Les Gardiens de la Révolution iraniens saisissent un autre navire
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Les Gardiens de la Révolution iraniens saisissent un autre navire

Il s'agit de la deuxième saisie de ce genre depuis le début du mois ; ambiguïté de la politique américaine

Sur cette photo d'archives prise le 30 avril 2019, des militaires iraniens montent dans un bateau de patrouille alors qu'ils participent à la "Journée nationale du golfe Persique" dans le détroit d'Hormuz (Crédit : ATTA KENARE / AFP)
Sur cette photo d'archives prise le 30 avril 2019, des militaires iraniens montent dans un bateau de patrouille alors qu'ils participent à la "Journée nationale du golfe Persique" dans le détroit d'Hormuz (Crédit : ATTA KENARE / AFP)

Téhéran a saisi un navire qu’il soupçonne de contrebande de pétrole et arrêté son équipage de 11 membres près d’un important couloir de navigation pour pétroliers aux abords du détroit d’Ormuz, a annoncé lundi une chaîne de télévision d’Etat iranienne sur son site.

Une patrouille navale des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, a intercepté le navire qui transportait 250 000 litres de fioul, selon cette chaîne de télévision, qui cite un responsable des Gardiens.

« Ce bateau naviguait de Bandar Lengeh vers les eaux des Emirats arabes unis avant d’être saisi 20 miles (32 kilomètres) à l’est de l’île de la Grande Tomb », a dit le Brigadier général Ali Ozmayi.

« Les onze membres d’équipage du bateau ont été arrêtés », a-t-il ajouté, sans dire quand cela s’était produit et sans donner leur nationalité.

Il s’agit de la deuxième saisie de ce genre depuis le début du mois. Le 7 septembre, un bateau soupçonné de contrebande de carburant avait été saisi dans le détroit d’Ormuz et 12 membres de son équipage, des Philippins, avaient été arrêtés.

Ce dernier incident est intervenu alors que les tensions se sont de nouveau exacerbées entre l’Iran et le Etats-Unis

Les rebelles yéménites Houthis, soutenus par l’Iran et qui font face depuis 2015 à une coalition militaire menée par Ryad, ont revendiqué une attaque majeure sur deux installations pétrolières du géant saoudien Aramco, qui a réduit brutalement la production saoudienne.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo et le colonel de la coalition, Turki al-Maliki, ont accusé l’Iran d’être à l’origine de cette attaque. Téhéran a réfuté ces accusations.

Le président américain Donald Trump a affirmé dimanche que les Etats-Unis étaient « prêts à riposter » après cette attaque qui a réveillé la crainte d’une escalade militaire entre les deux pays.

En juin, il avait reculé à la dernière minute. Il y a trois mois, il avait renoncé, « 10 minutes avant la frappe », pour, selon ses dires, éviter une décision disproportionnée après l’attaque visant un drone dans laquelle aucun Américain n’avait perdu la vie.

Le locataire de la Maison Blanche souffle le chaud et le froid sur le dossier iranien, suscitant des interrogations sur sa stratégie sur ce dossier sensible.

L’équation est compliquée pour le milliardaire républicain qui a toujours moqué l’indécision de son prédécesseur démocrate.

A plusieurs reprises, M. Trump a affirmé que « le désastre syrien » serait terminé si Barack Obama avait fait respecter, en 2013, la ligne rouge qu’il avait lui-même tracée. Après avoir annoncé que les Etats-Unis étaient prêts à frapper des cibles du régime syrien après une attaque à l’arme chimique, il avait, à la stupeur générale, fait machine arrière.

Pour Ben Rhodes, ancien proche conseiller de Barack Obama, la séquence des dernières 48 heures montre d’abord que la stratégie de Donald Trump sur l’Iran – retrait de l’accord sur le nucléaire, « chèque en blanc aux Saoudiens pour leur guerre au Yémen » et « empilements de sanctions et de menaces » – est un échec.

« La politique catastrophique de Trump nous a placé, de manière prévisible, au bord d’une guerre encore plus vaste », a-t-il déploré dans un tweet, mettant en garde contre une intervention militaire américaine aux conséquences imprévisibles.

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