L’envoyé de l’ONU craint les effets de l’épidémie dans les zones palestiniennes
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L’envoyé de l’ONU craint les effets de l’épidémie dans les zones palestiniennes

Mladenov s'inquiète des conséquences socio-économiques en Cisjordanie et à Gaza, affirme qu'Israël a la "responsabilité critique" de maintenir l'économie palestinienne à flot

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Les membres de l'aile militaire du Jihad islamique palestinien, les Brigades Al-Quds, désinfectent les rues de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 26 mars 2020 (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)
Les membres de l'aile militaire du Jihad islamique palestinien, les Brigades Al-Quds, désinfectent les rues de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 26 mars 2020 (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

L’envoyé des Nations unies pour la paix au Moyen-Orient a exprimé dimanche sa profonde inquiétude quant à la situation dans les Territoires palestiniens, exhortant Israël à faire plus pour aider à contenir la pandémie de coronavirus dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.

« La situation actuelle est extrêmement dangereuse et appelle à une action audacieuse de la part de toutes les parties prenantes », a déclaré Nickolay Mladenov dans un communiqué. « Je suis préoccupé par les conséquences socio-économiques de la crise sanitaire du Covid-19 sur le peuple palestinien, en particulier sur les communautés vulnérables de Gaza ».

Outre les conséquences médicales de la pandémie, « le choc négatif subi par les économies israélienne et palestinienne aura de profondes répercussions sur le bien-être de la population, l’emploi, la cohésion sociale et la stabilité financière et institutionnelle », a-t-il ajouté.

Dimanche après-midi, 288 cas de Covid-19 étaient connus des autorités de Ramallah, selon le porte-parole du gouvernement de l’Autorité palestinienne, Ibrahim Milhim.

« Si les tendances actuelles se poursuivent, les dommages causés à l’économie palestinienne seront considérables », a averti M. Mladenov.

L’économie de l’AP, qui dépend en grande partie du tourisme et du commerce, souffre énormément de la crise actuelle, a-t-il ajouté, avec des revenus à leur plus bas niveau depuis deux décennies.

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Selon le Bureau central palestinien des statistiques, une fermeture de six mois entraînerait une baisse de 7,1 % du PIB de la Palestine, ce qui « représenterait un choc négatif parmi les plus importantes contractions annuelles enregistrées depuis le début de la collecte de statistiques fiables en 1994 », a indiqué M. Mladenov.

« Avec un contrôle très limité sur son économie, le gouvernement palestinien n’a pas accès aux outils monétaires et fiscaux conventionnels nécessaires pour remédier à la crise », a-t-il souligné. « Ceux-ci sont entre les mains d’Israël ».

Le coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Nickolay Mladenov, et le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, le 16 avril 2019. (Autorisation)

L’envoyé des Nations unies a salué le plan d’urgence de l’AP visant à réduire les dépenses publiques au minimum. Dans le même temps, il a exhorté le gouvernement de Jérusalem à garantir un flux régulier de fonds pour maintenir l’économie palestinienne à flot.

« Israël a une responsabilité cruciale », a-t-il affirmé.

Le mois dernier, le ministère des Finances israélien a transféré 120 millions de shekels (30 millions d’euros) à Ramallah. « C’est un premier pas important. Des discussions urgentes doivent cependant avoir lieu sur la façon dont Israël peut assurer des transferts réguliers », a ajouté le diplomate.

« Les deux parties doivent coopérer rapidement pour résoudre les obstacles qui entravent les transferts réguliers, y compris la rétention des recettes fiscales. »

Il a également estimé que l’AP aurait également besoin « d’un soutien extérieur généreux et d’une assistance technique » pour l’aider à surmonter la pandémie.

Samedi, M. Mladenov a cosigné une déclaration publiée par les cinq envoyés spéciaux de l’ONU au Moyen-Orient, qui ont appelé les parties en conflit à geler les hostilités en raison de la pandémie de coronavirus.

« Nous appelons toutes les parties à s’engager, de bonne foi et sans conditions préalables, à négocier des arrêts immédiats des hostilités en cours, à maintenir les cessez-le-feu existants, à mettre en place des cessez-le-feu plus durables et plus complets, et à parvenir à des résolutions à plus long terme des conflits persistants dans la région », peut-on lire dans la déclaration.

« Nous appelons également chacun à faire preuve d’un maximum de retenue, à apaiser les tensions et à s’efforcer de résoudre les différends par le dialogue, la négociation, la médiation ou d’autres moyens pacifiques. Nous appelons en outre chacun à s’abstenir de toute activité susceptible d’entraîner une nouvelle détérioration de la stabilité et de la sécurité dans tout pays ou dans l’ensemble de la région ».

Le mois dernier, l’ONU a salué Israël pour son soutien au système de santé palestinien, mais les responsables de Ramallah ont continué à dénigrer le gouvernement de Jérusalem, l’accusant d’exploiter le coronavirus pour approfondir son « occupation » sur le peuple palestinien.

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