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Pandémie, Iran, Accords d’Abraham : Le discours de Naftali Bennett à l’ONU

Le Premier ministre a notamment défendu ses mesures de lutte contre la pandémie et mis en garde contre l’Iran sans évoquer les Palestiniens

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett lors de son discours à l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le 27 septembre 2021. (Crédit : Avi Ohayon / GPO)
Le Premier ministre israélien Naftali Bennett lors de son discours à l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le 27 septembre 2021. (Crédit : Avi Ohayon / GPO)

Le Premier ministre Naftali Bennett s’est exprimé ce lundi matin (9h heure locale, 16h heure israélienne) à l’Assemblée générale des Nations unies.

Il a démarré en présentant Israël comme un « phare dans une mer agitée, un phare de la démocratie… désireux de contribuer au monde malgré le fait qu’il se trouve dans la région la plus difficile du monde ».

« Pendant trop longtemps, Israël a été défini par des guerres avec nos voisins », at-til dit. « Mais ce n’est pas le but d’Israël. Ce n’est pas ce que fait le peuple d’Israël. Les Israéliens ne se réveillent pas le matin en pensant au conflit. »

« Les Israéliens veulent mener une belle vie, prendre soin de leurs proches et construire un monde meilleur pour leurs enfants. Ce qui signifie que, de temps en temps, nous devons quitter notre travail, dire au revoir à notre famille et nous précipiter sur le champ de bataille pour défendre notre pays. »

« Ils ne devraient pas être jugés pour cela. Les Israéliens se souviennent des horreurs du passé, mais restent déterminés à regarder vers l’avenir, à construire un avenir meilleur. »

Bennett a ensuite salué le nouveau gouvernement qu’il dirige, une coalition mêlant le centre, la droite, la gauche et un parti arabe. Il a décrit ce gouvernement comme celui « le plus diversifié de notre histoire », ajoutant qu’il pouvait servir de modèle pour un débat sans haine.

« Dans un monde polarisé où les algorithmes alimentent notre colère, les gens de droite et de gauche évoluent dans deux réalités distinctes, chacune dans sa propre bulle sur les réseaux sociaux. Ils n’entendent que les voix qui confirment ce en quoi ils croient déjà. Les gens finissent par se détester. »

« En Israël, après quatre élections en deux ans, avec une cinquième qui se profilait, le peuple aspirait à un antidote : le calme. La stabilité. À une tentative de normalité politique. »

« L’inertie est toujours le choix le plus facile. Mais il y a des moments où les dirigeants doivent prendre le volant un instant, avant la chute, affronter les vents contraires et conduire le pays vers la sécurité. »

« Il y a environ cent jours, mes partenaires et moi avons formé un nouveau gouvernement en Israël. Ce qui a commencé comme un accident politique peut maintenant devenir un objectif. Et ce but est l’unité. »

« Aujourd’hui, nous nous asseyons ensemble, autour d’une table… Ce que nous avons prouvé, c’est que même à l’ère des réseaux sociaux, nous pouvons débattre sans haine. »

Bennett a aussi présenté le modèle de son gouvernement pour lutter contre la pandémie de COVID-19, affirmant qu’il « fusionnait la sagesse de la science avec le pouvoir d’élaboration des politiques ».

Il a déclaré que l’économie « devait rester ouverte », arguant que « nous avons tous payé un prix énorme – un prix économique, un prix physique et un prix émotionnel – pour avoir mis le quotidien à l’arrêt en 2020 ».

« Les blocages, les restrictions, les quarantaines, ne peuvent pas fonctionner à long terme. Notre modèle, plutôt que d’enfermer les gens en mode sommeil passif, les incite à l’effort. Par exemple, nous avons demandé à des familles israéliennes d’effectuer des tests à domicile sur leurs enfants afin que nous puissions garder les écoles ouvertes – et en effet, les écoles sont restées ouvertes. »

Un autre aspect de ce modèle concerne la vaccination précoce, Bennett vantant les mesures prises par les gouvernements précédent et actuel pour avoir fait d’Israël le premier pays au monde à avoir proposé la première injection et la troisième dose de rappel à échelle nationale.

« Nous sommes dans une course contre un virus mortel et nous devons essayer de le devancer », a-t-il déclaré, ajoutant que la décision de la troisième dose avait été « difficile, étant donné qu’à l’époque, la FDA n’avait pas encore approuvé cela ».

« Nous avons eu le choix soit d’entraîner Israël dans une nouvelle série de blocages [et] de nuire davantage à notre économie et à notre société, soit de d’aller de l’avant avec les vaccins. Nous avons choisi cette dernière option. Nous avons été les pionniers de la piqure de rappel. »

« Deux mois plus tard, je peux affirmer que cela fonctionne : avec une troisième dose, vous êtes sept fois plus protégé qu’avec deux doses, et 40 fois plus protégé que sans vaccin. »

« En conséquence, Israël est en passe d’échapper à une quatrième vague sans confinement, sans nuire davantage à notre économie. L’économie d’Israël est en croissance et le chômage est en baisse. Je suis heureux que nos actions aient inspiré d’autres pays à suivre avec le rappel. »

Bennett a affirmé que sa troisième règle dans cette lutte contre la pandémie était de « s’adapter et d’agir rapidement », affirmant qu’un groupe de travail national pour contourner les questions de bureaucratie avait montré que « les essais et les erreurs étaient essentiels ».

« Chaque jour est un nouveau jour, avec de nouvelles données et de nouvelles décisions. Quand quelque chose fonctionne, nous continuons. Quand ce n’est pas le cas, nous laissons tomber. »

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett lors de son discours à l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le 27 septembre 2021. (Crédit : Avi Ohayon / GPO)

Bennett a également évoqué la menace régionale posée par l’Iran et du soutien de la République islamique à des groupes terroristes mandataires.

« Alors qu’Israël s’efforce de faire le bien, nous ne pouvons pas perdre de vue un seul instant ce qui se passe dans notre région. Israël est littéralement encerclé par le Hezbollah, les milices chiites, le Jihad islamique et le Hamas. À nos frontières. »

« Ces groupes terroristes cherchent à dominer le Moyen-Orient et à répandre l’islam radical à travers le monde. Qu’ont-ils tous en commun ? Ils veulent tous détruire mon pays, et ils sont tous soutenus par l’Iran. Ils obtiennent leur financement de l’Iran, ils reçoivent une formation de l’Iran et ils obtiennent leurs armes de l’Iran. »

« Le grand objectif de l’Iran est clair comme de l’eau de roche pour quiconque veut ouvrir les yeux : l’Iran cherche à dominer la région – et cherche à le faire sous un parapluie nucléaire. »

Bennett a affirme que chaque endroit que l’Iran avait tenté de prendre sous sa tutelle « s’effondrait », citant comme exemples le Liban, l’Irak, la Syrie, le Yémen et Gaza.

« Comme la Midas Touch [qui change tout en or selon la mythologie grecque], le régime iranien a la ‘Mollah Touch’. Chaque endroit où l’Iran arrive est touché par l’échec. »

Bennett a ensuite présenté ce qu’il a affirmé être une nouvelle menace militaire posée par Téhéran.

« Rien que cette année, l’Iran a rendu opérationnelle une nouvelle unité terroriste – des essaims de drones tueurs équipés d’armes létales qui peuvent attaquer n’importe où et n’importe quand. Ils prévoient de couvrir le ciel du Moyen-Orient avec cette force meurtrière. »

« L’Iran a déjà utilisé ces drones mortels – nommés Shahed 136 – pour attaquer l’Arabie saoudite, des cibles américaines en Irak et des navires civils en mer, tuant un Britannique et un Roumain. »

« L’Iran prévoit d’armer ses mandataires au Yémen, en Irak, en Syrie et au Liban avec des centaines, puis des milliers de ces drones mortels. »

Après avoir critiqué et qualifié de « boucher » le nouveau président iranien Ebrahim Raïssi pour avoir ordonné des assassinats de masse d’Iraniens et avoir « célébré la mise à mort de son propre peuple en dévorant des gâteaux à la crème », Bennett a mis en garde contre la menace nucléaire posée par la République islamique, jurant qu’Israël ne permettrait pas à Téhéran d’acquérir l’arme nucléaire.

« Au cours des dernières années, l’Iran a fait un grand bond en avant dans ses capacités de recherche et développement nucléaires, de production et d’enrichissement. Le programme d’armement nucléaire de l’Iran est à un point critique », a-t-il dit. « Toutes les lignes rouges ont été franchies. Les inspections ont été ignorées. Tous les vœux pieux se sont avérés erronés. »

« L’Iran viole les accords de garanties de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et s’en tire. Le pays harcèle les inspecteurs et sabotent leurs enquêtes – et il s’en tire sans problème. Il enrichit de l’uranium à hauteur de 60 %, s’approchant d’une capacité de qualité militaire – et il s’en tire. »

« Les éléments qui prouvent clairement les intentions de l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire sur ses sites secrets à Toorkooz-abad, Téhéran et Marivan sont ignorés. »

« Le programme nucléaire iranien a atteint un tournant, tout comme notre tolérance à son égard. Les mots n’empêchent pas les centrifugeuses de tourner. Il y a ceux dans le monde qui semblent considérer la course de l’Iran vers l’arme nucléaire comme une réalité inévitable, ou qui en ont juste marre d’en entendre parler. »

« Israël n’a pas ce privilège. Nous ne nous lasserons pas. Nous ne permettrons pas à l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire », a prévenu Bennett, ajoutant que « l’Iran est beaucoup plus faible, beaucoup plus vulnérable qu’il n’y paraît ».

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett s’adresse à l’Assemblée générale des Nations unies, le 27 septembre 2021. (Capture d’écran de l’ONU)

Bennett a enfin vanté les Accords d’Abraham dans lesquels Israël a normalisé ses relations avec les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc – de façon notable, il n’a pas mentionné le Soudan, qui a également annoncé une telle démarche mais l’a récemment minimisée.

« Davantage est à venir », a promis le Premier ministre.

« À l’âge mûr de 73 ans, de plus en plus de nations comprennent la valeur d’Israël et sa place unique dans le monde. »

Après avoir remercié les États-Unis pour leur amitié continue et leur récente décision d’approuver un financement supplémentaire pour le système de défense aérienne du Dôme de Fer, Bennett a déclaré que les nouvelles amitiés du pays se sont manifestées dans le nombre record de pays qui se sont retirés de la Conférence de Durban 2021, dont les précédents éditions ont été marquées par plusieurs incidents antisémites.

« Cette conférence était à l’origine censée être contre le racisme, mais au fil des ans elle s’est transformée en une conférence sur le racisme – contre Israël et le peuple juif. Et le monde en a assez. »

« Je remercie les 38 pays qui ont choisi la vérité plutôt que le mensonge et qui esquivent la conférence. »

« Et à ces pays qui ont choisi de participer à cette farce, je dis : attaquer Israël ne vous rend pas moralement supérieur, combattre la seule démocratie du Moyen-Orient n’est pas ‘woke’, adopter des clichés sur Israël sans prendre la peine d’apprendre les faits de base, eh bien… c’est tout simplement paresseux. »

Le Premier ministre a conclu en affirmant que les meilleurs jours d’Israël étaient encore à venir.

« Israël est une nation de grand espoir, une nation qui a donné vie à l’héritage de la Torah dans l’Israël d’aujourd’hui, une nation à l’esprit inébranlable. Un peu de lumière dissipe beaucoup d’obscurité. Le phare parmi les mers agitées se dresse haut et fort. Et sa lumière brille plus que jamais. »

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