41 émeutiers ont été blessés par les soldats israéliens pendant les hostilités, dont deux grièvement, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas.

Parmi les blessés, un jeune Gazaoui de 13 ans, ont précisé les responsables palestiniens de la Santé.

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a déclaré à la Treizième chaîne qu’Israël « ne tolérera pas que ses forces soient attaquées. Les incidents survenus à la barrière frontalière sont graves et nous y répondrons ».

Les militaires ont précisé dans un communiqué que les troupes avaient affronté des centaines d’émeutiers à la frontière, au nord de la Bande, pendant trois heures, samedi en fin d’après-midi et samedi soir.

En plus de l’utilisation de gaz lacrymogène, les soldats ont procédé à des tirs isolés et à l’aide de balles Ruger – des balles réelles de petit calibre qui sont moins meurtrières que les balles normales dans certaines circonstances.

Les Palestiniens utilisent des frondes pour jeter des pierres sur les forces israéliennes le long de la frontière avec Gaza pendant une manifestation contre Israël à l’est de Gaza City, le 21 août 2021. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

« Les soldats de l’armée israélienne, qui s’étaient préparés, ont eu recours à des outils de dispersion d’émeutes en utilisant également des tirs isolés et de balles Ruger quand cela a été nécessaire », a annoncé Tsahal.

Des vidéos qui ont été diffusées par des journalistes palestiniens montrent des centaines de Gazaouis approcher de la barrière. Certains d’entre eux semblent tenter de franchir la clôture, tandis que d’autres se regroupent le long d’une barrière en béton.

Les factions de Gaza avaient organisé ce mouvement de protestation dans le camp de réfugiés al-Malika, près de la frontière avec Israël, dans le cadre d’une série de manifestations visant à mettre la pression sur l’État juif. Elles avaient annoncé le rassemblement de samedi dès mercredi.

L’armée israélienne avait envoyé des renforts sur la frontière jeudi – même si les troupes ont paru avoir mal anticipé l’ampleur des violences qui ont eu lieu ce week-end.

Selon la Douzième chaîne, le Hamas avait l’intention d’organiser le mouvement de protestation à un kilomètre de la frontière. Il aurait été dépassé par les manifestants qui ont tenté de la rejoindre.

Les Palestiniens front brûler des pneus pendant une manifestation à la clôture frontalière avec l’État juif à l’Est de Gaza City, le 21 août 2021. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

« Nos manifestants mobilisés sont venus annoncer que la voie du sabre de Jérusalem est à nouveau ouverte devant nous », a commenté le numéro deux du Hamas à Gaza, Khalil al-Hayya, utilisant le nom donné par le groupe terroriste au conflit qui a opposé, au mois de mai, Israël et le Hamas.

Cela a été la première fois que les Gazaouis ont défilé en plein jour vers la frontière depuis le mois de décembre 2019. Une série de manifestations en 2018 et 2019 – au cours desquelles les combattants du Hamas et du Jihad islamique avaient affronté violemment les soldats israéliens – avait fait des centaines de morts du côté palestinien.

Le mouvement de protestation a eu lieu malgré un accord conclu jeudi, qui prévoit l’entrée dans la bande de Gaza, via les Nations unies, de millions de dollars d’aide versées par le Qatar. Cet accord a été considéré comme une avancée significative dans les tentatives de renforcer le cessez-le-feu fragile entre Israël et le Hamas.

Quelques manifestants ont utilisé des frondes, d’autres ont incendié des pneus et les ont lancé en direction de la frontière, entraînant des nuages de fumée. Mais la majorité a semblé rester à l’arrière, à quelques centaines de mètres de la barrière qui sépare la bande de l’État juif.

Les tensions se sont accrues entre Israël et le Hamas, ces dernières semaines, les négociations visant à renforcer le cessez-le-feu paraissant dans l’impasse. Lundi, deux roquettes ont été tirées vers le sud d’Israël pour la toute première fois depuis l’escalade du mois de mai. Elles auraient été lancées par le Jihad islamique.

Des Palestiniens transportent un manifestant blessé pendant des affrontements avec les soldats israéliens sur la frontière avec Gaza, le 21 août 2021. (Crédit : Hassan Islayeh)

Depuis des mois, Israël et le Hamas mènent des négociations indirectes pour déterminer un nouveau statu-quo. Après le conflit du mois de mai, l’État juif a appliqué de lourdes restrictions à Gaza, limitant les importations de manière significative et compliquant les travaux de reconstruction au sein de l’enclave assiégée.

Israël avait aussi décidé de bloquer l’entrée des millions de dollars d’aide mensuelle versés par le Qatar. Avant l’escalade du mois de mai, l’État juif permettait aux fonds d’entrer à Gaza tous les mois en échange de l’engagement pris du côté palestinien à maintenir le calme sur la frontière sud.

Au cours de la guerre récente, qui a eu lieu pendant onze jours, les frappes israéliennes et les roquettes palestiniennes ont entraîné au moins 290 millions de dollars de dégâts dans la bande de Gaza, ont indiqué les experts internationaux au début du mois de juillet.

Le gouvernement israélien a aussi cherché à conditionner tout assouplissement des restrictions aux progrès réalisés dans un accord d’échange de prisonniers avec le Hamas. Le groupe terroriste détient actuellement deux civils israéliens en captivité, et il garde en otage les dépouilles de deux soldats morts pendant la guerre de 2014.

Toutefois, l’État juif a lentement allégé les restrictions dernièrement, malgré une absence de progrès sur la question des détenus, à la demande des instances internationales.

Des Gazaouis transportent un manifestant blessé après des affrontements près de la frontière avec Gaza, le 21 août 2021. (Crédit : Hassan Islayeh)

Le Hamas espère échanger les Israéliens emprisonnés et les dépouilles des deux soldats contre des milliers de prisonniers qui se trouvent actuellement incarcérés en Israël. Le groupe terroriste a rejeté la tentative israélienne de lier la question des détenus et celle des travaux de reconstruction à Gaza après la dernière escalade.

Un premier progrès significatif a été enregistré dans les négociations de cessez-le-feu, jeudi soir, quand l’ONU, Israël et le Qatar ont annoncé avoir défini un cadre permettant de faire entrer au sein de l’enclave une partie des fonds qataris. Selon l’accord, l’argent transitera via les Nations unies avant d’être déposé dans les banques de la bande de Gaza.

Par le passé, les fonds qataris ont permis de financer le carburant de la seule centrale électrique de Gaza et des hôpitaux afin de consolider le système de santé défaillant de l’enclave. Ils ont également permis de verser des centaines de millions de dollars en espèces à 100 000 familles pauvres de Gaza et aux fonctionnaires du Hamas.

Mais l’accord de jeudi ne concernera que des allocations qui seront remises aux familles défavorisées et aucun fonds ne sera débloqué pour payer les employés du Hamas dans la bande. De plus, l’État juif et le Hamas doivent encore conclure un accord portant sur un éventuel allègement des restrictions et sur la reconstruction pleine et entière de l’enclave côtière.

Judah Ari Gross et Aaron Boxerman ont contribué à cet article.

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