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Les Juifs de Kiev célèbrent Rosh HaShana à l’ombre de l’invasion russe

Bougies et prières ont été décalées pour célébrer le Nouvel An juif en respectant le couvre-feu. Le Premier ministre salue la contribution de la communauté à l'effort de guerre

Le grand rabbin de Kiev, Jonathan Markovich, à gauche, remet un colis de Rosh Hashana à un membre de la communauté juive locale. (Crédit : Autorisation)
Le grand rabbin de Kiev, Jonathan Markovich, à gauche, remet un colis de Rosh Hashana à un membre de la communauté juive locale. (Crédit : Autorisation)

Les membres de la communauté juive ukrainienne restés à Kiev ont célébré Rosh HaShana cette semaine en organisant plusieurs événements communautaires et privés, accueillant ainsi la nouvelle année juive malgré la menace des attaques russes.

L’allumage des bougies et les heures de prière du soir ont été avancées pour permettre aux membres de la communauté d’assister aux services et aux repas de fête tout en respectant le couvre-feu très strict de 23 heures en vigueur dans la capitale.

La cérémonie principale organisée par la ville pour célébrer la nouvelle année a réuni des responsables politiques et militaires ukrainiens, ainsi que des représentants diplomatiques d’Israël, d’Autriche, du Royaume-Uni et d’autres pays, pour un repas festif dimanche soir, veille de Rosh haShana, selon un communiqué.

Des soldats ukrainiens sont également revenus du front pour célébrer la fête dans la ville.

Le Premier ministre ukrainien Denis Shmyhal a souhaité une bonne fête au grand rabbin de Kiev, Jonathan Markovitch, émissaire de Habad, depuis l’Assemblée générale des Nations unies à New York.

Il a également envoyé une lettre lundi pour remercier les Juifs du pays pour leur participation à l’effort de guerre, selon le communiqué.

Plusieurs autres repas communautaires plus modestes ont également eu lieu, et des colis ont été envoyés aux personnes âgées et aux nécessiteux de la communauté afin de leur fournir des provisions pour célébrer la fête.

Des fidèles juifs célèbrent Rosh Hashana à Kiev, le 25 septembre 2022. (Crédit : Autorisation)

Selon Markovitch, la plupart des Juifs qui sont restés dans la ville depuis le début du conflit sont âgés et dans le besoin.

« Cette année, la prière de tous les Juifs d’Ukraine et d’ailleurs est que la guerre prenne fin et que la paix et la tranquillité reviennent en Ukraine », a-t-il déclaré lors de l’événement d’ouverture de la fête.

« Malgré la situation, nous avons été heureux de voir les nombreux fidèles qui n’ont pas renoncé et sont venus à la synagogue », a-t-il ajouté.

La Russie a envahi l’Ukraine à la fin du mois de février et a tenté dans un premier temps d’envahir Kiev. Si les forces se sont retirées des faubourgs de la ville en avril, l’état d’alerte est néanmoins resté élevé face aux attaques aériennes russes.

La communauté juive de Kiev est vieille de mille ans ; les Juifs représentaient plus d’un quart de la population de la ville avant la Shoah. Depuis l’indépendance de l’Ukraine, une partie importante de la population juive de la ville a émigré en Israël.

À la veille de l’invasion russe, Kiev comptait environ 18 000 Juifs, soit 1 % de la population de la ville. Si des centaines d’entre eux ont fui la ville, une partie importante est restée pour combattre les envahisseurs russes, encouragée par le président juif du pays, Volodymyr Zelensky.

Des immigrants ukrainiens, rescapés des combats en Ukraine, arrivent à l’aéroport Ben Gurion, le 17 mars 2022. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Beaucoup ont par ailleurs choisi d’émigrer en Israël. En date du 20 septembre, 13 000 Juifs ukrainiens – ainsi que 24 000 Juifs russes et un peu plus de 1 000 Biélorusses – avaient immigré en Israël depuis le début de 2022 en vertu de la Loi du retour.

Près de 38 500 réfugiés ukrainiens ne remplissant pas les conditions pour obtenir la citoyenneté israélienne sont également venus en Israël.

À Ouman, à environ 210 kilomètres au sud de Kiev, des dizaines de milliers de pèlerins juifs ont marqué la nouvelle année près du lieu de sépulture du rabbin Nachman de Breslev, malgré les avertissements des gouvernements israélien, russe, ukrainien et américain.

Si le gouvernement russe a nié avoir l’intention d’attaquer délibérément la ville pour nuire aux pèlerins, il a également déclaré qu’il ne pouvait garantir leur sécurité. Le gouvernement israélien a également averti qu’il ne serait pas en mesure de protéger ses citoyens s’ils étaient pris dans un échange de tirs pendant les jours de fête.

La ville d’Ouman est relativement éloignée des lignes de front dans l’est et le sud de l’Ukraine, mais elle est à portée des missiles russes et a déjà été frappée. La ville a été durement touchée par les missiles russes au cours des premières semaines de la guerre, et le mois dernier, un civil a été tué par un missile russe dans le district.

Carrie Keller-Lynn a contribué à cet article.

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