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Les Pays-Bas dévoilent un mémorial en hommage aux victimes de la Shoah

"La responsabilité pour l'accueil glacial réservé au petit groupe qui est revenu de l'enfer de la guerre. C'est une page noire de l'histoire de notre pays", a déclaré Mark Rutte

Une femme touche l'une des pierres du du nouveau monument, en hommage aux victimes du nazisme et de la collaboration aux Pays-Bas pendant la Shoah, et situé au cœur du quartier juif historique d'Amsterdam, le dimanche 19 septembre 2021. (Crédit : AP Photo/Peter Dejong)
Une femme touche l'une des pierres du du nouveau monument, en hommage aux victimes du nazisme et de la collaboration aux Pays-Bas pendant la Shoah, et situé au cœur du quartier juif historique d'Amsterdam, le dimanche 19 septembre 2021. (Crédit : AP Photo/Peter Dejong)

Les Pays-Bas ont inauguré dimanche un mémorial sur lequel sont inscrits les noms de plus de 102 000 Juifs et 220 Roms assassinés lors de la Seconde Guerre mondiale, et dont la construction a fait durant des années l’objet de contestation de riverains.

Plus de 75 ans après le conflit mondial, le mémorial a finalement été inauguré dans le quartier juif d’Amsterdam par le roi Willem-Alexander, entouré de proches des victimes et survivants.

« Ce mémorial nous met face à nos responsabilités. La responsabilité de savoir si davantage n’aurait pas dû être fait durant les années de guerre pour sauver les gens », a déclaré le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, lors de l’inauguration.

« La responsabilité pour l’accueil glacial réservé au petit groupe qui est revenu de l’enfer de la guerre. C’est une page noire de l’histoire de notre pays », a-t-il ajouté.

Le roi Willem-Alexander, à droite, marche après avoir officiellement dévoilé un nouveau monument situé au cœur du quartier juif historique d’Amsterdam, le dimanche 19 septembre 2021, en l’honneur des 102 000 victimes néerlandaises de l’Holocauste. (Crédit : AP Photo/Peter Dejong)

Sur les 140 000 Juifs que comptait le pays, 102 000 ont été tués.

La construction du monument a, durant des années, fait l’objet de polémiques, des riverains ayant contesté les permis accordés au comité néerlandais d’Auschwitz.

Mais un tribunal de la capitale néerlandaise avait en 2019 donné raison à la municipalité d’Amsterdam, infirmant les arguments des riverains selon lesquels le monument, « trop grand », était en conflit avec un bon aménagement du territoire.

Daniel Libeskind, architecte (Crédit : CC BY 2.0/Wikimedia commons)

Le mémorial, de l’architecte Daniel Libeskind, fils de survivants de la Shoah, est un labyrinthe de murs de briques formant un mot signifiant « en mémoire » en yiddish.

« Il fait exactement ce qu’il est censé faire. Il sort tous ces gens à qui on a pris la vie de l’oubli », a déclaré lors de l’inauguration Jacques Grishaver, président du comité néerlandais d’Auschwitz.

« Il se dresse désormais comme un mémorial qui ne sera jamais effacé. Comme un reproche à ceux qui ont laissé faire ça. Et comme un avertissement, pour toujours », a-t-il conclu.

Sur chacune des briques est inscrit un nom, une date de naissance et un âge de décès.

« C’était émouvant. Je viens de voir [sur une brique] le nom d’une de mes amies » a déclaré auprès de l’AFP Jacqueline Ruud, une survivante qui affirme également avoir connu Anne Frank.

Anne Frank. (Crédit : Flickr Commons)

L’adolescente de 15 ans, connue dans le monde entier depuis la publication de son journal intime rédigé entre 1942 et 1944 alors qu’elle et sa famille se cachaient dans un appartement clandestin à Amsterdam, a été arrêtée en 1944 et est morte l’année suivante dans le camp de concentration de Bergen-Belsen.

Le musée Anne Frank, construit autour de la maison où vécut la famille Frank, a été rénové en 2018 afin de répondre aux questions du jeune public, dont les connaissances sur la guerre de 1939-1945 s’effritent au fil du temps.

Pour la première fois, Marc Rutte avait présenté en janvier 2020 des excuses au nom du gouvernement pour la persécution des Juifs aux Pays-Bas pendant la Seconde Guerre mondiale.

Malgré la résistance aux Pays-Bas, de nombreux citoyens, dont la police et les chemins de fer, ont très activement collaboré avec l’occupant allemand pour arrêter les Juifs et les déporter.

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