Les Européens tentent de restreindre l’Iran pour sauver l’accord nucléaire
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Les Européens tentent de restreindre l’Iran pour sauver l’accord nucléaire

La Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne auraient entamé des négociations avec des responsables américains sur une stratégie visant à améliorer l'accord

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian lors de la rencontre entre le ministre iranien des Affaires étrangères et les représentants de l'Union européenne pour les affaires étrangères et les ministres des Affaires étrangères britannique, allemand et français au siège de l'UE à Bruxelles le 11 janvier 2018 (PHOTO AFP / JOHN THYS)
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian lors de la rencontre entre le ministre iranien des Affaires étrangères et les représentants de l'Union européenne pour les affaires étrangères et les ministres des Affaires étrangères britannique, allemand et français au siège de l'UE à Bruxelles le 11 janvier 2018 (PHOTO AFP / JOHN THYS)

Plusieurs grandes puissances européennes auraient entamé des discussions avec l’Iran, inquiets par son agression régionale croissante, tout en travaillant directement avec les Etats-Unis pour maintenir l’accord nucléaire historique de 2015 et en imposant plusieurs limitations supplémentaires à la République islamique.

Des représentants britanniques, français et allemands ont rencontré des responsables américains pour élaborer une stratégie visant à améliorer l’accord en échange de l’annulation des sanctions du président américain Donald Trump le 12 mai et de l’annulation de l’accord, a rapporté jeudi l’agence de presse Reuters.

Au même moment, ces pays, rejoints par l’Italie et l’Union européenne, ont entamé des discussions avec l’Iran pour résoudre les problèmes régionaux, préoccupations occidentales, du Golfe et d’Israël sur son rôle déstabilisateur au Moyen-Orient.

Ces dernières années, Israël a averti à plusieurs reprises que l’Iran essayait de se renforcer militairement en Syrie et de fournir au Hezbollah des missiles de plus en plus perfectionnés, avec lesquels le groupe terroriste libanais peut menacer l’Etat juif.

Soldats israéliens dans un poste militaire surplombant la frontière avec la Syrie, sur les hauteurs du Golan à la suite du crash d’un avion F-16 dans le nord d’Israël, le 10 février 2018. (Flash90)

En janvier, Trump a signé une dérogation pour maintenir l’accord, mais a promis que ce serait la dernière fois qu’il le ferait, à moins que les Etats-Unis et l’Europe ne se mettent d’accord pour le renforcer.

« Aujourd’hui, je renonce à l’application de certaines sanctions nucléaires, mais uniquement dans le but d’obtenir l’accord de nos alliés européens pour réparer les terribles failles de l’accord nucléaire iranien », a déclaré M. Trump dans un communiqué. « C’est une dernière chance. »

Son administration a exprimé sa préoccupation quant au fait que certaines parties de l’accord commencent à expirer en 2026 et qu’il ne traite pas du programme de missiles de l’Iran, de ses activités régionales ou de ses violations des droits de l’homme.

À l’époque, Trump énonçait quatre conditions à remplir pour ne pas abroger l’accord, notamment une augmentation des inspections, pour s’assurer que «l’Iran ne tente pas d’obtenir l’arme nucléaire» et qu’il n’y ait pas de date d’expiration de l’accord.

Trump doit signer la prochaine résolution avant le 12 mai.

Le président américain Donald Trump signe un mémorandum après avoir prononcé une déclaration sur Jérusalem depuis la Maison-Blanche, à Washington, le 6 décembre 2017 (Saul Loeb / AFP)

Des responsables européens ont rencontré des représentants du gouvernement iranien en marge de la conférence de Munich sur la sécurité le mois dernier pour discuter des activités de Téhéran au Yémen, en Syrie et au Liban, a indiqué le rapport. Les Etats-Unis ont affirmé qu’ils avaient des preuves du transfert illégal par l’Iran de missiles interdits aux rebelles houthis soutenus par l’Iran au Yémen.

« A Munich, nous avons exposé ce que l’on attendait d’eux au Yémen. Ils ont évidemment dit qu’ils n’étaient pas responsables, mais nous en avons tiré quelques conclusions pour aller de l’avant ensemble », a déclaré à Reuters un haut diplomate européen anonyme. « Les Iraniens sont très coopératifs, mais avoir une réunion positive ne signifie pas un quelconque impact réel. »

Les puissances européennes auraient également menacé l’Iran de mesures punitives si la République n’acceptait pas de limiter ses activités concernant plusieurs points sensibles du Moyen-Orient.

Les efforts semblent être les fruits d’une stratégie audacieuse menée par l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU, Nikki Haley, afin d’encourager les pays européens à punir l’Iran pour avoir violé les résolutions du Conseil de sécurité sur les missiles balistiques.

En décembre, Haley a solliciter un effort mondial concerté pour demander des comptes à l’Iran qui convaincrait Trump de ne pas annihiler l’accord nucléaire. Elle a remarqué que la France, membre clé des pays qui ont négocié le pacte de 2015, avait récemment « commencé à frapper » l’Iran rhétoriquement pour avoir violé les résolutions sur les missiles balistiques.

Nikki Haley à l’AIPAC à Washington, D.C., le 27 mars 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

« Cela fonctionne », a déclaré Mme. Haley après un voyage à Washington avec d’autres ambassadeurs du Conseil de sécurité. « Ils commencent à réaliser, » Si nous ne parlons pas des violations, alors les Etats-Unis considéreront que tout cela est une imposture.  »

En parlant à Reuters cette semaine, un officiel français a semblé confirmer que la stratégie de Haley avait un effet.

« Nous voulons maintenir l’accord nucléaire, mais nous disons aux Iraniens que nous avons d’autres problèmes avec eux. Nous devons observer des progrès sur ces questions. Sinon, à cause de Trump, l’accord s’effondrera », a déclaré un haut diplomate français.

Les responsables iraniens ont également semblé positifs.

« La plupart des écarts peuvent être réduits avec l’Occident … mais il faut de la bonne volonté et beaucoup de travail », a déclaré à Reuters un haut responsable iranien. « L’Occident doit regagner notre confiance … l’accord nucléaire n’a pas été entièrement mis en œuvre. Comment pouvons-nous les croire sur d’autres questions? « 

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