Les leaders des centres juifs américains demandent à Sessions un partenariat « plus fort »
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Les leaders des centres juifs américains demandent à Sessions un partenariat « plus fort »

Après une nouvelle série d'alertes à la bombe, 141 dirigeants communautaires ont envoyé une lettre au ministre de la Justice pour que davantage d'actions soient entreprises dans la lutte contre l'antisémitisme

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le sénateur Jeff Sessions pendant la campagne électorale de Donald Trump, le 31 août 2016. (Crédit : Gage Skidmore/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)
Le sénateur Jeff Sessions pendant la campagne électorale de Donald Trump, le 31 août 2016. (Crédit : Gage Skidmore/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)

WASHINGTON — Dans un contexte d’incidents antisémites qui se multiplient à un rythme soutenu à travers les Etats-Unis, 141 dirigeants de centres communautaires juifs de tout le pays ont envoyé mercredi une lettre ouverte au ministre de la Justice Jeff Sessions, lui demandant d’avantages d’actions pour dissuader ces menaces.

« Nous éprouvons de la frustration face au manque de progrès dans cette situation, lit-on dans la lettre. Nous insistons sur le fait que toutes les agences fédérales concernées – dont la vôtre – doivent mettre en application toutes les ressources disponibles pour identifier et amener le ou les auteurs – qui s’efforcent d’instiller l’anxiété et la peur au sein des communautés – devant la justice. »

Depuis le mois de janvier, plus de 100 centres juifs et autres institutions ont reçu des alertes à la bombe à l’occasion de six séries d’incidents similaires, amenant certains parents à retirer leurs enfants de ces centres. Plusieurs cimetières juifs ont également été vandalisés.

La lettre, orchestrée par l’Association des centres communautaires juifs d’Amérique du Nord, demande au Procureur général de la nation une rencontre afin d’évoquer des « démarches spécifiques pour dissuader les menaces, évaluer les besoins sécuritaires et obtenir justice ».

Tout en saluant le travail des forces de l’ordre locales qui représentent des « phares de réactivité et de professionnalisme alors que nos communautés ont subi des dizaines de menaces antisémites », les signataires indiquent attendre du ministère de la Justice de Sessions qu’il soit également à la hauteur.

Elèves et employés d'une école juive rentrent dans les locaux après une évacuation pour une menace à la bombe à Davie, en Floride, le 27 février 2017. (Crédit : capture d'écran Twitter/Erica Rakow)
Elèves et employés d’une école juive rentrent dans les locaux après une évacuation suite à une menace à la bombe à Davie, en Floride, le 27 février 2017. (Crédit : capture d’écran Twitter/Erica Rakow)

« Nous demandons respectueusement aux agences fédérales, dont la vôtre, d’agir de la même façon », a indiqué la lettre, ajoutant que le département doit « traiter ce dossier avec l’urgence qu’il mérite ».

Cette lettre survient vingt-quatre heures après que le Sénat américain dans sa totalité a envoyé une missive non seulement à Sessions mais également au Département de la sécurité intérieure John Kelly et au directeur du FBI James Comey, demandant que plus d’actions soient entreprises face à ce problème.

Le président Donald Trump a dénoncé les agressions antisémites lors de son discours inaugural au Congrès il y a une semaine, commençant son allocution sur ce phénomène qui, a-t-il dit, est un « rappel du chemin parcouru par notre nation vers les droits civils et de tout ce qui reste à accomplir ».

« Les menaces récentes visant les centres communautaires juifs et les actes de vandalisme dans les cimetières juifs ainsi que la fusillade, la semaine dernière, à Kansas City nous rappellent que, si nous pouvons être une nation divisée sur la politique, nous sommes un pays uni pour condamner la haine et le mal sous toutes leurs formes », a-t-il ajouté.

Le président américain Donald J. Trump pendant son premier discours devant le Congrès, à la Chambre des représentants, à Washington, D.C., le 28 février 2017. (Crédit : Jim Lo Scalzo/Pool/AFP)
Le président américain Donald J. Trump pendant son premier discours devant le Congrès, à la Chambre des représentants, à Washington, D.C., le 28 février 2017. (Crédit : Jim Lo Scalzo/Pool/AFP)

Cette condamnation est survenue après que des dirigeants juifs ont dénoncé son hésitation apparente à s’exprimer sans équivoque contre l’antisémitisme, alors qu’il s’était montré plus agressif au cours de sa campagne et lors de son accession à la Maison Blanche.

De nombreuses associations et des législateurs ont demandé à ce que des actions tangibles soient décidées pour contrer la recrudescence des crimes de haine anti-juifs, dont le groupe de travail bipartisan pour la lutte contre l’antisémitisme de la Chambre des représentants.

Ce groupe voudrait que la Maison Blanche établisse un mécanisme sous la direction de Sessions pour coordonner « la détection inter-agence » afin de répondre aux incidents antisémites avec le FBI, les départements de la sécurité intérieure, de l’Education et de l’Etat, ainsi que le directeur des Renseignements.

Les dirigeants des centres communautaires juifs n’ont recommandé aucune proposition politique spécifique pour gérer plus efficacement la question, mais ils ont clairement affirmé attendre un effort plus déterminé pour déjouer la vague croissante d’incidents antisémites.

« Les centres communautaires juifs ont affiché une résilience incroyable au cours des dernières semaines, s’appuyant sur des mesures pratiquées depuis longtemps pour servir les communautés du continent de manière sûre et efficace », a indiqué Doron Krakow, président et directeur général de l’Association des centres communautaires juifs d’Amérique du Nord.

« Nous ne permettrons pas à l’antisémitisme de nous empêcher d’assurer nos programmes, et nous recommandons vivement au Procureur général Sessions de devenir un partenaire plus fort. »

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