Les Arabes israéliens veulent créer la journée de l’apartheid en Israël
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Les Arabes israéliens veulent créer la journée de l’apartheid en Israël

L'ancien député Mohamad Barakeh a déclaré que le 19 juillet devait être marqué pour commémorer l'adoption par Jérusalem de la loi sur l'Etat-nation

Mohammad Barakeh s'exprime devant la Knesset, le 24 juin 2018 (Crédit : Flash90/File)
Mohammad Barakeh s'exprime devant la Knesset, le 24 juin 2018 (Crédit : Flash90/File)

Les Arabes israéliens ont proposé l’établissement d’une Journée internationale de l’apartheid en Israël, qui se tiendrait tous les 19 juillet, en commémoration de l’adoption de la loi controversée sur l’Etat-nation, qui établit que seuls les Juifs ont le droit à l’autodétermination sur la terre d’Israël.

« C’est le jour de l’adoption de la loi de l’apartheid qui a fait des Arabes des citoyens de seconde catégorie », a commenté l’ancien membre de la Knesset Mohammad Barakeh auprès du Jerusalem Post. Barakeh est à la tête du Conseil supérieur de surveillance arabe, une organisation-cadre représentant les organisations arabes israéliennes issues de la société civile.

Barakeh, qui a servi pendant 16 ans à la Knesset, a maintenu catégoriquement le caractère raciste de l’Etat d’Israël. Il a expliqué au Post que « nous le définissons comme un apartheid sur la base d’une étude qui révèle que notre situation est similaire à l’apartheid en Afrique du sud et dans le sud américain avant la guerre civile. Ce n’est pas une estimation politique, c’est un fait »

Barakeh va chercher à rallier à sa cause l’Autorité palestinienne au cours d’une réunion qui se tiendra au début du mois prochain. Un membre du Conseil a déclaré au Post que les organisateurs de cette journée internationale de l’apartheid israélien pourraient « tirer les leçons de ce qui a été accompli avec succès par les militants de BDS sur les campus nord-américains et nous pourrions mettre en oeuvre leurs idées ».

De nombreux campus, dans le monde entier, organisent des événements lors de la Semaine de l’apartheid israélien annuelle. Ces événements font rarement la distinction entre les citoyens arabes d’Israël et les Palestiniens qui vivent sous contrôle israélien en Cisjordanie.

Des Arabes israéliens, certains brandissent des drapeaux palestiniens, protestent contre la « loi de l’État-nation » sur la place Rabin à Tel-Aviv le 11 août 2018. (Tomer Neuberg/Flash90)

Des dizaines de milliers d’Arabes israéliens, certains brandissant des drapeaux palestiniens, se sont rendus à une manifestation organisée par le Conseil supérieur de surveillance arabe sur la place Rabin à Tel Aviv, le 11 août. Les intervenants lors de ce rassemblement ont dénoncé ce qu’ils ont qualifié de loi officialisant une hiérarchie raciale entre les citoyens israéliens, avec un statut inférieur accordé aux Arabes par rapport aux Juifs.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a estimé que ces drapeaux venaient précisément justifier la nécessité de l’adoption de la loi, disant que « de nombreux manifestants veulent l’abrogation de la loi du retour, abandonner l’hymne, déchirer notre drapeau et renoncer à Israël en tant qu’Etat national du peuple juif ».

Sur sa page des questions fréquemment posées, le ministère israélien des Affaires étrangères rejette l’accusation d’apartheid.

« Comme la majorité des démocraties occidentales avec une population de minorités non négligeable, Israël a encore beaucoup à faire avant que ne s’établisse l’égalité absolue », est-il écrit. « Toutefois, la disparité entre la situation des Arabes israéliens et celle qui a existé en Afrique du sud est d’une telle ampleur qu’aucune comparaison légitime ne peut être faite ».

La publication souligne que « les Arabes israéliens peuvent voter, vivre où ils le désirent, ils reçoivent des soins médicaux excellents et ils pratiquent la profession qu’ils choisissent ». Elle ajoute que les Arabes israéliens sont présents à la cour suprême, à la Knesset, à des postes diplomatiques et qu’ils figurent « dans presque toutes les sphères de la vie israélienne ».

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