L’Egypte serait prête à faire pression sur les Palestiniens pour le processus de paix
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L’Egypte serait prête à faire pression sur les Palestiniens pour le processus de paix

L'ambassadeur Hazem Khairat a aussi averti que la "poursuite de l'occupation" provoque le terrorisme ; il a appelé à la fermeture des installations nucléaires d'Israël

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

L'ambassadeur d'Egypte en Israël, Hazem Khairat, pendant la Conférence de Herzliya, le 17 juin 2016. (Crédit : capture d'écran)
L'ambassadeur d'Egypte en Israël, Hazem Khairat, pendant la Conférence de Herzliya, le 17 juin 2016. (Crédit : capture d'écran)

Le Caire est prêt à aider à créer un « environnement palestinien approprié » pour faciliter un accord de paix israélo-palestinien, a déclaré l’envoyé de l’Egypte en Israël, jeudi, semblant répondre à la demande d’Israël auprès des Etats arabes pour qu’ils exercent davantage de pression sur Ramallah.

Mais dans sa première apparition publique depuis qu’il est devenu ambassadeur en février, Hazem Khairat a également semblé blâmer Israël de l’impasse dans laquelle se trouve le processus de paix et a réitéré la volonté du Caire de débarrasser Israël de son arsenal nucléaire supposé.

« Alors que le conflit israélo-palestinien est confronté à une impasse dangereuse, l’Egypte croit encore que la conclusion d’un accord de paix est réalisable », a déclaré Khairat lors d’un discours à la Conférence Herzliya.

« Pour une paix juste qui apporte la sécurité à la région, l’Egypte continuera à travailler avec toutes les parties, y compris en préparant un environnement palestinien approprié et en activant l’Initiative de paix arabe. Mais seuls les Israéliens et les Palestiniens peuvent faire le choix courageux d’y parvenir ».

Au cours des dernières semaines, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait valoir à plusieurs reprises qu’une détente israélienne avec le monde arabe devrait avoir lieu avant qu’un accord puisse être signé avec les Palestiniens, et a exprimé l’espoir que les dirigeants arabes pourraient exercer des pressions sur Ramallah pour qu’il fasse les concessions nécessaires à un accord de paix.

Mais en dépit des remarquables commentaires de Khairat, il a clairement établi qu’il ne croit pas que Jérusalem puisse attendre indéfiniment, tout en laissant la question palestinienne intacte.

« Ignorer les faits ne changera pas les faits. Au contraire, cela pourrait en fait conduire à l’explosion même que l’on souhaite éviter, comme le dernier cycle de violence israélo-palestinien l’a montré », a-t-il dit.

Il a ensuite énuméré « un échantillon de développements tragiques » qui ont eu lieu : « la tension à Jérusalem, la détérioration de la situation en Cisjordanie, y compris les colonies qui se développent dans la zone C [la Cisjordanie sous administration et sous contrôle militaire israéliens], minant la terre du futur Etat de Palestine, ainsi que les incursions dans les zones A et B ». Ces questions, a-t-il postulé, « sapent l’espoir pour l’avenir ».

Il ne reste pas beaucoup de temps pour que soit mise en œuvre une solution à deux Etats, a affirmé l’ambassadeur, ajoutant que l’absence de paix rend service aux organisations extrémistes.

« Bien qu’il n’y ait pas de justification au terrorisme, sa guérison devrait traiter les causes, et non seulement les symptômes », a-t-il dit. Cela comprend la lutte contre toutes les causes de l’extrémisme violent, « que ces causes soient politiques, économiques ou sociales, ou que ce soit la poursuite de l’occupation ou encore d’autres problèmes politiques chroniques non résolus ».

Khairat a fait référence au récent discours du président égyptien Abdel Fattah el-Sissi soutenant la réconciliation israélo-palestinienne, mais a également salué l’initiative de paix française actuelle » comme contribution au cadre de l’action internationale dans ce but ». La réunion ministérielle à Paris plus tôt ce mois-ci, a-t-il déclaré, « a certainement permis un nouveau pas vers la paix ».

Israël a rejeté le sommet de Paris comme étant une « occasion manquée » qui éloigne les perspectives de paix.

Les participants à la conférence ministérielle à Paris, le 3 juin 2016 (Capture d’écran L'Elysée)
Les participants à la conférence ministérielle à Paris, le 3 juin 2016 (Capture d’écran L’Elysée)

L’émissaire égyptien a consacré une partie importante de son discours à la non-prolifération nucléaire, félicitant les tentatives du Caire pour créer un Moyen-Orient sans armes atomiques. Il a dénoncé « le manque de volonté politique de quelques-uns, pas de tous » qui a abouti à l’échec de ces efforts.

Plus récemment, en septembre 2015, Le Caire, sans succès, a mené une campagne visant à adopter une résolution à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui aurait appelé à la surveillance internationale des installations nucléaires d’Israël.

« L’Egypte a fait un grand effort et est déterminée à continuer à travailler en coordination avec les partenaires pour créer une zone exempte de toutes sortes d’armes de destruction massive au Moyen-Orient », a-t-il dit. « Nous espérons que tous les États de la région répondront à cet appel à la paix et à la sécurité pour tous ».

« Qu’est-ce qu’Israël pourrait demander de plus ? »

Prenant également la parole lors de la Conférence d’Herzliya, l’ambassadeur jordanien en Israël Walid Obeidat a réitéré l’appel de son collègue égyptien pour une reprise rapide des pourparlers de paix israélo-palestiniens, approuvant par la même l’initiative française, mais soulignant l’Initiative de paix arabe.

L'ambassadeur jordanien en Israël Walid Obeidat lors de la Conférence d'Herzliya le 16 juin 2016 (Crédit : Adi Cohen Zedek)
L’ambassadeur jordanien en Israël Walid Obeidat lors de la Conférence d’Herzliya le 16 juin 2016 (Crédit : Adi Cohen Zedek)

« De l’avis de la Jordanie, de l’avis des Etats arabes, l’Initiative de paix arabe représente le summum de toutes les initiatives lorsque nous parlons des approches régionales », a-t-il affirmé.

L’initiative, qui promet à Israël une normalisation avec le monde arabe une fois atteint un accord de paix avec les Palestiniens, est non seulement approuvée par la Ligue arabe, mais aussi par l’Organisation de la coopération islamique, a expliqué Obeidat.

« Nous parlons au total d’environ 58 pays. Qu’est-ce qu’Israël pourrait demander de plus ? »

Le diplomate jordanien a noté l’acceptation partielle du 30 mai de Netanyahu de l’initiative arabe, mais a indiqué qu’Israël devait faire davantage qu’apporter un simple soutien de façade à l’idée.

« Nous sommes conscients des indications récentes, de l’interaction récente, autour de l’Initiative de paix arabe », a-t-il encore déclaré en concluant son discours. « Nous les considérons comme très positives, mais nous demandons à voir des actions à ce sujet ».

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