Israël en guerre - Jour 289

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Les négociations semblant bloquées, Israël prévoit une incursion à Rafah en avril ou mai

Selon un journal pro-Hezbollah, l'offensive aura lieu après le Ramadan et durera 4 à 8 semaines ; Israël s'engage à informer Le Caire avant toute opération visant "Philadelphie"

Des Palestiniens examinent les décombres de bâtiments détruits par des frappes israéliennes à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 27 mars 2024. (Crédit : MOHAMMED ABED / AFP)
Des Palestiniens examinent les décombres de bâtiments détruits par des frappes israéliennes à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 27 mars 2024. (Crédit : MOHAMMED ABED / AFP)

Après ce qui semble être un échec dans le dernier cycle de négociations au Qatar, Israël semble peu disposé à faire de nouvelles concessions au groupe terroriste palestinien du Hamas et se prépare à lancer une opération terrestre à Rafah, a rapporté mercredi un quotidien libanais.

Le journal Al-Akhbar, pro-Hezbollah, a cité des sources égyptiennes qui auraient été en contact avec des responsables de l’armée israélienne. Il a précisé que l’offensive prévue aurait lieu après l’Aïd al-Fitr – la fête de trois jours qui suit le Ramadan et qui se termine vers le 12 avril – ou au plus tard au début du mois de mai.

L’incursion terrestre dans le dernier bastion du Hamas dans la bande de Gaza devrait durer entre quatre et huit semaines, selon les sources, et serait accompagnée d’une évacuation de la population civile réfugiée à Rafah, soit environ 1,5 million de personnes, vers le centre de la bande de Gaza, selon des itinéraires et à des moments précis, annoncés à l’avance aux civils de chaque quartier de la ville.

L’évacuation massive serait surveillée depuis le sol et les airs afin de s’assurer qu’aucun combattant du Hamas ou otage israélien ne se trouve caché parmi les civils gazaouis, ont indiqué les responsables égyptiens.

Il reste quatre bataillons du Hamas à Rafah. Les dirigeants du Hamas et au moins une partie des otages – 130 des personnes enlevées le 7 octobre se trouvent toujours à Gaza, mais elles ne sont pas toutes en vie – se trouveraient également dans la ville frontalière avec l’Égypte.

Le Caire aurait exprimé ses vives réserves quant à une opération de Tsahal dans la zone de Rafah, notant qu’elle risquait d’entraîner une nouvelle escalade non seulement à Gaza, mais dans toute la région, selon Al-Akhbar.

Des Palestiniens déplacés à côté de tentes dans le camp d’Al-Shaboura, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 26 mars 2024. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Israël se serait engagé à prévenir les Égyptiens à l’avance de toute incursion de Tsahal dans le corridor dit de Philadelphie, qui s’étend à l’ouest de Rafah, le long de la frontière entre Gaza et l’Égypte.

Le journal libanais a également rapporté que le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi aurait rejeté une demande du Premier ministre Benjamin Netanyahu de disposer d’une ligne directe pour rester en contact.

Le journal a par ailleurs indiqué que des négociations étaient en cours sous les auspices des Émirats pour faire parvenir des médicaments aux otages israéliens en échange de l’autorisation de faire entrer une importante quantité d’aide médicale dans la bande de Gaza.

L’ecart entre Netanyahu et l’administration Biden s’est creusé au sujet de l’eventualité d’une operation terrestre a Rafah.

Le département d’État américain a déclaré mardi que le secrétaire d’État Antony Blinken avait souligné, lors d’une réunion à Washington avec le ministre de la Défense Yoav Gallant, qu’il existait d’autres solutions qu’une invasion terrestre de Rafah, qui permettraient à la fois de mieux garantir la sécurité d’Israël et de protéger les civils palestiniens.

Le projet d’envoyer une délégation israélienne de haut niveau à Washington pour discuter d’une offensive à Rafah a été abandonné par Netanyahu après que les États-Unis se sont abstenus lors du vote au Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution appelant à un cessez-le-feu à Gaza, permettant ainsi qu’elle soit adoptée.

Des manifestants sont assis dans des cages pour représenter la captivité des otages israéliens de Gaza, à Tel Aviv, le 26 mars 2024. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Combats à al-Shifa

Pendant ce temps, Tsahal a déclaré mercredi que son raid sur l’hôpital al-Shifa de la ville de Gaza se poursuivait, l’armée affirmant que les troupes avaient tué des dizaines d’hommes armés et capturé des armes au cours de la journée écoulée.

Des centaines de membres du Hamas et du Jihad islamique palestinien ont été capturés jusqu’à présent dans le cadre de l’opération à al-Shifa, qui a commencé tôt le 18 mars, selon Tsahal. Israël a déclaré que, parmi les personnes arrêtées à Shifa, figuraient plusieurs hauts commandants « très importants » du Hamas et du Jihad islamique palestinien.

Un responsable israélien a confié au Times of Israel que la maternité de l’hôpital al-Shifa aurait été utilisée comme quartier général de la propagande du Hamas. Tsahal devrait publier des photos de la maternité pour étayer ses dires. L’armée a indiqué lundi que des terroristes du Hamas avaient tiré sur les troupes depuis la maternité, ainsi que depuis d’autres locaux médicaux situés dans la zone de combat entre l’hôpital et la ville.

Le droit international stipule que si un établissement médical est un site protégé en cas de conflit, il perd ce statut s’il est utilisé à des fins militaires. Israël a fourni des preuves que le Hamas utilisait ces installations comme couverture à des fins terroristes et a affirmé que le groupe pillait l’aide humanitaire pour approvisionner ses combattants, privant ainsi la population civile.

Des troupes du commando Shayetet 13 de la marine opèrent à l’hôpital al-Shifa de la ville de Gaza, dans une image transmise par l’armée le 25 mars 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Les résidents vivant à proximité du centre hospitalier ont dit avoir entendu des explosions à l’intérieur et autour de al-Shifa et vu des lignes de fumée s’échapper des bâtiments à l’intérieur de l’établissement médical.

« Une zone de guerre, voilà à quoi cela ressemble dans et autour d’al-Shifa », a déclaré Mohammad Jamal, 25 ans, qui vit à moins d’un kilomètre de l’hôpital.

« Les explosions ne s’arrêtent jamais, nous voyons des lignes de fumée venant de l’intérieur, personne ne bouge, même dans les rues situées à des centaines de mètres, à cause des tireurs d’élite israéliens postés sur les toits des bâtiments », a-t-il ajouté.

Le ministère de la Santé, dirigé par le Hamas, a indiqué que des chars et des véhicules blindés israéliens s’étaient également massés autour de l’hôpital Nasser, ajoutant que des coups de feu avaient été tirés mais qu’aucun raid n’avait été lancé.

Tunnels et bâtiments du Hamas visés

Dans le sud de la bande de Gaza, Tsahal a déclaré que d’autres membres du Hamas avaient été tués au cours d’opérations menées mardi à al-Qarara, au sud de Gaza, et dans le quartier d’al-Amal à Khan Younès, où les troupes ont également découvert des caches d’armes.

L’armée de l’air israélienne a également ciblé des dizaines de sites dans la bande de Gaza, en grande partie pour soutenir les forces manœuvrant sur le terrain, a précisé Tsahal.

Tsahal a indiqué que ces sites comprenaient des tunnels et des bâtiments utilisés par les terroristes du Hamas, ainsi que d’autres infrastructures.

Les troupes opèrent à Gaza dans une image de l’armée non datée publiée le 27 mars 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Dans le centre de Gaza, Tsahal a fait savoir que la brigade Nahal avait éliminé plusieurs terroristes au cours de la journée écoulée, avec le renfort de frappes aériennes.

Tsahal a également publié des images montrant une récente frappe aérienne sur ce qu’elle a déclaré être un membre d’un groupe terroriste surveillant les troupes dans le sud de Gaza, à Khan Younès.

Selon Tsahal, le terroriste transmettait des informations sur l’emplacement des troupes à d’autres membres du groupe au moyen d’un téléphone. L’agent a été repéré par la brigade Givati, qui a lancé l’attaque de drone contre lui, le tuant.

Par ailleurs, le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a déclaré que 76 Palestiniens avaient été tués au cours des dernières 24 heures, portant à 32 490 le nombre de morts depuis le 7 octobre. Ces chiffres ne peuvent être vérifiés et ne font pas la distinction entre terroristes et civils.

Alors que la crise humanitaire s’aggrave à Gaza, quelque 25 camions transportant de l’aide humanitaire ont atteint le nord de la bande de Gaza dans la nuit, soit une forte augmentation par rapport aux sept camions arrivés la nuit précédente, a indiqué un responsable israélien. Aucun pillage n’a été signalé ces deux nuits.

Les camions entrent par le Crossing 96, une nouvelle porte d’entrée dans l’enclave installée à côté du kibboutz Beeri. Ils entrent après avoir été préalablement contrôlés au checkpoint de Kerem Shalom.

Les Nations unies (ONU) ont à plusieurs reprises mis en garde contre la famine dans le territoire palestinien, en particulier dans le nord, qui a été en grande partie coupé de tout approvisionnement d’aide pendant les combats.

Israël attribue toutefois la précarité de la situation humanitaire à l’incapacité des agences d’aide à distribuer des fournitures, ainsi qu’au Hamas et aux groupes armés qui pillent les camions qui entrent dans la bande de Gaza.

La guerre a éclaté le 7 octobre lorsque des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont déferlé sur Israël par voie aérienne, terrestre et maritime, tuant près de 1 200 personnes et en enlevant 253 autres qu’ils ont emmenées dans la bande de Gaza.

Le New York Times a publié mardi une interview d’Amit Soussana, la première Israélienne à s’exprimer publiquement sur les abus sexuels qu’elle a subis alors qu’elle était retenue en otage à Gaza.

Soussana, une avocate de 40 ans enlevée à son domicile au kibboutz Kfar Aza le 7 octobre et libérée en novembre, a déclaré avoir été agressée sexuellement sous la menace d’une arme par son garde à l’intérieur de Gaza, et avoir été battue à plusieurs reprises.

Amit Soussana parle aux journalistes au kibboutz Kfar Aza le 29 janvier 2024. (Crédit : Paulina Patimer/Hostages and Missing Families Forum)

Début mars, les Nations unies ont publié un rapport admettant que des viols – parfois collectifs – avaient manifestement eu lieu lors de l’attaque terroriste du Hamas, le 7 octobre, ajoutant qu’il y avait des preuves « claires et convaincantes » de viols commis sur d’ex-otages lors de leur détention, et que les otages encore à Gaza étaient toujours confrontés à de tels abus.

Soussana s’est entretenue avec l’enquêtrice de l’ONU qui a publié le rapport lors de la visite en Israël de cette dernière à la fin du mois de janvier.

Le porte-parole de Tsahal, Daniel Hagari, a déclaré que les sévices infligés à Soussana « sont un signal d’alarme au monde entier, pour qu’il agisse. Il faut faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire pression sur le Hamas pour qu’il libère nos otages. Pour que nos otages rentrent chez eux ».

Le Hamas a rejeté la dernière offre d’Israël dans le cadre des pourparlers sur la libération des otages et la trêve, et Jérusalem a rappelé mardi son équipe de négociation du Qatar. Malgré cela, plusieurs médias ont rapporté qu’une petite équipe du Mossad était restée au Qatar pour poursuivre les négociations. Le bureau du Premier ministre n’a pas voulu commenter ces informations.

Lazar Berman a contribué à cet article.

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