Israël en guerre - Jour 142

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Les réflexions d’une ex-Miss Irak qui a parcouru les villes dévastées du sud d’Israël

Candidate au Congrès US, Sarah Idan, dont la citoyenneté irakienne a été révoquée en 2017 parce qu'elle avait soutenu Israël aux Nations unies, veut être une Démocrate "anti-Squad"

Sarah Idan, candidate au Congrès (à gauche), ancienne Miss Irak, au kibboutz Kfar Aza détruit, le 7 octobre, par les terroristes du Hamas, le 28 décembre 2023. (Capture d'écran/X, used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)
Sarah Idan, candidate au Congrès (à gauche), ancienne Miss Irak, au kibboutz Kfar Aza détruit, le 7 octobre, par les terroristes du Hamas, le 28 décembre 2023. (Capture d'écran/X, used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

Sarah Idan, ancienne miss Irak et candidate, aujourd’hui, aux élections au Congrès américain qui auront lieu en 2024, a parcouru, cette semaine, les communautés israéliennes qui ont été décimées le long de la frontière, pour afficher sa solidarité avec l’État juif. Une démonstration similaire de soutien à Israël lui avait déjà valu, dans le passé, la perte de sa citoyenneté irakienne, une citoyenneté qui avait été révoquée en 2019.

Dans un entretien accordé à la Douzième chaîne, Idan – qui se présente, au Congrès, au poste de représentante du 30e district de Californie – a expliqué qu’elle avait ressenti l’obligation de montrer « aux négationnistes du 7 octobre » avec, parmi eux, des dizaines de milliers de ses abonnés sur les réseaux sociaux, Irakiens en grand nombre, la réalité des événements qui ont eu lieu le 7 octobre en Israël lorsque environ 3 000 terroristes du Hamas se sont infiltrés sur le sol israélien et qu’ils ont massacré 1 200 personnes, prenant également 240 personnes en otage à Gaza.

Elle a dit qu’entendre des étudiants, sur les campus américains, déclarer que l’attaque du Hamas était un acte d’autodéfense « l’écœurait » profondément.

« Je veux qu’ils voient de leurs propres yeux les horreurs à l’origine de la guerre à Gaza. Le monde tout entier crie : ‘Libérez la Palestine ! » mais il ne s’agit aucunement, ici, d’une éventuelle libération de la Palestine. Il ne s’agit pas ici de libérer la Palestine – en massacrant des innocents, des familles, en les brûlant vives. Ce n’est pas la libération de la Palestine, c’est du terrorisme », a-t-elle insisté lors de son entretien avec la Douzième chaîne, jeudi.

Idan connaît bien les djihadistes. En 2008, alors qu’elle avait 18 ans, Idan, qui avait appris seule l’anglais lorsqu’elle était réfugiée en Syrie après avoir fui la guerre en Irak, avait offert ses services de traductrice aux forces américaines présentes sur le sol irakien. Pendant son service militaire, comme elle l’a raconté dans un post récent qui a été publié sur X, elle avait aidé les troupes américaines à combattre le Hamas d’Irak, un groupe extrémiste distinct de l’organisation terroriste palestinienne.

« Ainsi, nous tous – les militaires américains et les militaires irakiens – luttions ensemble contre le Hamas. Dites-moi, si le Hamas cherchait réellement à libérer l’Irak, pourquoi est-ce qu’il tentait alors d’entraver le processus lancé par les Irakiens qui cherchaient à établir leur nouveau gouvernement, à devenir indépendants ? » a-t-elle interrogé sur X. En Israël, elle a déclaré à la Douzième chaîne : « Ici, c’est exactement la même guerre avec les mêmes ennemis ».

Le district de Californie où Idan est candidate est actuellement représenté par un démocrate, Adam Schiff, qui est un fervent soutien d’Israël. Il a décidé de quitter ses fonctions pour se présenter au sénat en 2024. La circonscription comprend les villes de Burbank, de West Hollywood, et certaines parties de Glendale et de Pasadena.

La candidate au congrès américain Sarah Idan, deuxième à droite, ancienne miss Irak, visite le kibboutz Kfar Aza, détruit par les terroristes du Hamas lors de l’assaut du 7 octobre, le 28 décembre 2023. (Capture d’écran : X, used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

En se présentant sous l’étiquette du parti démocrate, Idan a l’intention d’être « l’anti-Squad« , a-t-elle expliqué à la Douzième chaîne, faisant référence au groupe de progressistes démocrates d’extrême-gauche qui ont adopté des positionnements excessivement critiques d’Israël – avec notamment dans ce groupe les représentantes Rashida Tlaib, Alexandria Ocasio-Cortez, Ayanna Pressley et Ilhan Omar.

« Il ne s’agit pas seulement d’Israël. Mon Irak est d’ores et déjà perdu. J’ai perdu mon Irak à cause du régime iranien et des islamistes radicaux et je ne pourrai plus jamais y vivre. Ainsi, les États-Unis sont devenus mon seul foyer et malheureusement, concernant la Squad et la problématique du Moyen-Orient, j’ai l’impression qu’ils n’ont aucune expérience sur le sujet, qu’on leur dit ce qu’ils doivent dire ».

Lors de sa visite en Israël, cette semaine, l’ancienne reine de beauté s’est habillée comme pour faire une déclaration à ses hôtes – portant un pantalon de camouflage et un tee-shirt gris, tee-shirt sur lequel était écrit « Ripostez », des bottes de combat beige – et les ongles peints en gris. Elle a expliqué qu’elle portait cet uniforme en Irak, ajoutant que « j’ai pensé, si je devais venir dans une zone de guerre et que quelque chose devait m’arriver, que je voudrais perdre la vie en portant cet uniforme. Ces bottes ont connu la guerre ; elles ont connu les explosions, les attentats-suicides, les tirs de sniper ; elles ont tout connu ».

La candidate irakienne qui, en 2017, avait pris part au concours de Miss Univers avait suscité l’indignation après avoir rencontré Miss Israel, Adar Gandelsman, à Las Vegas – une rencontre qui avait été l’occasion d’un selfie, agrémenté de la légende : « Peace and Love de la part de Miss Irak et de Miss Israël ». Les deux jeunes femmes sont restées des amies proches et elles se sont retrouvées, cette semaine, sur la Place des Otages de Tel Aviv au cours du troisième voyage d’Idan en Israël.

Miss Israel Adar Gandelsman, à gauche, et Miss Irak Sarah Idan, partagent un moment de complicité lors du concours de Miss univers 2017

Dans les trois jours qui avaient suivi la publication du selfie, en 2017, le tollé virulent entraîné par ce dernier avait obligé la famille à devenir, une fois encore, réfugiée – elle avait dû quitter l’Irak et elle avait émigré aux États-Unis.

La même colère se déchaîne à son encontre et à l’encontre de sa famille à chaque fois qu’elle fait paraître un post sur Israël – une colère qui lui a fait perdre la citoyenneté irakienne, en 2019, après un discours prononcé devant le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies où elle avait affirmé que le conflit israélo-arabe ne se basait pas sur des désaccords politiques authentiques mais « qu’il est profondément ancré dans le système de croyance enseigné dans les pays musulmans, des croyances qui sont antisémites ». Elle avait ajouté que « cette haine et cette intolérance » étaient « renforcés dans des médias partiaux ».

Cette semaine, au kibboutz Kfar Aza, elle a pu voir de ses propres yeux les destructions faites par le Hamas – et notamment le calvaire vécu par la famille israélienne Idan. Avigail Idan, âgé de quatre ans seulement, avait été enlevée par les terroristes du Hamas le 7 octobre. Son père et sa mère, Roee et Smadar Idan, avaient été assassinés tandis que les deux autres enfants du couple, Michael et Amalya, âgés de 9 et 6 ans, s’étaient cachés pendant 14 heures dans un placard, dans leur habitation. Avigail, qui est aussi ressortissante américaine, a été relâchée le 26 novembre dans le cadre d’un cessez-le-feu temporaire négocié par le Qatar et les États-Unis dans la guerre qui oppose actuellement le Hamas et Israël.

S’adressant à la soldate qui lui servait de guide, Idan a demandé : « C’est la famille Idan ? Cela s’écrit I-D-A-N? C’est mon nom de famille ».

Avigaïl Idan, 4 ans, libérée des geôles du Hamas après 51 jours de captivité à Gaza après avoir été prise en otage le 7 octobre. Ses deux parents ont été assassinés par les terroristes le 26 novembre 2023. (Autorisation)

C’est son nom à consonance juive qui avait attisé les théories du complot suite à son selfie de 2017 – elle avait été accusée d’être elle-même juive et de travailler pour le Mossad. Une expérience qui, a-t-elle expliqué, l’a aidée à commencer à comprendre la nature de l’antisémitisme.

Évoquant les commentaires écrits en arabe en réponse à ses posts récents consacrés au 7 octobre sur les réseaux sociaux, elle a confié être incrédule lorsqu’elle est amenée à lire : « Vive le Hamas, que Dieu le bénisse pour ce qu’il a fait ».

Elle a noté un parallèle entre la guerre américaine menée en Irak, la guerre d’Israël contre le Hamas et le nombre de victimes dans les deux conflits.

« Personne n’a tué plus d’Irakiens que les Irakiens eux-mêmes », a-t-elle dit, se référant au règne de Saddam Hussein qui avait utilisé l’école qu’elle fréquentait quand elle était enfant comme bouclier humain pour ses armements, ainsi qu’à l’insurrection violente qui avait suivi sa chute.

« La guerre civile nous a tués, l’islam radical nous a tué et c’est littéralement ce que je constate aussi chez les Palestiniens », a-t-elle ajouté.

Sarah Idan (à gauche) lorsqu’elle était traductrice aux côtés des forces américaines en Irak, en 2008. (Autorisation/used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

Idan a dit devant les caméras de la Douzième chaîne qu’elle était surprise par l’absence de soulèvement populaire contre le Hamas au sein de l’enclave côtière.

« Ce qui est vraiment triste, c’est que les Gazaouis n’ont pas agi contre le Hamas. Qu’est-ce qu’ils attendent ? En Irak, nous avions Saddam Hussein, il était brutal et les Irakiens ne pouvaient pas réellement se défendre contre lui – mais à la minute où les États-Unis sont arrivés, les Irakiens sont sortis, ils ont déboulonné ses statues et ils ont fêté la victoire ».

« Ce que je ne comprend pas, c’est pourquoi – alors que l’armée israélienne est à Gaza pour renverser le Hamas – c’est pourquoi les Gazaouis ne viennent pas en aide aux soldats israéliens. C’est pourquoi ils ne se saisissent pas de cette chance pour se retourner contre le Hamas parce qu’aujourd’hui, le Hamas est affaibli. Est-ce qu’ils approuvent ? Est-ce qu’ils approuvent ces bains de sang ? J’espère que non », a-t-elle continué.

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