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Les employés du ministère des Affaires étrangères menacent de perturber la visite de Trump

Les employés mécontents du corps diplomatique affirment que le ministère des Finances n'honore pas ses engagements en matière d'augmentation de salaire

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Des employés du ministère des Affaires étrangères manifestant à Jérusalem le 24 mars 2014. Le panneau dit : "En grève ici" (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Des employés du ministère des Affaires étrangères manifestant à Jérusalem le 24 mars 2014. Le panneau dit : "En grève ici" (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Les employés du ministère des Affaires étrangères ont menacé de perturber la visite du président américain Donald Trump prévue pour la fin du mois, en raison d’une dispute sur les salaires avec le ministère des Finances.

La querelle oppose le service diplomatique et le ministère des Finances sur la baisse des salaires depuis des années. Les diplomates prétendent que les accords conclus par le passé ne sont pas honorés et que les budgets ne sont pas approuvés.

Jérusalem et Washington préparent actuellement le voyage de Trump en Israël, qui aura lieu la dernière semaine du mois de mai.

Des représentants des employés du ministère des Affaires étrangères ont adressé une lettre au directeur-général du ministère mercredi pour indiquer qu’en raison des reports de la mise en œuvre d’un récent accord sur les salaires par les responsables du Trésor, ils n’auront pas d’autres choix que de perturber la visite présidentielle qui s’annonce, selon la radio militaire.

Les parties sont parvenues à un accord sur les salaires il y a deux mois, mais le Trésor n’a pas donné suite par un accord formel, et par conséquent, aucun changement dans les conditions de travail ne s’est produit, selon les diplomates.

Les employés attendent une augmentation des salaires basée sur le coût de la vie du pays dans lequel ils travaillent, ainsi que des avantages pour ceux qui travaillent dans des pays moins attractifs.

Le directeur du syndicat Hanan Goder, qui est aussi l’ambassadeur israélien au Sud Soudan, a déclaré jeudi dans une interview accordée à la radio militaire que « nous prendrons toutes les mesures » pour que la visite du président américain soit « embarrassante », mais n’a pas donné davantage de précisions sur le type de mesures qui seront prises.

Les employés ont déjà refusé de traiter de la documentation diplomatique et des visas, causant l’interruption de nombreux projets de relations étrangères.

« Nous avons échangé une poignée de mains il y a trois ans, et à nouveau il y a deux mois, et ils ont promis, promis, et promis », a-t-il dit, soulignant que les employés sont frustrés par le temps que met le ministère des Finances à les concrétiser.

« Si vous avez signé quelque chose, cela vous engage, et vous devez vous y tenir », a continué Goder. « Ne dites pas ‘dans 2 heures, ou ‘dans deux jours’ ou ‘dans 3 ans’. »

Goder a indiqué que chaque année, le nombre de personnes qui intègrent le corps diplomatique baisse, en raison des mauvaises conditions de travail.

« Ces derniers temps, les gens ne viennent pas travailler pour le service étranger, il ne prennent pas de mission, parce que cela ne vaut pas le coup », dit-il.

Le ministère des Finances a indiqué à la radio militaire que le report était dû à la mise en place juridique des détails de l’accord.

En juillet 2013, les employés du ministère des Affaires étrangères ont appelé à un conflit du travail qui a perturbé certains rendez-vous diplomatiques. À l’époque, le nouvel ambassadeur israélien aux États-Unis, Ron Dermer, avait été touché par ce mouvement, ce qui l’a empêché de recevoir son passeport diplomatique et ses autres papiers.

Le corps diplomatique avait organisé une grève pour des raisons similaires en 2014. Durant deux semaines, les ambassades et les consulats israéliens du monde entier ont été fermés. Cette grève a pris fin avec un accord de la part du ministère des Finances pour augmenter les salaires et améliorer les conditions de vie des diplomates israéliens.

En 2015, les diplomates israéliens avaient menacé de perturber les accords qui entouraient la rencontre avec le président américain de l’époque Barack Obama et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, suite à ces mêmes revendications.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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