Les arbres en Israël sont piètrement protégés – étude
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Les arbres en Israël sont piètrement protégés – étude

Une étude de la Knesset montre que 40 000 permis ont été délivrés pour déraciner 376 000 arbres au cours des 6 dernières années, principalement pour des projets de construction

Plusieurs espèces d'arbres bordent le boulevard Ben Gurion à Tel Aviv. (Shmuel Bar-Am)
Plusieurs espèces d'arbres bordent le boulevard Ben Gurion à Tel Aviv. (Shmuel Bar-Am)

La semaine dernière, neuf jours seulement après que le Fonds national juif/KKL JNF a lancé une campagne pour planter 100 000 nouveaux arbres dans le pays, un rapport de la Knesset a révélé que le ministère de l’Agriculture avait délivré des dizaines de milliers de licences ces dernières années pour abattre 376 000 arbres – dont plus de la moitié pour faire place à des projets de construction.

Les données ont été compilées par l’Unité de recherche et d’information de la Knesset à la demande de la députée Miki Haimovich, chef du « QG vert » du parti Kakhol lavan.

Le rapport brosse un tableau de la piètre qualité de la collecte de données et de l’insuffisance des inspections et de l’application de la loi, ainsi que de l’opacité du processus de délivrance des permis d’abattage d’arbres, ce qui rend les recours difficiles pour les citoyens concernés.

Entre 2013 et 2018, quelque 40 000 permis ont été accordés par le commissaire aux forêts – nommé par le ministre de l’Agriculture – pour déraciner 376 000 arbres, indique le rapport. Plus de la moitié de ces arbres (204 000, soit 54,4 %) ont été enlevés pour la construction de bâtiments. Seuls 68 000 (15,3 %) devaient être replantés ailleurs.

Image illustrative de la construction de nouveaux immeubles d’habitation dans le quartier Har Homa de Jérusalem-Est, le 28 octobre 2014. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

En fait, selon le rapport, les efforts pour replanter ailleurs ont diminué au fil des ans en raison des dépenses engendrées par cette opération.

Le coût de la replantation varie de 1 500 shekels pour un olivier qui a 85 % de chances de survie à 500 000 shekels pour les grands arbres qui ont 60 % de chances de survivre dans un nouvel endroit.

Plus de la moitié des amendes n’ont jamais été payées

Abattre un arbre mature sans permis est passible d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à six mois ou d’une amende.

Les jeunes arbres autres que les oliviers et les caroubiers ne sont pas protégés – et un arrêté définissant certaines autres espèces comme protégées a expiré en 2017 et n’a pas été renouvelé, malgré les recommandations d’un comité consultatif du ministère de l’Agriculture, a constaté le rapport.

Le verger dans la forêt comprend des oliviers, ainsi que des sycomores, des amandiers, des figuiers et des grenadiers. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

En outre, la loi ne punit pas ceux qui endommagent les arbres, par exemple en les élaguant fortement ou en les endommageant au cours de travaux de construction. La seule chose qui soit sanctionnée est l’abattage des arbres, auquel cas il s’agit d’exploitation forestière illégale.

De 2016 à 2018, 477 cas d’abattage illégal d’arbres [matures] ont fait l’objet d’une enquête et 140 amendes ont été infligées, allant de 7 500 shekels pour un arbre à 29 200 shekels pour un groupe d’arbres.

Cependant, plus de la moitié de ces amendes n’ont jamais été payées.

Les personnes ayant obtenu une autorisation d’abattre des arbres sont censées soit planter un arbre similaire ailleurs, soit payer l’équivalent pour que quelqu’un d’autre le fasse, selon le rapport. Mais le bureau du ministère de l’Agriculture chargé de la protection des arbres n’a pas été en mesure de fournir des détails sur ce qui se passe dans la pratique, invoquant des « limitations technologiques » et un manque d’inspecteurs.

Pour la même raison, le bureau n’a pas pu dire quel a été le résultat des 445 recours introduits entre 2016 et 2018 pour essayer de renverser les décisions d’abattage d’arbres.

Le rapport a noté que le bureau du commissaire aux forêts dispose d’un vieux système informatique qui rend la gestion des informations difficile et a demandé une mise à niveau mais n’a pas encore reçu les 350 000 shekels nécessaires pour le faire.

L’ancienne présentatrice de télévision Miki Haimovich et candidate de Kakhol lavan. (Crédit : Yanai Yechiel)

« Les arbres sont une partie indissociable de l’environnement, qui touchent tout le monde », a déclaré Haimovitch.

Il est clair qu’Israël doit se développer, a-t-elle noté, « mais pas au prix d’une destruction qui ne prend pas en compte les générations futures ».

Malgré le réchauffement climatique, la protection de la nature figure au bas de la liste des priorités dans la course actuelle à la construction de plus de logements et d’infrastructures dans tout le pays, a-t-elle accusé.

« Pour notre santé et l’environnement, les considérations de nature et de durabilité doivent être au centre de nos préoccupations, car elles nous concernent tous ».

La protection des arbres « s’affaiblit »

Commentant le rapport, Tali Granot, responsable de la santé et de l’environnement au sein de l’organisation environnementale Adam Teva V’Din, a déclaré à la radio israélienne que si le monde comprend l’importance des arbres pour lutter contre le changement climatique, la protection des arbres en Israël s’est affaiblie au fil des ans, en particulier dans les espaces publics des villes. Elle a déclaré au Times of Israël que cela faisait partie des mesures gouvernementales actuelles visant à réduire les réglementations dans tous les ministères.

Tali Granot, de l’organisation Adam, Teva V’Din. (Crédit : Omer Friedman)

Contrairement aux plans de construction, qui étaient affichés sur les bâtiments pour que le public puisse les voir et s’y opposer, la seule façon d’identifier les plans d’abattage d’arbres était de suivre activement les avis sur le site web du ministère de l’Agriculture, a-t-elle dit, et même dans ce cas, le délai d’appel est court. La plupart des gens n’ont appris qu’un arbre devait être enlevé qu’une fois qu’il avait disparu, a dit Granot.

En outre, elle a déploré le fait que les amendes étaient trop basses et qu’il n’y avait pas assez d’inspecteurs. Et bien que le commissaire aux forêts puisse toujours opposer son veto à un plan d’enlèvement d’arbres à un stade assez tardif du processus de planification, le ministère prenait des mesures pour affaiblir ce pouvoir. Le bureau a besoin de plus de pouvoirs, pas de moins, a-t-elle affirmé. « Protéger les arbres, c’est nous protéger tous. »

Dans une déclaration, le ministère de l’Agriculture a rejeté les allégations selon lesquelles les amendes n’étaient pas suffisamment élevées pour être dissuasives et a déclaré qu’il travaillait actuellement à l’amélioration du système informatisé afin de servir le public plus efficacement.

Le 30 janvier, le KKL a lancé un projet d’aide à la planète (et de collecte de fonds), appelé Click and Plant – un site en ligne pour l’achat d’arbres.

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