Les jets de pierre israéliens, « pas une réponse légitime » aux attentats – US
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Les jets de pierre israéliens, « pas une réponse légitime » aux attentats – US

Pour l'envoyé américain Greenblatt, si le terrorisme palestinien est "inadmissible", il ne justifie pas les agressions juives qui peuvent "tuer des innocents"

L'envoyé spécial des États-Unis, Jason Greenblatt, assiste à une conférence de presse concernant l'accord sur l'eau entre Israël et l'Autorité palestinienne, le 13 juillet 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)
L'envoyé spécial des États-Unis, Jason Greenblatt, assiste à une conférence de presse concernant l'accord sur l'eau entre Israël et l'Autorité palestinienne, le 13 juillet 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

L’envoyé pour la paix au Moyen-Orient du président Donald Trump, Jason Greenblatt, a condamné vendredi soir les attaques menées par des habitants d’implantations contre des Palestiniens de Cisjordanie en réponse aux attentats terroristes.

« Les récents attentats terroristes palestiniens sont inadmissibles. Mais jeter des pierres sur des véhicules qui n’ont rien à voir avec ces derniers n’est PAS une réponse légitime. Des innocents peuvent être tués », a écrit Greenblatt sur Twitter.

Au mois d’octobre, une Palestinienne avait été tuée par une pierre qui avait traversé le pare-brise de la voiture dans laquelle elle circulait, une attaque qui, selon les responsables israéliens de la sécurité, aurait été commise par les habitants d’implantations.

Les propos de Greenblatt ont été tenus après plusieurs incidents de jets de pierre lancés contre des voitures palestiniennes à travers toute la Cisjordanie.

Jeudi soir, des douzaines de jeunes habitants d’implantations ont entraîné des émeutes sur le site d’un attentat terroriste meurtrier dans le centre de la Cisjordanie, ont fait savoir des activistes des droits de l’Homme et des informations palestiniennes. Un certain nombre d’incidents impliquant des jets de pierre ont également été rapportés jeudi dans toute la Cisjordanie.

Vendredi, la police a ouvert une enquête suite à la violente agression d’un chauffeur de bus arabe par deux Israéliens au sein de l’implantation ultra-orthodoxe de Modiin Illit.

Le chauffeur, Nidal Fakih, originaire du camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem-Est, a expliqué aux autorités qu’il faisait descendre des passagers dans cette ville du centre de la Cisjordanie quand une voiture est arrivée devant son bus et a bloqué la route.

Deux jeunes sont sortis du véhicule. Ils sont montés dans le bus et ont commencé à parler à Fakih. Lorsqu’ils ont réalisé qu’il était Palestinien, ils l’ont frappé.

Un chauffeur de bus palestinien brutalement agressé par des passagers israéliens dans l’implantation de Modiin Illit le 13 décembre 2018. (Crédit : autorisation)

Des images prises peu après l’agression montrent Fakih blessé et saignant abondamment de l’oeil gauche, tout en étant incapable de bouger de son siège.

La police doit encore interpeller les agresseurs qui auraient agi pour un mobile nationaliste.

La compagnie de bus Kavim, qui opère à Moddin Illit, a déclaré dans un communiqué publié vendredi qu’une partie de ses chauffeurs allait faire grève en réponse aux agressions subies de la part des habitants d’implantations.

« L’entreprise ne tolérera aucune forme de violence contre ses employés, et poursuivra en justice toute personne qui commet de tels actes de violence », a déclaré Kavim dans un communiqué.

Il y a eu ces derniers jours une recrudescence d’attaques palestiniennes en Cisjordanie.

Jeudi, deux soldats israéliens ont été tués à proximité de l’avant-poste illégal de Givat Assaf, tandis qu’un troisième soldat a été grièvement blessé et une femme civile sérieusement touchée. L’armée a lancé une chasse à l’homme pour traquer les terroristes.

Jeudi également, la police des frontières a tué par balle un Palestinien dans la Vieille Ville de Jérusalem qui a poignardé deux officiers et les a légèrement blessés. L’armée a déclaré qu’un autre Palestinien âgé de 58 ans avait tenté de foncer avec sa voiture sur des soldats dans la ville d’el-Bireh, à l’extérieur de Ramallah, avant d’être abattu par les militaires. La famille de l’homme dément qu’il ait essayé délibérément de frapper les soldats et les militaires enquêtent sur la possibilité d’un accident.

Les soldats israéliens à Ramallah, le 15 décembre 2018 (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)

Vendredi, un attaquant palestinien a poignardé un soldat et lui a frappé la tête à l’aide d’une pierre, le blessant grièvement, à un poste militaire situé aux abords de l’implantation de Beit El. Il a fui les lieux de l’attentat.

Ces attaques ont suivi une fusillade commise dimanche dernier au cours de laquelle des terroristes palestiniens ont ouvert le feu vers un groupe d’Israéliens qui se tenaient aux abords d’Ofra, en Cisjordanie. L’attaque a fait treize blessés, notamment une femme enceinte de 30 semaines dont l’enfant est né prématurément et est mort trois jours plus tard.

Des attaques qui avaient été condamnées au préalable par Greenblatt sur son compte Twitter.

Jacob Magid et Juda Ari Gross ont contribué à cet article.

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