Les clivages sur la refonte judiciaire compliquent le dossier iranien – Ex-officiel
Par ailleurs, l'Iran a échappé à une nouvelle résolution du Conseil des gouverneurs cette semaine à Vienne malgré l'escalade nucléaire
Un ancien haut-responsable politique du ministère de la Défense a indiqué que la crise entraînée par les efforts livrés par le gouvernement pour réformer le système judiciaire était la plus grave dont il a été témoin.
« Sur la base de mon expérience acquise au cours des quatre dernières décennies au service du pays, il s’agit de la crise intérieure la plus profonde, la plus grave dont je puisse me souvenir », a expliqué Zohar Palti, ancien chef du bureau de politique militaire au sein du ministère de la Défense.
Il a tenu ces propos lors d’un forum politique qui était organisé par le Washington Institute for Near East Policy, où il est chercheur.
Alors qu’il lui était demandé si cette crise aurait un impact sur la sécurité d’Israël, Palti a répondu avec ferveur que « absolument, oui ».
Palti a noté que certains, au sein du gouvernement, manquent d’expérience militaire et qu’ils ne comprennent pas les implications de ce qu’ils font, faisant apparemment référence aux ministres Itamar Ben Gvir, qui n’a pas fait son service dans l’armée, et Bezalel Smotrich, qui n’y a fait qu’une courte apparition.
Mais il a aussi mis en cause une absence de dialogue et des clivages au sein de la société qui, selon lui, mettent le pays en danger.
« Il me semble que si on attaque Israël aujourd’hui, on saura y faire face », a-t-il expliqué avant d’ajouter que « une importante offensive, une grosse offensive menée contre une menace existentielle actuellement, aujourd’hui, c’est difficile, il faut de l’unité pour cela ».
Il a noté qu’en ce moment même, les activités d’enrichissement de l’uranium en Iran avaient atteint un niveau presque militaire.
« Nous en sommes arrivés au pire point et, au point de vue intérieur, cela arrive dans la pire des situations », a-t-il averti.
« Si vous voulez faire quelque chose contre l’Iran », a-t-il poursuivi, « il faut vous unir ».
L’Iran a par ailleurs échappé à une nouvelle résolution du Conseil des gouverneurs cette semaine à Vienne malgré l’escalade nucléaire, après les « accords concrets » conclus ce week-end à Téhéran par le chef de l’AIEA, selon des sources diplomatiques.
« Il n’y aura pas de résolution », ont déclaré lundi à l’AFP trois diplomates occidentaux au premier jour de la réunion à Vienne, siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique.
La vigilance reste cependant de mise, l’Iran étant habitué à ce genre de afin d’éviter un rappel à l’ordre comme en novembre 2022, a noté l’un d’entre eux.
Le directeur général de l’instance onusienne, Rafael Grossi, s’est rendu vendredi et samedi à Téhéran. Il a notamment rencontré le président Ebrahim Raïssi, sur fond d’inquiétudes grandissantes autour des avancées du programme atomique iranien.
À son retour, il a indiqué que la République islamique avait accepté de rebrancher les caméras de surveillance sur plusieurs sites nucléaires.

Une augmentation des inspections a également été décidée à l’usine souterraine de Fordo, où ont été récemment détectées des particules d’uranium enrichies à 83,7 %, un niveau proche du seuil pour fabriquer une bombe atomique.
« Ce ne sont pas des promesses, nous avons certains accords qui sont concrets », a affirmé lundi M. Grossi, pressé de questions par les journalistes réclamant des détails.
« Je suis aussi frustré que beaucoup, peut-être même le plus frustré, quand les résultats ne sont pas au rendez-vous. Il semble que nous avancions vers un terrain plus solide », a-t-il insisté, demandant du temps.
Selon une des sources diplomatiques interrogées, « reste à voir si les éléments discutés à Téhéran déboucheront sur des progrès réels ». « Nous avons tellement vu de séquences similaires par le passé », a-t-elle averti.
« On a trop vu par le passé l’Iran faire de vagues promesses sans suite », a renchéri le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, tout en saluant les « efforts » du directeur général de l’AIEA.
Interrogé lors d’un point presse, il a appelé l’Iran « à prendre rapidement des mesures concrètes » et « à coopérer pleinement et sans délai avec l’AIEA ».
Une équipe technique de l’AIEA est désormais attendue en Iran pour clarifier les différents points.
Lundi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanani, a émis l’espoir que la visite de Rafael Grossi ouvre la voie à une reprise des négociations pour ranimer l’accord de 2015.
Ce pacte, connu sous l’acronyme du JCPOA, limitait les activités atomiques de l’Iran en échange d’une levée des sanctions internationales. Mais il est moribond depuis le retrait des États-Unis décidé en 2018 par le président Donald Trump.
Les discussions pour le relancer, qui impliquent Téhéran et les États parties (Chine, Russie, Royaume-Uni, France et Allemagne), avec la participation indirecte des États-Unis, sont au point mort depuis l’été 2022.