Les chefs bédouins désavouent les tueurs du soldat et prônent la coexistence
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Les chefs bédouins désavouent les tueurs du soldat et prônent la coexistence

Après l'assassinat du sergent Ron Kokia, les maires ont rencontré leur homologue d'Arad pour réaffirmer leur engagement à de bonnes relations de voisinage

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Ron Yitzhak Kokia, un soldat de Tsahal qui a été poignardé à mort dans une attaque terroriste, le 30 novembre 2017 (Crédit : Tsahal)
Ron Yitzhak Kokia, un soldat de Tsahal qui a été poignardé à mort dans une attaque terroriste, le 30 novembre 2017 (Crédit : Tsahal)

Les maires des communautés bédouines du sud du pays ont rencontré mardi le maire d’Arad pour réaffirmer leur engagement à la coexistence après l’arrestation de deux Bédouins israéliens pour le meurtre au couteau d’un soldat de l’armée israélienne, la semaine dernière.

Ils ont rencontré le maire Nissan Ben Hamo à son bureau, dans la mairie de cette ville du sud. Parmi les personnes présentes lors de cette réunion, les maires et les chefs des conseils régionaux de Rahat, Hura, Arara Banegev, et Al-Kasom.

Les deux suspects ont été arrêtés dimanche, soupçonnés du meurtre du sergent Ron Kokia à un arrêt de bus d’Arad, la nuit précédente, ont fait savoir les services du Shin Bet lundi, qualifiant l’incident d’attaque terroriste.

Talal al-Krenawi, maire de Rahat, a vivement recommandé aux membres de sa communauté de se détourner de la violence.

« Nous vous appelons, vous les jeunes, à ne pas recourir à la violence », a-t-il dit. « Ces agresseurs sont de mauvaises herbes que nous devons arracher ».

Le maire de Rahat Talal al-Krenawi, le 1er janvier 2013 (Crédit : FLASH90)

Krenawi a appelé à une coexistence continue entre les communautés juive et bédouine dans la zone, a fait savoir la chaîne Hadashot.

« Nous dénonçons les attaques et nous sommes contre la violence », a-t-il dit. « Ne laissons pas ce grave incident nuire à la coexistence entre nous. Nous sommes favorables à la tolérance et nous appelons tous les jeunes à ne pas recourir à la violence. Nous devons travailler et vivre ensemble, c’est votre pays comme c’est le mien ».

Krenawi a ajouté que les Bédouins voulaient vivre en paix aux côtés de leurs voisins juifs. « Nos parents qui étaient ici voulaient vivre en paix avec leurs voisins juifs. Les attaques terroristes ne nous ressemblent pas et elles ne sont pas acceptables pour nous ».

« Cet incident a choqué tout le monde, a dit le maire de Hura, Muhammad al-Nabari. « Une déclaration claire doit émaner de la société bédouine et il doit être dénoncé. Nous sommes à vos côtés et nous avons prouvé dans diverses autres réunions que nous oeuvrons tous vers un objectif commun ».

Le chef du Conseil régional d’Al-Kasom, Jaber Abu Kef, a vivement recommandé le contrôle des contenus accessibles aux jeunes bédouins.

« Nous devons vérifier ce que lisent nos enfants et ce qu’ils font », a-t-il dfit. « Nous devons être une influence dans l’éducation de nos enfants. Ceux qui font des choses épouvantables doivent être traités avec force ».

Ben Hamo, d’Arad, a salué les déclarations fortes de ses homologues bédouins.

« Cela nous renforce que vous soyez venus et que vous condamniez ce grave incident, que vous soyez à nos côtés », a-t-il commenté. « J’apprécie grandement vos déclarations et j’espère qu’elles seront entendues sous vous, mais également au dessus de vous, à la Knesset ».

Des centaines de personnes lors des funérailles du soldat israélien Ron Kokia, 19 ans, enterré au cimetière militaire de Kiryat Shaul le 3 décembre 2017.

Kokia, de Tel Aviv, servait au sein de la brigade Nahal, une unité d’infanterie dont la base est située juste aux abords d’Arad.

Les attaquants avaient volé l’arme à feu du soldat et avaient fui les lieux, entraînant une chasse à l’homme dans tout le sud d’Israël. Les deux suspects avaient été arrêtés vingt-quatre heures plus tard. Selon le Shin Bet, l’un d’entre eux a avoué avoir tué Kokia durant un interrogatoire.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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