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Les discours de Yair Lapid et Joe Biden à Jérusalem suivi d’un point-presse

Les deux hommes d’Etat ont exprimé des points de vue différents sur la manière de faire face à la crise nucléaire avec l’Iran et évoqué la coopération régionale

La Déclaration de Jérusalem signée par le Premier ministre Yair Lapid et le président américain Joe Biden à l'hôtel Waldorf Astoria à Jérusalem, le 14 juillet 2022. (Autorisation)
La Déclaration de Jérusalem signée par le Premier ministre Yair Lapid et le président américain Joe Biden à l'hôtel Waldorf Astoria à Jérusalem, le 14 juillet 2022. (Autorisation)

Texte fourni par la Maison Blanche.

Waldorf Astoria Jerusalem, Israël

14 H 34 Heure d’Israël

PREMIER MINISTRE LAPID: Monsieur le Président, en mars 1965, lors de la célèbre marche de Selma à Montgomery, se trouvait aux côtés du Dr Martin Luther King, au premier rang, le rabbin Abraham Joshua Heschel. De retour chez lui ce jour-là, Rabbi Heschel a écrit dans son journal : « Aujourd’hui, j’ai senti que mes jambes priaient. »

Dans l’État d’Israël, Monsieur le Président, nos jambes prient tous les jours. Rien, dans notre vie, n’est acquis. Mon père a été un enfant du ghetto de Budapest, se cachant de ceux qui essayaient de le tuer.

Le fait que je sois ici aujourd’hui n’est pas le fruit du hasard. Nous avons retenu la leçon, Monsieur le Président. En toutes circonstances, Israël doit être fort, libre et sûr, doté d’une armée puissante capable de défendre son peuple.

Qu’il s’agisse de Joshua traversant le Jourdain ou du Dr King traversant le fleuve Alabama, l’idée est la même : si vous voulez votre indépendance, vos mains doivent vous défendre et vos jambes, prier pour vous. Vous devez marcher sans crainte vers la rivière.

Dernièrement, l’invasion injustifiée de l’Ukraine par la Russie, l’omniprésence de la menace nucléaire iranienne et l’ombre portée du terrorisme partout dans le monde, nous ont rappelé quelque chose : pour protéger la liberté, il faut parfois utiliser la force. Personne ne le souhaite, mais il est impossible de faire sans, à cause des terroristes, de ceux qui ne respectent pas les règles et sont prompts à exploiter toute faiblesse de la part d’autrui.

Ceux d’entre nous qui ont eu la chance de naître libres ne mesurent parfois pas la haine à l’œuvre derrière les attaques contre la démocratie.

Que leur avons-nous fait ? Qu’est-ce qui les pousse à précipiter des avions sur des gratte-ciels à New York ou tirer des roquettes sur des écoles maternelles à Sderot ? La réponse est la peur.

Ce qui les effraie le plus, c’est que leurs citoyens, leur peuple peuvent nous voir, voir notre qualité de vie – le dynamisme et la créativité de notre économie, les droits des femmes et de la communauté LGBTQ, la liberté de religion, la liberté d’expression.

Notre mode de vie est précisément ce qui les menace. C’est ce qui fait que le régime iranien développe son programme nucléaire, que le Hezbollah pointe ses missiles sur nous et que les organisations terroristes du monde entier nous envoient leurs kamikazes. Ils veulent détruire le seul État juif au monde. Cela, nous ne le permettrons jamais.

Les mots ne les arrêteront pas, Monsieur le Président. La diplomatie ne les arrêtera pas. La seule chose qui arrêtera l’Iran, c’est de savoir que, si son programme nucléaire prospère, le monde libre fera usage de la force. La seule façon de les arrêter est de mettre une menace militaire crédible sur la table.

Vous avez dit à maintes reprises, Monsieur le Président, que les grands pays ne bluffaient pas. Je suis tout à fait d’accord. Cela ne devrait pas être du bluff mais la vérité. Le régime iranien doit savoir que s’il continue à tromper le monde, il en paiera le prix.

Ici, au Moyen-Orient, nous avons désormais une alternative. Qui grandit et gagne en puissance. Nous sommes en train de créer une alliance de pays modérés qui croient en la paix et pensent que leurs enfants méritent une vie meilleure.

D’ici, de Jérusalem – capitale éternelle de l’État d’Israël – vous vous rendrez en Arabie saoudite. Votre visite en Arabie saoudite est importante pour Israël et pour toute la région, pour notre sécurité et pour l’avenir et la prospérité du Moyen-Orient.

Avec vous, nous adressons à toutes les nations de la région – y compris, bien sûr, les Palestiniens – un message de paix.

Israël souhaite la paix et croit en la paix. Nous ne céderons jamais un millimètre sur les questions de sécurité. Nous sommes obligés d’être prudents à chaque instant. Mais à tout pays, à toute nation qui veut la paix et la normalisation, nous disons : « Ahlan wa sahlan. Shalom. Bienvenue. »

Monsieur le Président, vous rencontrerez les dirigeants d’Arabie saoudite, du Qatar, du Koweït, d’Oman et d’Irak. J’aimerais que vous leur transmettiez à tous un message de notre part : Notre main est tendue en signe de paix. Nous sommes prêts à partager notre technologie et notre expérience, prêts à ce que nos peuples se rencontrent et apprennent les uns des autres, prêts à ce que nos scientifiques collaborent et nos entreprises coopèrent.

Le Livre des Psaumes dit tout cela en un seul verset. Le chapitre 29 dit ainsi : « (S’exprimant en hébreu.) Le Seigneur donnera de la force à son peuple. Le Seigneur bénira son peuple en lui donnant la paix. »

Si nous sommes forts, si nous sommes déterminés, si le monde comprend que nous n’hésiterons pas à nous défendre et à défendre nos valeurs, la paix pourra advenir.

Monsieur le Président, notre relation est profonde. Elle transcende les lignes partisanes. Elle lie non seulement nos gouvernements, mais aussi nos peuples.

Cette amitié est l’une des pierres angulaires de la sécurité d’Israël.

C’est touchant, mais ce n’est certainement pas un acquis.

Tout au long de votre carrière publique, vous avez été l’un des principaux architectes de cette relation. Pour cela, vous avez la gratitude éternelle du peuple de Sion.

Merci, Monsieur le Président.

PRÉSIDENT BIDEN : Merci beaucoup, Monsieur le Premier ministre, pour cette déclaration pleine d’éloquence.

Je suis honoré d’être de retour ici-même, dans la capitale d’Israël.

Comme je l’ai dit hier, j’ai connu tous les Premiers ministres depuis Golda Meir, et j’ai eu plaisir à passer du temps avec vous, aujourd’hui, et apprendre à vous connaître.

Monsieur le Premier ministre, l’amour et le profond respect que j’éprouve pour Israël n’ont fait que croître, dans mon cœur comme dans mes tripes, depuis ma première visite ici en 1973, alors que j’étais jeune sénateur.

Je reviens pour ma 10e visite, cette fois, en tant que président des États-Unis. Mais je n’ai pas oublié ce que la Première ministre Meir a dit au tout nouveau et tout jeune sénateur de l’État du Delaware que j’étais alors.

C’était quelques semaines avant la guerre de Kippour, et l’inquiétude se lisait sur mon visage.

Alors que nous nous tenions devant la presse pour répondre à des questions et poser pour des photos, elle m’a regardé et, discrètement, m’a dit : « N’ayez pas l’air si inquiet, sénateur. Israël a une arme secrète. » J’ai tourné la tête pour la regarder, et c’est alors qu’elle m’a dit : « Nous n’avons nulle part ailleurs où aller. » Je n’oublierai jamais ces mots. C’était il y a près de 50 ans. Il y a cinquante ans, les menaces étaient bien réelles. Et celles qui pèsent sur Israël aujourd’hui le sont tout autant.

Le fléau de l’antisémitisme continue de se manifester dans le monde entier, et nous ne devons jamais oublier à quelles horreurs une haine incontrôlée peut conduire.

C’est la raison pour laquelle, pour ce retour [en Israël], j’ai souhaité me rendre, dès mon atterrissage, à Yad Vashem, afin de témoigner, me souvenir, renouveler notre engagement par ces mots : jamais, plus jamais.

Il est vrai que l’Israélien, tout comme l’Israël d’aujourd’hui, n’est pas le même qu’il y a 50 ans.

Vous exploitez de nouvelles ressources, disposez de nouvelles capacités, bénéficiez de nouvelles relations, dont cette intégration croissante avec les pays voisins.

Vous avez de nouveaux outils pour assurer la force et la sécurité d’Israël. Vous pouvez compter sur l’engagement sans faille des États-Unis d’Amérique en matière de sécurité. Un engagement sans faille. Nous veillerons à ce qu’Israël puisse se défendre par lui-même.

Lorsque j’étais vice-président sous la présidence Obama, nous avons adopté un financement record pour la sécurité d’Israël avec 38 milliards de dollars sur une période de 10 ans.

Et j’étais fier, l’année dernière, de pouvoir consacrer un milliard de dollars supplémentaires au réapprovisionnement du Dôme de fer, faisant de l’année 2022 le meilleur millésime en matière d’assistance militaire à Israël.

Hier, j’ai pu voir une partie du Dôme de fer, ainsi que la technologie très prometteuse du Iron Beam [faisceau de fer], un système de défense antimissile activé par laser. Ces technologies et progrès sont essentiels. Ils sont essentiels parce que chaque roquette interceptée est une vie sauvée, et peut-être même davantage.

Tout comme nous avançons ensemble, partenaires à la fois dans la sécurité et dans l’innovation, les secteurs de la défense des États-Unis et d’Israël vont eux aussi coopérer pour développer de nouveaux systèmes d’armes laser à haute énergie capables de défendre Israël et sauver des vies israéliennes, tout comme la vie des militaires américains.

Israël et les États-Unis sont unis pour défendre leurs valeurs fondamentales et garantir la sécurité, la prospérité et la liberté du monde, non seulement pour nous, mais aussi plus largement pour le monde entier.

L’agression de Poutine contre l’Ukraine est un défi à la paix et à la stabilité dans le monde. La guerre de Poutine doit se solder par un échec stratégique, et le monde libre doit soutenir notre détermination à aider l’Ukraine à défendre son régime démocratique.

Les États-Unis continueront à soutenir l’Ukraine et le peuple ukrainien, dévasté et forcé à l’exode par la violence russe.

Aujourd’hui, vous et moi avons évoqué l’engagement de l’Amérique à faire en sorte que l’Iran n’obtienne jamais l’arme nucléaire.

Il s’agit d’un intérêt vital pour la sécurité d’Israël et des États-Unis et, j’ajouterais, pour le reste du monde également.

Je continue de croire que la diplomatie est le meilleur moyen de parvenir à ce résultat.

Nous allons continuer de travailler avec Israël pour déjouer d’autres menaces que l’Iran fait peser sur la région, comme son soutien au terrorisme et au programme de missiles balistiques ou à la prolifération d’armes destinées aux terroristes et alliés comme le Hezbollah.

Nous continuerons également à nous appuyer sur les Accords d’Abraham, que je soutiens fermement, parce qu’ils approfondissent l’intégration d’Israël dans la région au sens large et établissent des liens durables en matière commerciale, de coopération et de tourisme.

Le premier sommet réunissant Israël, l’Inde, les États-Unis et les Émirats arabes unis vient de se terminer, destiné à approfondir les liens économiques entre le Moyen-Orient et la zone Indo-Pacifique, créer de nouveaux partenariats pour relever les défis mondiaux tels que l’insécurité alimentaire et les technologies énergétiques propres.

L’intégration régionale est également l’objectif du Forum du Neguev, historique en tout point, qui s’est tenu ici en Israël en mars dernier.

L’intégration d’Israël dans la région, la paix d’Israël avec ses voisins sont des objectifs essentiels.

Demain, je serai le premier Président américain à me rendre d’Israël à Jeddah, en Arabie saoudite, par un vol direct. C’est un progrès important.

Et quand je verrai les dirigeants saoudiens demain, je serai porteur d’un message direct – un message de paix et d’opportunités extraordinaires pour une région plus stable et intégrée -, je le dis franchement, profitable au monde entier.

Nous œuvrons ensemble à une plus grande intégration, tout en continuant à travailler pour qu’advienne une paix négociée durable entre l’État d’Israël et le peuple palestinien.

Israël doit rester un État juif indépendant et démocratique, garantie ultime de la sécurité du peuple juif, non seulement en Israël, mais également dans le monde entier. Je le crois profondément.

Et la meilleure façon d’y parvenir demeure une solution à deux États pour deux peuples avec des racines profondes et anciennes dans cette terre, afin qu’ils puissent vivre côte à côte dans la paix et la sécurité. Que les deux États respectent pleinement l’égalité des droits de leurs citoyens; que les deux peuples jouissent des mêmes libertés.

Tout ce qui nous éloigne de ce résultat est, je crois, préjudiciable à la sécurité à long terme d’Israël.

Monsieur le Premier ministre Lapid, Israël et les États-Unis sont des partenaires naturels qui partagent les mêmes valeurs. Notre force de travail partage le même esprit d’innovation, la même détermination à préserver ce qui doit l’être et persévérer face aux défis de l’existence.

C’est pourquoi nous lançons un nouveau dialogue stratégique de haut niveau en matière de technologie afin qu’Israël et les États-Unis tirent le meilleur des technologies critiques et émergentes et les appliquent aux questions dimensionnantes, pour notre avenir commun.

Je vous remercie à nouveau, Monsieur le Président [Premier ministre], de m’avoir accueilli et de continuer à promouvoir une relation durable entre le peuple d’Israël et celui des États-Unis.

C’est tout l’objet de cette visite : affirmer cette relation née 11 minutes seulement après qu’Israël s’est constitué et déclaré État souverain, les États-Unis étant le premier pays au monde à reconnaître Israël. Et je peux vous assurer que nous serons le dernier pays au monde à nous éloigner de vous.

Cette relation, qui s’est approfondie et intensifiée d’année en année, fait aujourd’hui la part belle à un partenariat du 21e siècle fondé sur des valeurs éternelles, et tourné vers l’avenir.

Nous sommes ici [à vos côtés] pour longtemps , Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre. Qu’on le veuille ou non, nous sommes avec vous. Il n’y a pas d’autre option.

Je tiens à vous remercier pour votre hospitalité. Et je le dis du fond du cœur, votre sécurité conditionne la sécurité du peuple juif dans le monde entier. C’est essentiel. Et nous serons à vos côtés. Merci.

MODÉRATEUR : Merci beaucoup, Monsieur le Président. Et avant de passer aux questions, laissons du temps pour un changement technique sur scène.
(Des changements sont apportés à l’équipement technique sur scène.)

PRÉSIDENT BIDEN: Ces gens travaillent beaucoup, et dur.

PREMIER MINISTRE LAPID : Oui, et nous, nous sommes tranquilles, là.

PRÉSIDENT BIDEN : (Rires.)

MODÉRATEUR : Merci beaucoup. Nous allons maintenant répondre aux questions de la presse. La première question vient de Mme Gili Cohen de la Onzième chaîne, la télévision israélienne.

Q Merci, Monsieur le Président. Je voudrais poser la question suivante: allez-vous fixer une date butoir pour les négociations nucléaires ou définir un jalon au-delà duquel il ne sera plus possible de relancer l’accord nucléaire? Et que se passera-t-il après ?

Et une autre question, Monsieur. Vous serez demain à Jérusalem-Est, et vous ne serez pas accompagné d’un responsable israélien. Cela représente-t-il un changement de point de vue de votre administration, s’agissant de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et Jérusalem-Est en fait-elle partie ? Merci.

PRÉSIDENT BIDEN: La réponse à votre dernière question est non.

En ce qui concerne votre première question, nous avons exposé au peuple et aux dirigeants de l’Iran ce que nous étions prêts à accepter pour un retour au JCPOA. Nous attendons leur réponse. Quand cela se produira, quand elle viendra, je ne le sais pas. Mais nous n’allons pas attendre éternellement.

MODÉRATEUR : Monsieur le Président, voulez-vous…

PREMIER MINISTRE LAPID : La question s’adressait au Président.

MODÉRATEUR : Monsieur le Président, voulez-vous passer à la question suivante?

PRÉSIDENT BIDEN : Bien sûr. On m’a donné une liste ici. Steve Holland de Reuters.

Q : Merci, monsieur. Merci. Il y a une certaine opposition, aux Etats-Unis, à votre rencontre avec les dirigeants saoudiens cette semaine. Que direz-vous aux dirigeants saoudiens, en particulier au prince héritier Mohammed ben Salmane, au sujet du meurtre de Khashoggi et d’autres pratiques en matière de droits de l’homme ?

Et si vous me le permettez, Monsieur le Premier ministre Lapid, dans quelle mesure êtes-vous proche d’un accord avec l’Arabie saoudite pour obtenir des droits de survol ? Est-ce pour bientôt ? Merci.

PRÉSIDENT BIDEN: En ce qui concerne la question que vous m’avez posée, mon point de vue sur Khashoggi a été des plus clairs. Et je n’ai jamais manqué une occasion d’évoquer les droits de l’homme.

La question que je me pose – et la raison pour laquelle je me rends en Arabie saoudite – est beaucoup plus importante. C’est pour promouvoir les intérêts américains – promouvoir les intérêts américains d’une certaine manière et affirmer que nous avons eu tort de renoncer à notre influence au Moyen-Orient.

Je vais y rencontrer neuf autres chefs d’État. La question n’est pas l’Arabie saoudite en soi, mais il se trouve que le sommet se tient en Arabie saoudite. Il y a tellement de questions en jeu qu’il est important de continuer à nous impliquer dans la région, afin de ne pas laisser se créer un vide, vide comblé par la Chine et/ou la Russie, contre les intérêts d’Israël et des États-Unis, et de nombreux autres pays.

Le but de la visite est donc de coordonner avec neuf chefs d’État ce qui est dans l’intérêt des États-Unis, et je crois aussi, dans celui d’Israël.

Q : Vous ne vous attendez donc pas à évoquer les droits de l’homme ?

MODÉRATEUR : Eh bien, laissons le Premier ministre…

PRÉSIDENT BIDEN: Je vais répondre — je parle toujours des droits de l’homme. Je parle toujours des droits de l’homme. Mais ma position sur Khashoggi est claire. Si quelqu’un ne le comprend pas en Arabie saoudite ou ailleurs, alors c’est qu’il est novice.

PREMIER MINISTRE LAPID: En ce qui concerne les survols de l’Arabie saoudite, bien sûr, comme je le disais dans mon discours, nous sommes tous favorables à la normalisation des relations avec tous les pays de la région. Mais le président se rend en Arabie saoudite et bien des questions seront finalisées là-bas. Je le laisserai donc finaliser cela quand il sera à Jeddah.

MODÉRATEUR : Merci, Monsieur le Premier ministre.

PRÉSIDENT BIDEN : Je suis optimiste. (Rires.)

MODÉRATEUR : Et la question suivante vient de Mme Tal Schneider du Times of Israel.

Q : Bonjour, bonjour. Merci d’avoir effectué le déplacement à Jérusalem. Je suis heureuse de vous voir.

Les Israéliens attendaient des nouvelles du programme d’exemption de visa. Nous savons qu’il y a des difficultés pour y parvenir. Mais pouvez-vous donner une date butoir après laquelle les Israéliens se verront accorder des facilités pour se rendre aux États-Unis ? Allez-vous aborder cette question avec le chef de l’opposition, Netanyahu, lors de votre entretien avec lui aujourd’hui ?

Et une autre question, pour notre Premier ministre : Il y a des pourparlers sur la coopération régionale en matière de défense incluant Israël et les Saoudiens, mais nous entendons dire qu’il y a des difficultés techniques, certaines réserves même de la part des Saoudiens en ce qui concerne le système de défense, ce qui signifie qu’il s’agirait essentiellement pour Israël de partager ses renseignements. Comment voyez-vous la coopération évoluer avec ces problèmes ?

Merci.

PRÉSIDENT BIDEN: En ce qui concerne votre question, nous redoublons d’efforts pour préciser les questions en suspens, pour le programme d’exemption de visa. J’espère, et je pense, que cela aboutira dans les prochains mois.

PREMIER MINISTRE LAPID: Sur ce sujet, je me permets d’ajouter que nous avons appelé l’opposition israélienne à un comportement responsable, afin de faire adopter la loi nécessaire à la finalisation du programme.

Quant à votre question, ce n’est un secret pour personne que nous faisons de notre mieux, avec nos amis américains, pour bâtir une architecture de sécurité régionale. Cela n’a rien de secret. Mais les détails en revanche le sont, et je vais en rester là sur ce point. Nous coopérons avec tous ceux qui le souhaitent pour promouvoir la sécurité régionale, en particulier face au régime iranien et à la politique terroriste qu’il soutient.

PRÉSIDENT BIDEN : D’accord. La prochaine personne à poser une question, je suppose – (rires) – est Nadia.

Q : Merci, Monsieur le Président. Nadia Bilbassy de Al Arabiya Television. Permettez-moi de revenir un peu sur l’Iran, si vous me le permettez.
Vous avez visité le…

PRÉSIDENT BIDEN : (Rires.) Non, je ne vous le permets pas. (Rires.) Nous devons partir. (Rires.)

Q (Rires.) Vous êtes au Moyen-Orient, aujourd’hui en Israël, demain en Arabie saoudite pour rencontrer le roi Salman et d’autres dirigeants du CCG. Vous connaissez leur position, leurs inquiétudes, leurs peurs au sujet du programme nucléaire iranien et du soutien qu’apporte l’Iran à ses alliés dans la région. Concrètement, qu’allez-vous leur dire pour apaiser leurs peurs et leurs inquiétudes ? Avez-vous quelque chose à leur offrir, pour qu’ils sentent que les États-Unis sont sur la même longueur d’onde qu’eux? Et si vous me le permettez, Monsieur le Premier ministre, quelles sont les différences et similitudes entre vous et le président Biden en ce qui concerne l’Iran ? Êtes-vous d’accord sur toutes les questions ? Vous avez fait allusion à certaines divergences tout à l’heure. Et, si vous me le permettez, j’aimerais que vous nous confirmiez aujourd’hui votre position en faveur de la solution à deux États, en votre qualité de Premier ministre intérimaire, et, peut-être, de prochain Premier ministre élu d’Israël ? Merci beaucoup.

PRÉSIDENT BIDEN: En ce qui concerne l’Iran, l’idée est de convaincre les Saoudiens et les autres que nous sommes ce que nous disons et que nous pensons ce que nous disons. Les Iraniens ont la possibilité d’accepter cet accord. S’ils ne le font pas, nous l’avons dit très clairement et permettez-moi de le dire encore une fois, nous ne permettrons pas à l’Iran d’acquérir une arme nucléaire.

PREMIER MINISTRE LAPID : Eh bien, en ce qui concerne la question de l’Iran, nous avons eu une discussion très franche sur la meilleure façon de régler le problème. Mais je ne pense pas qu’il y ait l’épaisseur d’un trait de lumière entre nous en la matière. Tout est question de trouver le moyen de parvenir à nos fins.

Nous ne pouvons pas permettre à l’Iran de devenir un État nucléaire. Israël revendique le droit d’agir librement sur le sujet. Mais nous discutons, bien sûr, de tout avec notre principal allié, les États-Unis.

En ce qui concerne la solution à deux États, je n’ai pas changé de position. Une solution à deux États est la garantie d’un État d’Israël démocratique et fort, à majorité juive.

MODÉRATEUR : Merci beaucoup. Ceci conclut la cérémonie de signature et la conférence de presse. Veuillez rester assis jusqu’à ce que les dirigeants aient quitté la salle.

PRÉSIDENT BIDEN : Merci beaucoup à tous.

14 H 59 Heure d’Israël

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