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L’entraîneur de judo Alain Schmitt jugé en appel pour violences conjugales

Malgré la relaxe de l'entraîneur en 2021, la fédération israélienne de judo avait décidé de mettre un terme à leur collaboration

Le judoka français Alain Schmitt lors de l'Euro-judo de Criel-sur-mer (Seine-Maritime, Normandie, France), le 4 octobre 2014. (Crédit : Mersois / CC BY-SA 4.0)
Le judoka français Alain Schmitt lors de l'Euro-judo de Criel-sur-mer (Seine-Maritime, Normandie, France), le 4 octobre 2014. (Crédit : Mersois / CC BY-SA 4.0)

Deux visages tuméfiés, et de nombreuses questions. Quatre mois après sa retentissante relaxe en première instance, l’entraîneur de judo Alain Schmitt est jugé vendredi en appel à Paris pour les violences conjugales dont l’accuse la championne olympique Margaux Pinot.

Ce qui apparaissait d’abord comme une classique affaire de violences conjugales dans un domicile du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), jugée tard dans la nuit en comparution immédiate au tribunal de Bobigny, s’est avéré un dossier nettement plus opaque qu’escompté, qui a pris une ampleur médiatique et une coloration sociétale inattendues.

Dans une époque extrêmement sensible au sujet des violences faites aux femmes, la relaxe judiciaire de l’ex-membre de l’équipe de France – qui nie avoir frappé sa compagne -, suivie de la publication par Margaux Pinot d’une photo de sa tête contusionnée dans un cri de rage sur les réseaux sociaux, ont fait scandale en fin d’année dernière.

Pendant des jours, les ex-amants ont refait de multiples fois le procès par conférences de presse et plateaux télé interposés. Personnalités sportives et politiques, comme Teddy Riner ou Roxana Maracineanu, ont publiquement soutenu la jeune femme de 27 ans, médaille d’or aux derniers Jeux olympiques avec l’équipe de France mixte et soudain propulsée en victime emblématique des violences conjugales impunies.

Or dans cette affaire, les deux protagonistes, qui présentaient chacun de multiples ecchymoses, offrent avec le même aplomb des versions totalement contradictoires des événements de la nuit du 28 novembre 2021.

Alain Schmitt, 43 ans, a-t-il frappé Margaux Pinot à coups de poings en rentrant éméché de soirée, sa compagne n’ayant fait que se défendre, comme elle le dit ? Ou bien Margaux Pinot s’est-elle jetée sur lui lors d’une dispute et se sont-ils cognés à travers l’appartement au cours d’un corps à corps alors qu’il essayait de la calmer, comme lui l’affirme ?

– Liaison cachée –

« Aussi sensible que soit le sujet des violences conjugales, il ne peut conduire à retenir une présomption de culpabilité qui n’est pas prévue par la loi », a considéré le tribunal de Bobigny dans son jugement du 30 novembre consulté par l’AFP, en estimant les preuves insuffisantes pour condamner Alain Schmitt.

Car, selon les juges de première instance, « les éléments objectifs, tout comme les lésions observées sur l’un et sur l’autre, les traces de lutte constatées dans l’appartement » accréditent en effet tout aussi bien le récit de Margaux Pinot que celui du prévenu. Le parquet, qui avait requis une condamnation, a fait appel.

Margaux Pinot à Tel Aviv en 2021 (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Associés sur les tatamis de l’Étoile sportive du Blanc-Mesnil par une relation d’entraîneur à athlète, Alain Schmitt et Margaux Pinot entretenaient aussi depuis plusieurs années à la ville une romance secrète et en dents de scie.

La nuit des faits, le médaillé de bronze aux Mondiaux de 2013 (-81 kg) s’apprêtait à prendre un avion pour Israël. Il partait entraîner l’équipe féminine israélienne, un poste qu’il avait selon lui pris pour quitter le club du Blanc-Mesnil et ainsi fuir une relation sentimentale décrite comme toxique.

Après un verre avec des amis, il a rejoint la judokate dans son appartement. Vers 02H00 du matin, le couple s’est disputé, en est venu aux mains.

Blessée, en culotte, Margaux Pinot s’est précipitée chez une voisine en relatant que son compagnon s’apprêtait à la « tuer ». Appelée, la police a interpellé Alain Schmitt, le T-shirt déchiré, qui montait à bord d’un Uber.

« Mon client aborde l’audience de vendredi extrêmement sereinement, il est très confiant et tranquille », a déclaré à l’AFP son avocate Caroline Wassermann, soulignant qu’Alain Schmitt « n’a jamais changé de discours » depuis le début. Le conseil de Margaux Pinot, Me Rachid Madid, a indiqué que la sportive et lui-même ne s’exprimeraient pas avant le procès.

Suite à cette affaire, la Fédération israélienne de judo a mis fin à sa collaboration prévue avec Alain Schmitt. Ce dernier entraîne aujourd’hui les sélections nationales masculine et féminine de Bulgarie.

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