Les ministres fustigent Abbas, l’accusent de déformer l’histoire
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Les ministres fustigent Abbas, l’accusent de déformer l’histoire

"Dr. Abbas et M. Abou Mazen, nous savons tous qui vous êtes", a dit le ministre de la Défense ; dans l'opposition, Lapid dénonce le nombre exorbitant de réfugiés palestiniens

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devant le Conseil de sécurité de l'ONU, le 20 février 2018 (Crédit : AFP Photo/Timothy A. Clary)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devant le Conseil de sécurité de l'ONU, le 20 février 2018 (Crédit : AFP Photo/Timothy A. Clary)

Les responsables politiques israéliens ont condamné le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pour son discours prononcé mardi devant le Conseil de sécurité des Nations unies, l’accusant de « menteur », de falsificateur d’histoire et de duplicité.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman, chef de la coalition Yisrael Beytenu, a fait allusion au Dr Jekyll et à M. Hyde dans sa condamnation du discours d’Abbas.

« Nous nous sommes engagés à promouvoir une culture de la paix et à rejeter la violence », a déclaré Abbas, ajoutant qu’il intensifierait ses efforts pour obtenir la pleine reconnaissance de l’ONU.

« Dr Abbas et M. Abu Mazen, nous savons tous qui vous êtes », a répondu Liberman sur Twitter. « D’un côté, vous payez des salaires aux terroristes qui frappent Israël et leurs familles, et de l’autre, vous demandez la reconnaissance des Nations unies. »

Le ministre de l’Education Naftali Bennett, (HaBayit HaYehudi) quant à lui, a accusé Abbas de falsifier l’histoire des Palestiniens.

Dans son discours, Abbas avait déclaré : « Nous sommes les descendants des Cananéens qui vivaient en Palestine il y a 5 000 ans et qui y sont restés jusqu’à ce jour. »

« Une nation qui invente son passé n’a pas d’avenir, a dit Bennett. Les ancêtres des Palestiniens ont peut-être existé il y a 5 000 ans, mais plus au sud, sur la péninsule arabe. Je suggère à Abbas de ne pas se concentrer sur la construction d’un passé imaginaire, mais plutôt sur la construction d’un futur réaliste. »

Dans l’opposition, Yair Lapid, chef de Yesh Atid, a accusé Abbas d’avoir fait exploser le nombre de réfugiés palestiniens, qu’il a estimé à 6 millions, sur un total de 13 millions de Palestiniens.

« Six millions de réfugiés palestiniens continuent de souffrir de la cruauté de l’exil et de la perte de leur droit à la sécurité des personnes. Ils continuent à errer dans le monde après la perte de leurs vies paisibles et stables dans leur patrie », a dit Abbas.

« Ils font partie des 13 millions de Palestiniens dont le pays n’a pas encore été reconnu comme état membre à part entière des Nations Unies, malgré les nombreuses résolutions réaffirmant leur droit à l’auto-détermination et au statut d’état sur leur territoire national ».

« Les propos d’Abou Mazen [Abbas] sur les réfugiés à l’ONU sont un mensonge éhonté », a écrit Lapid sur Twitter. « Il n’est pas normal que le monde permette aux Palestiniens d’être les seuls au monde dont le statut de réfugié est transmis en héritage. » [L’ONU a instauré cette définition uniquement pour les Palestiniens, c’est-à-dire que les enfants d’un réfugié palestinien sont considérés comme des réfugiés, ce qui n’est pas appliqué par l’ONU aux autres peuples.]

« Il n’y a pas des millions de réfugiés palestiniens et il n’y en a jamais eu. Israël n’acceptera jamais le ‘droit au retour’ « , a ajouté Lapid.

Cependant, tous les politiciens israéliens n’ont pas critiqué le discours. Zehava Galon, présidente du parti de gauche Meretz, a salué la suggestion d’Abbas d’organiser une conférence de paix internationale, mais a déclaré que le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne serait pas en mesure de parvenir à un accord.

« Dans toute autre situation, je dirais que la proposition de Mahmoud Abbas d’organiser une conférence de paix internationale est une bonne idée, mais le Premier ministre israélien est une personne qui n’a pas le mandat pour rendre les territoires », a indiqué Galon sur Twitter. « Mais c’est toujours amusant de voir l’ambassadeur [d’Israël] Danon accuser Abbas de refuser la paix, une semaine après que Netanyahu a annoncé qu’il travaillait à annexer les territoires. »

Dans son discours, Abbas a appelé à la mise en place d’un « dispositif international multilatéral » pour ouvrir la voie à un état palestinien, tout en accusant Israël et les États-Unis d’entraver les efforts de paix.

« Pour résoudre la question palestinienne, il est essentiel de mettre en place un dispositif international multilatéral issu d’une conférence internationale », a déclaré le président de l’AP, ajoutant qu’il prévoyait un sommet à la mi-2018.

Le leader de l’Autorité palestinienne a immédiatement quitté la salle du conseil après son discours, laissant l’ambassadeur d’Israël Danny Danon lui reprocher de « fuir » de nouveau le dialogue.

« Vous avez clairement démontré, avec vos paroles et vos actions, que vous ne faites plus partie de la solution. Vous êtes le problème », a dit Danon.

L’AFP a contribué à cet article.

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