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Les réactions israéliennes au discours de Bennett à l’ONU

"Bennett a prononcé un discours vide devant une salle vide et a utilisé des mots vides au lieu de profiter de cette importante scène internationale", a déclaré le Likud

Illustration : L'Assemblée générale de l'ONU avant un vote, le 21 décembre 2017, au siège des Nations unies. (Crédit : Photo AP / Mark Lennihan)
Illustration : L'Assemblée générale de l'ONU avant un vote, le 21 décembre 2017, au siège des Nations unies. (Crédit : Photo AP / Mark Lennihan)

Le Likud, parti de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu et principal parti d’opposition, a réagi au discours de Naftali Bennett à l’Assemblée générale de l’ONU ce lundi en le fustigeant, poursuivant ses efforts visant à présenter le nouveau Premier ministre comme peu crédible et ses propos comme vides de sens.

« Bennett a prononcé un discours vide devant une salle vide et a utilisé des mots vides au lieu de profiter de cette importante scène internationale », a déclaré le Likud dans une longue déclaration, exprimant avec force sa désapprobation à l’égard de tous les points abordés dans le discours de Bennett.

Le parti a affirmé que le gouvernement actuel ne prenait aucune mesure pour freiner l’épidémie de coronavirus « et qu’il présentait cela comme un leadership. Quelle blague ».

Le Likud a critiqué Bennett pour avoir présenté le gouvernement actuel qu’il dirige comme un modèle d’unité : « Depuis quand un Premier ministre israélien place-t-il les questions de politique interne en tête de l’ordre du jour d’un forum international ? »

Le parti a qualifié de « vides » les propos du Premier ministre sur l’Iran puisqu’il « a promis de ne pas mener de lutte mondiale contre l’accord nucléaire et a soumis notre activité opérationnelle à une coordination préalable avec les Américains ».

« Bennett a montré aujourd’hui la façon avec laquelle le monde voit un homme politique israélien inexpérimenté qui n’a obtenu que six sièges à la Knesset : comme un arbre qui tombe dans les bois et que personne ne remarque, dont personne n’a entendu parler et dont personne ne se soucie. »

Benjamin Netanyahu lui-même s’est fendu d’un tweet raillant les paroles qui ont conclu le discours du chef du gouvernement : « Un peu de lumière dissipe beaucoup d’obscurité », a-t-il écrit, une légende accompagnée d’une photo de lui s’exprimant à la tribune de l’ONU quand il était Premier ministre.

Le Premier ministre israélien a aussi été critiqué par le Meretz, une formation membre de sa coalition au pouvoir, qui a dénoncé l’absence de la question palestinienne dans l’allocution prononcée aux Nations unies.

« Nous, au Meretz, nous intéressons énormément aux Palestiniens », a déclaré le parti dans un communiqué.

« Nous allons continuer à travailler, à l’intérieur comme à l’extérieur du gouvernement, de manière à promouvoir une solution à deux États et à restaurer les liens avec l’Autorité palestinienne. Ignorer les Palestiniens, c’est poursuivre une annexion insidieuse et nous précipiter vers un État binational », a ajouté le Meretz.

La députée Aida Touma-Sliman, de la Liste arabe unie, parti siégeant dans l’opposition, a elle aussi attaqué le discours de Bennett, affirmant qu’il montrait que le gouvernement actuel poursuivait sur la voie de celui de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Dissimulation de l’occupation et de l’existence du peuple palestinien, revendications de la supériorité morale d’Israël et bellicisme contre l’Iran : voici les principes qui guidaient le gouvernement de droite de Netanyahu, et qui guident le gouvernement de Bennett », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

« Seul un changement de direction par rapport à la voie de la droite apportera la paix et la sécurité aux deux nations », a ajouté Touma-Sliman, faisant référence à Israël et à un potentiel État palestinien.

Le gouvernement israélien actuel, qui est dirigé par Bennett, est constitué de huit partis de tout le spectre politique. « Il y a environ cent jours, mes partenaires et moi-même avons formé un nouveau gouvernement en Israël. Ce qui a commencé comme un accident politique, nous pouvons dorénavant le transformer en finalité. Et cette finalité est l’unité », a-t-il déclaré dans son allocution de lundi.

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