Rechercher

L’échange entre la Première ministre tunisienne et Herzog passe mal dans le monde arabe

Les deux dirigeants ont été surpris, tout sourire, en train d’échanger quelques mots lors du sommet sur le climat en Égypte

Le président Isaac Herzog, à gauche, échange quelques mots avec la Première ministre tunisienne, Najla Bouden, à droite, lors de la photo des dirigeants à la COP27 en Égypte, le 7 novembre 2022. (Twitter : utilisé conformément à l’article 27a de la Loi sur les droits d’auteur)
Le président Isaac Herzog, à gauche, échange quelques mots avec la Première ministre tunisienne, Najla Bouden, à droite, lors de la photo des dirigeants à la COP27 en Égypte, le 7 novembre 2022. (Twitter : utilisé conformément à l’article 27a de la Loi sur les droits d’auteur)

L’image du président Isaac Herzog en train d’échanger quelques mots avec la Première ministre tunisienne, Najla Bouden, lors de la conférence des Nations Unies sur le climat (COP27) en Égypte, lundi dernier, a suscité de vives critiques de la part de certains commentateurs des pays arabes.

Herzog et Bouden ont brièvement plaisanté au moment de se réunir pour la photographie de groupe, à Charm el-Cheikh.

Les images, qui donnent à voir un président Herzog tout sourire, ont fait le tour des réseaux sociaux.

Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, aurait lui aussi ri, sans doute en réaction à cet échange.

La conversation, somme toute très brève, entre le président israélien et les dirigeants de pays qui ne reconnaissent pas officiellement l’État juif, n’a pas été bien perçue par le monde arabe dans son ensemble.

« Ce sourire est un véritable péché », a écrit le journal libanais al-Mayadeen, affilié au puissant groupe terroriste du Hezbollah, à propos de Bouden.

Parmi les autres titres des publications arabes, citons : « Cela se répand comme une traînée de poudre », référence à la normalisation arabe avec Israël, ou « La mésaventure de Bouden avec le président israélien ».

Certains ont émis l’hypothèse que l’échange pourrait être le signe de réchauffement des relations entre les deux pays.

« Normalisation entre la Tunisie et Israël ? Kais Saied acceptera-t-il cette trahison ? », aurait écrit un député algérien, selon la Douzième chaine israélienne.

11 % seulement des citoyens tunisiens disent souhaiter la normalisation des relations avec Israël, selon les données publiées le mois dernier par Arab Barometer, centre de recherche indépendant qui examine les attitudes et valeurs sociales, politiques et économiques des citoyens du monde arabe.

Bien que les deux pays aient ouvert des « services » officiels – dont un consulat de facto – dans les années 1990, les relations ont été rompues depuis le déclenchement de la deuxième Intifada et n’ont pas été rétablies depuis.

En mai, Bouden, toute première femme Premier ministre du monde arabe, avait déjà fait l’objet de critiques pour avoir pris des photos avec des pèlerins juifs à la célèbre synagogue de la Ghriba à Djerba. « Le pèlerinage juif… démontre que la Tunisie demeure une terre de paix, de tolérance, d’ouverture et de coexistence », avait-elle alors déclaré.

Le Libanais Mikati a également été critiqué pour son attitude, lundi, alors même qu’il ne semble pas s’être adressé directement à Herzog.

« À qui Mikati parle-t-il et avec qui rit-il ? Que dit-il ? », s’est demandé un journal libanais.

Israël est toujours officiellement en guerre avec le Liban.

L’accord sur la frontière maritime conclu par les deux pays, le mois dernier, s’est négocié par l’intermédiaire des États-Unis, sans que les responsables israéliens ou libanais ne se rencontrent publiquement.

Cet accord est considéré par certains comme une reconnaissance tacite d’Israël par le Liban.

Illustration : Le Premier ministre libanais Najib Mikati, à droite, présentant à Amos Hochstein, l’envoyé américain chargé de la médiation de la frontière maritime libano-israélienne, un cadeau représentant un hologramme du palais du gouvernement libanais lors de leur rencontre au palais de la capitale libanaise Beyrouth, le 27 octobre 2022. (Crédit : Joseph Eid/AFP)

Suite au tollé public provoqué par l’échange entre les dirigeants, le cabinet de Herzog a jugé utile de publier une déclaration mardi.

« Le président s’est tourné vers les dirigeants qui l’entouraient et s’est présenté, comme l’étiquette le veut », ont indiqué les services du président.

« Quant à la Première ministre tunisienne et au Premier ministre du Liban, qui se tenaient à proximité, ils se sont présentés, conscients qu’il leur était impossible de parler », poursuit le communiqué. « Voilà à quoi se résume l’échange entre les trois dirigeants. »

Un autre fait inhabituel se serait produit lors de la conférence sur le climat en Egypte : la ministre israélienne de la Protection de l’environnement, Tamar Zandberg (Meretz), a serré la main du Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammed Shtayyeh, selon une source proche de la ministre israélienne.

Un responsable palestinien a nié cette affirmation.

Les contacts publics entre dirigeants israéliens et palestiniens sont rares.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...