Les Palestiniennes veulent aussi lancer des pierres et des cocktails Molotov
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Les Palestiniennes veulent aussi lancer des pierres et des cocktails Molotov

"La patrie n'appartient pas qu'aux garçons !" Le visage couvert du keffieh, les filles palestiniennes ont décidé de se mêler aux violences

Une jeune femme palestinienne jette des pierres vers les forces de sécurité israéliennes lors d'affrontements dans la ville d'Hébron en Cisjordanie, le 7 octobre 2015. (Crédit : AFP PHOTO / HAZEM BADER
Une jeune femme palestinienne jette des pierres vers les forces de sécurité israéliennes lors d'affrontements dans la ville d'Hébron en Cisjordanie, le 7 octobre 2015. (Crédit : AFP PHOTO / HAZEM BADER

« On constitue la moitié de la société, on a aussi le droit de défendre notre pays », lance une étudiante, dont seuls les yeux maquillés dépassent du foulard à carreaux noirs et blancs, au milieu de heurts avec les militaires à un check-point à la sortie de Ramallah.

Cette Palestinienne de 18 ans qui porte un petit haut de mousseline rose, serre dans sa main aux ongles polis et vernis des cailloux ramassés en bord de route.

« On a 18 ans, on est majeures, on n’a plus peur maintenant », lance-t-elle, se refusant à donner son nom ou à se faire photographier.

« Si mes parents savaient que je suis là… », renchérit une autre, dont les longs cheveux dépassent du keffieh qui masque son visage, en passant son pouce sous son cou, mimant le geste d’un égorgement.

Même si sa famille n’approuve pas, pour elle, c’est « une question de conscience: si tout le monde a peur, personne ne va se sacrifier pour la patrie ».

Une jeune femme palestinienne de l'Université de Birzeit tient des pierres lors d'affrontements avec les forces de sécurité israéliennes à Beit El, à la périphérie de la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 7 octobre, 2015. (Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI
Une jeune femme palestinienne de l’Université de Birzeit tient des pierres lors d’affrontements avec les forces de sécurité israéliennes à Beit El, à la périphérie de la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 7 octobre, 2015. (Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI

Une patrie où « personne n’est en sécurité : les colons sont partout et nous attaquent », lance une autre manifestante, vêtue d’une longue robe en jeans bleue.

Absente aux premiers jours des violences, de plus en plus de filles se joignent aux garçons dans leur « lutte contre l’occupation israélienne » dans les villes de la Cisjordanie.

Ces filles assurent vouloir en finir avec le « harcèlement » des résidents d’implantations, les check-points et Israël, qu’elles appellent « l’occupant ». Pour cela il faut que « l’intifada continue parce que cela fait longtemps qu’on a arrêté d’écouter le président » [de l’Autorité palestinienne] Mahmoud Abbas, explique une étudiante en première année de littérature.

« Il nous avait promis une bombe lors de son dernier discours et on n’a toujours rien vu », dit cette jeune fille au visage également couvert.

« La décision revient au peuple, moi je ne crois pas aux négociations », affirme, plus loin, une étudiante en comptabilité de 18 ans.

Au même moment, une grenade assourdissante tirée par les soldats israéliens atterrit dans un sifflement, précipitant son départ et celui de ses amies.

Comme une volée d’oiseaux, elles se replient mais un peu plus loin, d’autres filles passent à l’action : cocktails Molotov ou pierres en main, elles montent en première ligne avec des garçons pour les lancer contre les soldats israéliens.

Lors des funérailles des Palestiniens, les filles sont aussi là.

Une jeune femme palestinienne jette des pierres vers les forces de sécurité israéliennes lors d'affrontements dans la ville d'Hébron en Cisjordanie, le 7 octobre 2015. (Crédit : AFP PHOTO / HAZEM BADER
Une jeune femme palestinienne jette des pierres vers les forces de sécurité israéliennes lors d’affrontements dans la ville d’Hébron en Cisjordanie, le 7 octobre 2015. (Crédit : AFP PHOTO / HAZEM BADER

Keffieh sur les épaules, habillées de robes traditionnelles palestiniennes brodées de rouge ou de pantalons slim dernier cri, elles scandent « Vers Jérusalem, nous fonçons, martyrs par millions », ou encore « Unité nationale : Fatah, Hamas, Front populaire », du nom des différents mouvements palestiniens, le groupe terroriste du Hamas au pouvoir à Gaza.

Car dans les rassemblements des syndicats étudiants ou quand il s’agit d’aller manifester, les filles sont aussi là en nombre, au nom de tous les partis.

A l’université de Bir Zeit près de Ramallah, elles sont plus nombreuses que les garçons — qui eux s’époumonent dans les micros et posent en premier plan, écharpes des différents mouvements palestiniens autour du cou.

D’autres filles sont allées plus loin encore et publient sur Facebook avant de passer à l’acte que le lendemain elles seront des « shahid », [martyres]. L’une d’elle a été jusqu’à poignarder un juif israélien dans la Vieille ville de Jérusalem.

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