Les Émirats débloquent des millions de dollars de fonds iraniens gelés
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Les Émirats débloquent des millions de dollars de fonds iraniens gelés

Après le manque de réaction des États-Unis face à l’abattage d'un drone par l'Iran et le retrait de leurs troupes en Syrie, les Émirats craindraient pour la sécurité de la région

Le président américain Donald Trump avec le prince héritier d'Abu Dhabi Mohammed Ben Zayed Al Nahyan dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 15 mai 2017. (crédit : Saul Loeb/AFP)
Le président américain Donald Trump avec le prince héritier d'Abu Dhabi Mohammed Ben Zayed Al Nahyan dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 15 mai 2017. (crédit : Saul Loeb/AFP)

Les relations entre l’Iran et les Émirats arabes unis connaissant un réchauffement, le pays du Golfe vient récemment de débloquer 700 millions de dollars de fonds destinés à Téhéran, a affirmé un député iranien dimanche.

Akbar Torki a ainsi fait savoir aux médias iraniens que « les Émiratis ont… compris que les pays occidentaux et l’Arabie saoudite n’étaient pas capables de garantir la sécurité du pays dans les circonstances actuelles », d’après une traduction réalisée par le site Al-Araby Al-Jadeed.

Il a assuré que « les relations actuelles [des Émirats] avec l’Iran se sont améliorées, et certains bureaux d’échange iraniens à Dubaï ont repris leurs activités ».

Les nations arabes du Golfe réévalueraient leurs relations avec Téhéran en raison de la politique moyen-orientale de Washington.

Après que le président américain Donald Trump n’a pas souhaité riposter à l’abattage d’un drone de surveillance militaire américain en juin, les Émirats arabes unis se sont efforcés d’apaiser les tensions avec l’Iran en y envoyant des diplomates. Ils ont également entamé un retrait de leurs troupes du conflit mené par l’Arabie saoudite au Yémen contre des rebelles soutenus par l’Iran après un an de conflit.

Et le retrait des forces américaines en Syrie, qui semblait approuver l’invasion turque du territoire kurde, ont renforcé les doutes quant à son engagement envers ses alliés dans la région.

De nombreuses informations parues plus tôt ce mois-ci ont semblé indiquer que les Saoudiens ont eux aussi discrètement œuvré à un rapprochement avec la République islamique en raison de leur manque de confiance à l’égard de Donald Trump.

« La pire issue pour les Saoudiens serait de se livrer à une confrontation avec l’Iran avec l’espoir d’obtenir le soutien des États-Unis et de découvrir qu’ils ne l’ont pas », a déclaré au New York Times Philip Gordon, un ancien coordinateur pour le Moyen-Orient à la Maison-Blanche. « Cette administration a montré qu’elle n’était pas vraiment prête à s’en prendre à l’Iran. »

Le prince saoudien Mohammed ben Salmane a récemment fait savoir à CBS que le royaume était « ouvert à toute initiative permettant une solution politique au Yémen ». Cette déclaration fait figure de revirement par rapport à l’autre interview qu’il avait accordée l’année dernière à CBS, dans laquelle il avait comparé le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, à Adolf Hitler.

Israël s’inquiète également de la réticence des États-Unis à intervenir militairement dans la région, ce qui offre une grande liberté à l’Iran qui pourrait attaquer l’État juif.

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