Les quartiers religieux de Jérusalem à nouveau au cœur de l’épidémie
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Les quartiers religieux de Jérusalem à nouveau au cœur de l’épidémie

La capitale a vu le nombre de cas enregistrés doubler la semaine dernière, la plupart des nouvelles infections se propageant entre les membres d'une même famille

Des agents de police font appliquer les directives de distanciation physique au marché Mahane Yehuda, à Jérusalem, le 25 juin 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des agents de police font appliquer les directives de distanciation physique au marché Mahane Yehuda, à Jérusalem, le 25 juin 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les cas de coronavirus ont doublé dans la capitale au cours de la semaine dernière, la plupart de l’augmentation étant concentrée dans les quartiers ultra-orthodoxes et à Jérusalem-Est, a annoncé vendredi le Centre national d’information et de connaissance sur le coronavirus.

Selon le centre, un organisme gouvernemental de chercheurs qui sert de comité consultatif au ministère de la Santé et au commandement du Front intérieur, le taux de morbidité dans les quartiers ultra-orthodoxes de Jérusalem s’est élevé à 17 % au cours de la semaine dernière, contre un taux de tests positifs de seulement 5 % chez les autres résidents de la ville.

Ces quartiers comprennent Mea Shearim, Geulah, Mekor Baruch, Sanhedria et plusieurs autres enclaves ultra-orthodoxes, et la plupart des nouvelles infections ont été transmises entre membres d’une même famille.

En date de jeudi matin, quelque 487 nouveaux cas de Covid-19 ont été diagnostiqués dans la ville cette semaine, dont 32 % sont des jeunes de moins de 19 ans et 14 % des cas sont liés à des écoles.

Des agents de police ferment des synagogues et infligent des amendes à des ultra-orthodoxes dans le quartier de Bukharim à Jérusalem, le 6 avril 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

72 des 160 nouveaux patients diagnostiqués jeudi étaient ultra-orthodoxes, et 42 résidaient à Jérusalem-Est.

« À la lumière des données concernant la mortalité, il est recommandé de se concentrer sur l’information et l’application de la loi dans les quartiers ultra-orthodoxes et de Jérusalem-Est », a indiqué le centre.

Lors de la première vague de la pandémie, la communauté ultra-orthodoxe a été affectée de manière disproportionnée par le virus. Les taux d’infection plus élevés dans les communautés ultra-orthodoxes ont été largement attribués aux conditions de surpopulation dans leurs quartiers, à la nature intensément communautaire de cette population et au refus initial des rabbins d’approuver les mesures de distanciation sociale et la fermeture des synagogues et autres institutions religieuses.

Cependant, les Juifs ultra-orthodoxes ont ensuite adopté la distanciation sociale et les masques, mais cela ne semble pas avoir épargné la communauté de la deuxième vague.

Selon la Douzième chaîne, un nombre croissant d’Israéliens ultra-orthodoxes ont subi des tests de dépistage du coronavirus par des voies non officielles afin de ne pas voir leurs cas enregistrés par les autorités sanitaires, craignant que leurs communautés ne soient mises sous cordon sanitaire, comme ce fut le cas de la ville majoritairement ultra-orthodoxe de Bnei Brak il y a quelques semaines.

La chaîne a rapporté que certains membres de la communauté ont exprimé des inquiétudes sur la façon dont leurs communautés sont perçues par les Israéliens laïques, dont certains leur reprochent la propagation du virus.

Le rabbin David Yosef, fils de l’ancien grand rabbin Ovadia Yosef et membre du Conseil des sages de la Torah du parti ultra-orthodoxe Shas, a déclaré que quiconque refuse de passer un test constitue un danger public.

Les cas ont déferlé sur Israël ces dernières semaines, incitant le gouvernement à réimposer certaines mesures sanitaires.

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