Les équipes de Netanyahu et de Gantz discutent avant une rencontre des 2 chefs
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Les équipes de Netanyahu et de Gantz discutent avant une rencontre des 2 chefs

Avec un Premier ministre bientôt jugé pour corruption et malversation dans une série d'affaires, les troupes du centriste veulent un "contrôle total" sur les postes judiciaires

Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz, (à gauche), et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se rencontrent au siège de l'armée israélienne à Tel Aviv, le 27 octobre 2019. (Crédit : Elad Malka)
Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz, (à gauche), et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se rencontrent au siège de l'armée israélienne à Tel Aviv, le 27 octobre 2019. (Crédit : Elad Malka)

Jeudi matin, Netanyahu a appelé le président de Kakhol lavan Benny Gantz pour l’inviter à le rencontrer ce soir afin de discuter de la formation d’un gouvernement d’unité, selon le porte-parole du Premier ministre.

Les deux ont accepté que leurs équipes se rencontrent avant qu’ils échangent en personne, précisait le communiqué.

Ce matin, le président Reuven Rivlin a officiellement notifié à Gantz que son mandat pour former un gouvernement avait expiré, après que le chef de Kakhol lavan n’a pas réussi à trouver un accord avant la date butoir d’hier minuit.

Lundi soir, le mandat de Gantz a échu sans accord malgré d’intenses tractations. Le président a remis un jeton dans la machine pour donner aux deux hommes un dernier ultimatum qui s’est soldé dans la nuit une nouvelle fois sans gouvernement.

« Je vous informe que je ne vois pas la possibilité de former un gouvernement et que je confie la formation du gouvernement à la Knesset », le parlement, a écrit jeudi matin le président Reuven Rivlin.

Le Parlement israélien a désormais trois semaines pour proposer un élu ayant suffisamment d’appuis pour tenter de former un gouvernement, alors que les camps de MM. Netanyahu et Gantz disent poursuivre leurs pourparlers.

Qui dit gouvernement d’union, dit partage des portefeuilles ministériels. Or, avec un Premier ministre en passe d’être jugé pour corruption et malversation dans une série d’affaires, les troupes de Benny Gantz veulent un « contrôle total » sur les nominations judiciaires, souligne Jonathan Rynhold, professeur au Département de sciences politiques à l’université Bar-Ilan.

« La question centrale est dans la sphère légale », ajoute-t-il, précisant que le Premier ministre veut s’assurer en cas de rotation au pouvoir avec M. Gantz qu’il pourrait rester au gouvernement, car la loi israélienne permet à un chef de gouvernement d’être inculpé, mais pas à un ministre.

A LIRE : Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

Les négociations achoppent aussi sur la crainte de M. Netanyahu que la Cour suprême ne le déclare inapte à gouverner en raison de son inculpation et que l’ensemble du mandat de Premier ministre ne revienne à Benny Gantz.

Un scénario contre lequel il aurait cherché à se prémunir en demandant des garanties que M. Gantz lui aurait refusé, selon les analystes.

Benny Gantz (à gauche) et Gabi Ashkenazi lors d’un événement de la campagne Kakhol lavan à Kfar Saba, le 12 février 2020. (Gili Yaari/Flash90)

Autre sujet potentiel de dissension : le portefeuille de la Défense. M. Gantz et son acolyte Gabi Ashkenazi – tous deux d’anciens chefs de l’armée – émettent de surcroît des doutes sur une annexion rapide par Israël de la Vallée du Jourdain.

Nombre d’analystes s’interrogent sur les réelles intentions de M. Netanyahu de partager le pouvoir avec M. Gantz.

« Gouvernement d’union ou élection, ce sont vraiment les deux options (…) et le scénario le plus probable reste un gouvernement d’union », souligne M. Rynhold, pour qui Benjamin Netanyahu évalue tous les scénarios en fonction de sa survie politique, afin d’éviter « la prison ».

Face à cette crise, le nouveau leader de l’opposition Yaïr Lapid, ancien associé de Benny Gantz, a proposé une solution singulière : « geler pour six mois le processus politique ».

« C’en est assez de la politique ! La création d’un gouvernement corrompu serait une catastrophe nationale tandis que l’idée d’une quatrième élection est (…) complètement détachée de la réalité » des Israéliens en période de coronavirus.

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