Les Palestiniens en quête de soutien, et le monde arabe se rapproche d’Israël
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Les Palestiniens en quête de soutien, et le monde arabe se rapproche d’Israël

L'AP sollicite la Ligue arabe et l'OCI alors que le président tchadien se rend à Jérusalem dans un contexte de dégel des relations avec Bahreïn et l'Arabie saoudite

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est accueilli par le sultan Qaboos bin Said à Oman, le 26 octobre 2018 (Crédit : autorisation)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est accueilli par le sultan Qaboos bin Said à Oman, le 26 octobre 2018 (Crédit : autorisation)

Le dégel des relations d’Israël avec divers pays arabes et musulmans du Moyen Orient et d’Afrique amènerait les responsables de l’Autorité palestinienne (AP) à se démener, craignant que l’appui à leur cause ne s’estompe chez les alliés.

Nabil Shaath, principal conseiller du président de l’AP Mahmoud Abbas, a déclaré au quotidien Haaretz lundi que Ramallah cherche à convoquer des sessions d’urgence de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), car il craint que des pays comme le Tchad, le Soudan, Bahreïn, Oman et l’Arabie saoudite se rapprochent de la normalisation avec Jérusalem – relations qui seraient en contradiction avec les résolutions des deux organismes de coordination.

« Il existe un certain nombre de résolutions et de déclarations arabes et islamiques affirmant explicitement qu’il n’y aura pas de processus de normalisation avec Israël sans un règlement de la question palestinienne fondé sur l’Initiative de paix arabe et les décisions de la communauté internationale », a déclaré Shaath à Haaretz.

Lors du dernier sommet de la Ligue arabe en avril, les pays membres ont signé une déclaration dans laquelle ils s’engageaient à ne pas conclure d’accords de réconciliation sans une solution concertée à la question palestinienne.

Nabil Shaath devant la presse dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 1er octobre 2011 (Crédit : Issam Rimawi/Flash 90)

« Ce à quoi nous avons assisté ces dernières semaines – à commencer par la visite de Netanyahu à Oman et la visite en Israël du président tchadien, et maintenant il est question de Bahreïn et du Soudan et de liens, sous une forme ou une autre, avec l’Arabie saoudite – pose problème, et il faut donc clarifier la position arabe et islamique, » a déclaré Shaath.

Dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a accueilli le président tchadien Idriss Déby pour une visite historique dans l’Etat juif, jetant les bases de la normalisation des liens avec les pays à majorité musulmane du Soudan, du Mali et du Niger, selon un rapport de la Dixième chaîne israélienne d’information diffusé dimanche.

Déby a signifié aux dirigeants israéliens à Jérusalem qu’il souhaitait rétablir les relations diplomatiques.

Selon d’autres rapports, Israël s’emploie également à normaliser ses relations avec Bahreïn, alors que Jérusalem intensifie ses efforts pour forger des relations plus ouvertes avec le monde arabe dans un contexte d’alliances en évolution au Moyen Orient, en raison des préoccupations communes concernant l’Iran.

Netanyahu évoque depuis des années le réchauffement des liens entre Israël et le monde arabe, citant non seulement l’Iran comme ennemi commun, mais aussi l’intérêt de nombreux pays à coopérer avec Israël en matière de sécurité et de défense, ainsi que l’industrie high-tech israélienne en expansion.

Le mois dernier, Oman a accueilli le Premier ministre israélien lors d’une visite surprise, qui a constitué un signe manifeste des progrès réalisés par Israël dans le rapprochement avec les pays du Golfe.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) serre la main du Président tchadien Idriss Déby lors de leur conférence de presse conjointe à Jérusalem, le 25 novembre 2018. (Ronen Zvulun/Pool/AFP)

Lors d’une conférence de presse avec Déby dimanche, Netanyahu a annoncé qu’“il y aura d’autres visites de ce type dans les pays arabes très bientôt”, sans donner de détails.

Netanyahu a déclaré lundi que des signes d’un épanouissement diplomatique pour Israël se produisaient sans que Jérusalem n’ait à faire de concessions sur les implantations en Cisjordanie.

« Nous sommes en train de changer le monde », a-t-il déclaré lundi à sa faction du Likud lors d’une allocution publique. « Israël connaît un essor diplomatique sans précédent, notamment dans le monde arabe… et le monde musulman. »

M. Netanyahu a souligné que les dirigeants précédents avaient tenté de renforcer la position internationale d’Israël par des « concessions dangereuses, telles que le démantèlement de localités », faisant référence au plan de désengagement de 2005 de M. Ariel Sharon, ancien Premier ministre, dans lequel toutes les implantations de la bande de Gaza avaient été démantelées.

« Cela ne s’est pas produit – et ne se produira pas – avec moi », a poursuivi Netanyahu. « C’est exactement le contraire qui se produit. Nous obtenons l’appui du monde entier, y compris de nombreux pays du monde arabe, grâce à notre position forte et inébranlable ».

« Nous croyons en la paix sans contrainte, nous croyons en des alliances nées de la valeur d’Israël en tant que puissance technologique, financière, de défense et de renseignement », a-t-il ajouté. « C’est ce que nous continuerons à faire, et c’est aussi comme ça que nous parviendrons à la paix. »

Alors que Shaath a indiqué que le dégel des relations d’Israël avec les bailleurs de fonds traditionnels de Ramallah n’a pas encore atteint le niveau de relations diplomatiques complètes, il a évoqué « le début d’un processus inquiétant qui doit être arrêté ».

Shaath a fait valoir que ces développements régionaux s’inscrivent dans le contexte du clivage actuel entre l’administration Trump et l’Autorité palestinienne. L’AP prétend que Washington cherche à l’isoler davantage en encourageant divers pays arabes et musulmans à améliorer leurs liens avec Israël. L’AP boycotte l’administration Trump depuis qu’elle a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël l’année dernière et a déplacé son ambassade dans la ville en mai.

Le représentant de l’AP a déclaré qu’il espérait convoquer des conférences d’urgence sur ces questions, mais a admis que la plupart des efforts des puissances régionales sont utilisés pour traiter la question de la réconciliation entre le Fatah d’Abbas et le groupe terroriste du Hamas à Gaza, qui sont en conflit depuis longtemps.

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