Les frappes en Syrie auraient détruit 200 missiles d’attaque au sol
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Les frappes en Syrie auraient détruit 200 missiles d’attaque au sol

Des responsables ont déclaré au NY Times que l'Iran attendra pour riposter contre Israël jusqu'aux prochaines élections au Liban, où le Hezbollah, un allié, présente des candidats

Capture d'écran d'une vidéo censée montrer une attaque de missile en Syrie, le 29 avril 2018. (Twitter)
Capture d'écran d'une vidéo censée montrer une attaque de missile en Syrie, le 29 avril 2018. (Twitter)

L’attaque nocturne de missiles contre des bases de stockage d’armes en Syrie a détruit quelque 200 roquettes sol-sol, a déclaré un responsable régional au New York Times lundi.

Un responsable de l’alliance régionale iranienne, de la Syrie, de l’Iran et de son groupe terroriste libanais Hezbollah, a déclaré que les frappes ont tué 16 personnes, dont 11 Iraniens.

Selon le groupe de surveillance de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, les frappes de missiles ont touché deux cibles militaires dans les provinces d’Alep et de Hama tard dimanche soir.

L’Iran a démenti que l’un de ses soldats ait été tué dans les attaques et que l’une de ses bases en Syrie ait été prise pour cible. On ne sait pas avec certitude qui a mené les attaques, bien que certains médias accusent Israël, tandis que d’autres suggèrent qu’il s’agit d’une attaque conjointe américano-britannique lancée depuis la Jordanie.

S’exprimant sous couvert de l’anonymat au sujet de l’attaque, le responsable de Téhéran s’est joint à d’autres responsables régionaux pour dire qu’on peut s’attendre à ce que Téhéran riposte contre Israël pour le bombardement, selon le rapport.

Cependant, l’Iran attendrait probablement pour le faire jusqu’aux élections législatives du 6 mai prochain au Liban voisin, où le Hezbollah, un allié, présente des candidats, ont indiqué les responsables.

Dans les heures qui ont suivi l’attaque visant les avant-postes du gouvernement dans la région nord de la Syrie, les médias ont fait état du nombre de victimes.

Les médias iraniens ont donné des informations contradictoires sur les événements de la nuit, sur fond de spéculations selon lesquelles ils auraient été perpétrés par Israël, tandis qu’un groupe de surveillance de la guerre en Syrie a déclaré que 26 combattants pro-gouvernement, pour la plupart iraniens, ont été tués.

L’Observatoire a déclaré que les attaques de dimanche soir semblaient avoir été menées par Israël.

Il a déclaré que le nombre de morts pourrait augmenter car l’attaque a également blessé 60 combattants et plusieurs autres étaient toujours portés disparus.

Cependant, une agence de presse semi-officielle iranienne a démenti les informations selon lesquelles des combattants iraniens ont été tués ou que des bases iraniennes gérées par l’Iran ont été touchées. L’agence de presse Tasnim a cité dans son rapport un fonctionnaire iranien anonyme, mais n’a pas donné de détails sur ce démenti.

Une autre agence de presse semi-officielle, ISNA, a déclaré que les frappes ont tué 18 Iraniens, dont un commandant, dans une banlieue de la ville centrale de Hama. Elle a cité des « sources locales et des militants » dans son rapport.

Les missiles visaient des bâtiments et des centres qui abritaient probablement un dépôt d’armes, selon l’ISNA.

Des vidéos de l’une des attaques montrent une boule de feu qui illumine la nuit.

فيديو للإنفجارات في ريف حماه ..نسأل الله السلامة للرجال هناك ..????الشفاء العاجل للجرحى ..حتى الآن لم يصرح مصدر مسؤول عن ماهية الإنفجارات ..#محردة_الآن

Posted by ‎محردة الآن‎ on Sunday, 29 April 2018

Le journal Tishrin, propriété du gouvernement syrien, a cité ce qu’il a qualifié de « sources sur le terrain » en disant que l’attaque des positions militaires dans les provinces d’Alep et de Hama consistait en neuf missiles balistiques tirés à partir de bases américano-britanniques dans le nord de la Jordanie. Le rapport n’a pas pu être confirmé de manière indépendante.

Il n’y a pas eu non plus de réaction de la part d’Israël, qui confirme ou dément rarement ses attaques. Le cabinet de sécurité a tenu une réunion extraordinaire lundi après-midi.

L’attaque a eu lieu quelques heures après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a parlé au président américain Donald Trump au téléphone. La Maison Blanche a déclaré que les deux dirigeants ont discuté des menaces et des défis auxquels le Moyen-Orient est confronté, « notamment les problèmes posés par les activités déstabilisatrices du régime iranien ».

La veille, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a renforcé le discours de l’administration Trump contre l’Iran et a offert un soutien chaleureux à Israël et à l’Arabie saoudite dans leur lutte contre Téhéran.

« Nous restons profondément préoccupés par l’escalade dangereuse des menaces de l’Iran contre Israël et la région et l’ambition de l’Iran de dominer le Moyen-Orient demeure », a déclaré M. Pompeo après une réunion de près de deux heures avec M. Netanyahu.

« Les États-Unis sont aux côtés d’Israël dans ce combat », a-t-il ajouté lors de son premier voyage à l’étranger en tant que diplomate américain de premier plan.

Israël a cité les déclarations hostiles de l’Iran, le soutien aux groupes militants anti-israéliens et le développement de missiles à longue portée.

M. Trump a fixé au 12 mai la date limite pour décider de se retirer ou non de l’accord nucléaire iranien – ce qu’il semble pouvoir faire malgré les fortes pressions exercées par les Européens et d’autres parties.

Téhéran a envoyé des milliers de combattants soutenus par l’Iran pour soutenir les forces du président syrien Bashar el-Assad pendant les sept années de guerre civile du pays.

Images satellites de la base T-4 en Syrie avant et après une frappe aérienne le 9 avril (Capture d’écran/Dixième chaîne).

L’attaque survient dans un contexte de tensions croissantes entre l’Iran et Israël à la suite d’une frappe aérienne plus tôt ce mois-ci sur la base aérienne T4 en Syrie, dans la province centrale de Homs, qui a tué sept militaires iraniens. Téhéran s’est juré de riposter à cette attaque.

La Syrie, l’Iran et la Russie ont imputé cette attaque T4 à Israël. Israël ne l’a ni confirmé ni démenti.

Plus tôt lundi, la télévision syrienne a fait état d’une « nouvelle agression », avec des missiles ciblant des avant-postes militaires dans le nord de la Syrie. La télévision publique a rapporté que les missiles ciblé plusieurs positions militaires avant minuit, dimanche, dans la région de Hama et Alep.

Le quotidien libanais Al-Akhbar, considéré comme proche du Hezbollah soutenu par les Iraniens et du gouvernement syrien, a déclaré que l’attaque visait « d’importants dépôts d’armes utilisés par l’armée (syrienne) et les Gardiens de la Révolution iranienne ». Il a indiqué que les missiles utilisés dans l’attaque semblent avoir été des bunker buster.

Mohamad Rasheed, militant de l’opposition syrienne, a déclaré que la base qui a été attaquée se trouve à environ 10 kilomètres de la ville de Hama, ajoutant que la frappe aérienne a conduit à plusieurs explosions dans le dépôt d’armes. Il a ajouté que la région est connue sous le nom de Montagne Maarin ou Montagne 47.

M. Rasheed a déclaré que certains des missiles qui ont explosé dans le dépôt d’armes ont touché des quartiers de Hama, ajoutant que les habitants des zones proches de la base ont fui leurs maisons. Il a ajouté que la base était dirigée par des combattants iraniens et des combattants soutenus par l’Iran du Liban, de l’Irak, de l’Afghanistan et du Pakistan.

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