L’EI appelle les musulmans à rejoindre ses fiefs en Afghanistan
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L’EI appelle les musulmans à rejoindre ses fiefs en Afghanistan

Le groupe terroriste est apparu en Afghanistan début 2015, principalement dans l'est (Nangahar et Kunar), et s'est étendu depuis l'été 2017 dans le nord

Un agent de sécurité afghan monte la garde devant l'hôtel Intercontinental, durant une lutte entre des tireurs et la police afghane, à Kaboul, le 21 janvier 2018. (Crédit : WAKIL KOHSAR / AFP)
Un agent de sécurité afghan monte la garde devant l'hôtel Intercontinental, durant une lutte entre des tireurs et la police afghane, à Kaboul, le 21 janvier 2018. (Crédit : WAKIL KOHSAR / AFP)

Le groupe Etat islamique (EI) a appelé dans une vidéo les musulmans à rejoindre ses bastions en Afghanistan, dans les provinces de Jowzjan (nord) et du Nangahar (est).

Le film de 25 minutes de la « Wilaya du Khorasan », l’ancien nom de l’Afghanistan, mis en ligne le 4 mars et intitulé « Le monde d’Allah est vaste », a été transmis à l’AFP par le site Site Intelligence.

Il met en scène des combattants, notamment à Tora Bora (est), et se moque de la promesse du président américain Donald Trump d’en finir avec l’EI dans la région Afghanistan-Pakistan, y compris en larguant en avril 2017 leur « méga-bombe », la munition la plus puissante de l’arsenal américain – une première.

« A vous, musulmans du monde entier ! Immigrez au Khorasan ! Si vous ne pouvez immigrer en Irak ou au Sham (la Syrie, ndlr), venez au Khorasan, car l’immigration depuis une terre d’infidèle est votre devoir », lance un combattant.

Selon lui, les montagnes de Tora Bora, visées par la « méga-bombe », seront « le point de départ de la libération de toutes les régions du Khorasan ».

Le narrateur s’exprime en arabe et les combattants en dari (persan local), pachtou et ouzbèke.

La vidéo dénonce les talibans, qui ne savent pas « empêcher la population de commettre des péchés », imposent des taxes et possèdent des laboratoires d’héroïne.

L’EI est apparu en Afghanistan début 2015, principalement dans l’est (Nangahar et Kunar), et s’est étendu depuis l’été 2017 dans le nord à plusieurs districts de la province de Jowzjan.

En de rares occasions, les deux mouvements insurgés ont pu coopérer, comme en août 2017 dans la province de Sar-et-Pul contre un district majoritairement chiite. Mais le plus souvent ils s’affrontent, l’EI recrutant notamment parmi les talibans.

« Jusqu’ici, ils appelaient les musulmans vivant au Khorasan à rejoindre les régions sous leur contrôle », note Borhan Osman, analyste de l’International Crisis Group. Cet appel est une première qui, pour ses auteurs, aura d’avantage de retentissement, pense-t-il.

La présence d’étrangers dans les rangs de l’EI en Afghanistan est déjà attestée, principalement celle de Pakistanais et de ressortissants d’Asie centrale, mais également de Tchétchènes. 

Des Français et des « arabes » ont été aussi signalés cet automne dans le district de Darzab, à Jowzjan.

L’EI a par ailleurs revendiqué plusieurs attentats d’ampleur à Kaboul depuis juillet 2016, visant en particulier les mosquées et la communauté chiites ou, en mars 2017, le principal hôpital militaire du pays.

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