Le tribunal autorise finalement le test de forage de gaz pour le Léviathan
Des conseils municipaux locaux ont averti d'un risque de pollution du champ gazier du Léviathan pour la population, mais le juge estime qu'ils n'ont pas réussi à le prouver
La cour de district de Jérusalem a statué jeudi que le test de forage de gaz prévu au large de la côte israélienne et dénoncé par des autorités locales comme potentiellement dangereux pour la population pouvait avoir lieu.
Après une suspension temporaire du test mardi afin d’examiner les requêtes de six instances locales, le juge Eli Abarbanel a statué que les plaignants n’avaient pas présenté suffisamment de témoignages de professionnels pour réfuter les avis de ceux sollicités par l’État qui jugent le test sans danger.
Dans ces circonstances, les inquiétudes des plaignants ne justifient pas l’interruption du projet de forage de gaz naturel au large de la côte nord israélienne.
Une deuxième requête déposée par une association environnementale doit être débattue devant le tribunal plus tard jeudi.
Dans un communiqué, le consortium responsable du Léviathan s’est réjoui de la décision de la cour et assuré que la démarche « a fait l’objet de la supervision rigoureuse des ministres de l’Énergie et de la protection de l’environnement et de diverses instances de régulation ».
« Le gaz naturel du Léviathan améliorera la qualité de l’air en Israël en remplaçant le charbon, améliorera l’environnement du pays, assurera un approvisionnement garanti et créera des liens commerciaux sans précédent dans la région », peut-on lire dans le communiqué.
Le test est une étape essentielle avant qu’un nouveau forage à 10 kilomètres des côtes puisse commencer à exploiter le gaz naturel du champ gazier situé en Méditerranée, qui devrait faire du pays une puissance énergétique.
Six autorités locales se sont tournées vers la justice pour qu’elle oblige Noble Energy et ses partenaires à mettre en suspens le test avant la réalisation d’une étude sur ses possibles effets néfastes.
Le test était initialement prévu mercredi ou jeudi, mais ces démarches judiciaires pourraient signifier qu’il n’aura pas lieu cette semaine.
Des militants ont menacé d’organiser l’évacuation immédiate des résidents des municipalités affectées au sud de Haïfa, qui défileraient ensuite jusqu’à Tel Aviv en signe de protestation.
Des entreprises d’énergie et le gouvernement estiment que le test prévu est sûr et assurent qu’ils s’appuient sur les avis d’experts pour cela, mais à Hof Hacarmel et dans cinq autres localités, les maires affirment que celui-ci répandra des quantités dangereuses de polluants cancérigènes.
D’après leur requête, un simple test de huit heures libérera plus de substances nocives qu’une ou deux années d’opérations de forage régulières.
Le ministre de l’Énergie Yuval Steinitz a fait savoir cette semaine que le gaz pourrait commencer à être livré avant la nouvelle année. Il a d’ailleurs donné son accord à un permis d’exportation vers l’Égypte.
La découverte du Léviathan et d’autres champs gaziers offshore ont suscité l’excitation de certains dans un pays qui manque de ressources naturelles, et qui s’attend à des milliards d’euros de revenus grâce à ces extractions. Cependant, les militants ont mis en garde contre les dégâts environnementaux, notamment pour les zones côtières situées en face des plateformes de forage.
De plus, selon une étude publiée au mois d’octobre dans la revue Environmental Impact Assessment Review, éminente revue scientifique, les évaluations d’impact environnemental qui ont été conduites pour la plateforme Léviathan par l’entreprise ont « grossièrement » sous-estimé la quantité d’émissions polluantes, affiché « une série de lacunes » et se sont appuyées sur « des modèles outrageusement simplistes » – ce qui nécessitait, selon la revue, qu’elles soient refaites de manière plus professionnelle.
Les résultats de l’étude ont été rejetés par Noble Energy.
On estime que le champ Léviathan, situé en mer Méditerranée à 125 kilomètres à l’ouest de Haïfa, contient 622 milliards de mètres-cubes de gaz naturel. Il détiendrait un potentiel d’un demi-million de barils de pétrole, selon des estimations d’un exploitant du gisement, Ratio Oil Exploration 1992 LP.