Les régimes basés sur la diminution de l’assiette ne fonctionnent pas – étude
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Les régimes basés sur la diminution de l’assiette ne fonctionnent pas – étude

Quand vous avez faim, révèle une recherche effectuée à l'université Ben-Gurion, votre cerveau est trop focalisé sur la nourriture pour être leurré par une assiette plus petite

Photo illustrative d'une pizza (Yossi Zamir/Flash90)
Photo illustrative d'une pizza (Yossi Zamir/Flash90)

La technique de régime populaire consistant à utiliser de plus petites assiettes pour réduire la quantité d’alimentation consommée lors de chaque repas ne fonctionne probablement pas, ont établi des chercheurs israéliens de l’université Ben Gurion du Negev.

Cette technique est basée sur « l’illusion Delboeuf », l’une des illusions relatives à la taille des objets identifiées par les chercheurs. Par le biais de cette illusion, le cerveau perçoit qu’un cercle est plus large si les bords qui l’entourent sont plus petits.

Ainsi, une assiette avec un bord plus large – ou simplement une assiette plus grande – donne l’impression d’une ration plus petite, tandis que le contraire la fait paraître plus grande. Pour manger moins, avaient suggéré les chercheurs dans des études antérieures, il fallait utiliser de plus petites assiettes, ce qui amenait la quantité de nourriture à paraître plus importante qu’elle n’était réellement – réduisant en conséquence la quantité consommée.

Mais selon deux chercheurs du Laboratoire de perception et d’action visuelle de Ben-Gurion, le professeur Tzvi Ganel et la doctorante Noa Zitron-Emanuel, ce raisonnement pourrait être mensonger.

Les chercheurs, qui ont publié leur étude dans le journal médical Appetite, « ont utilisé des illusions visuelles – relatives au contraste de la taille – qui sont communément associées à la nourriture pour explorer la manière dont la privation [la faim] affecte le processus correspondant à la quantité de nourriture », ont-ils écrit dans leur article paru le 1er septembre.

Ils ont mené deux expériences, une avec 32 femmes et l’autre avec 41 femmes et 40 hommes – les deux groupes présentent un âge moyen de 24 ans, ce qui laisse suggérer que les sujets testés ont probablement été des étudiants de l’université Ben Gurion – pour tester la manière dont la faim affecte la perception de la quantité – lorsqu’il s’agit de nourriture. Ils ont donné aux participants des tranches de pizza sur des plateaux de taille différente et ils ont divisé les réponses en fonction du temps relatif passé par chaque sujet à les manger.

Leur conclusion est que « la privation alimentaire réduit le biais de l’illusion pour le stimuli lié à la nourriture, mais non pour le stimuli neutre ».

Ce qui signifie que votre cerveau cède à l’illusion de Delboeuf à chaque fois – sauf quand il a faim et qu’il a besoin de se sustenter. Alors le cerveau devient sérieux et paraît capable de discerner exactement la quantité de nourriture placée en face de lui, indépendamment de la taille du réceptacle dans lequel elle est posée.

Comme le disent les chercheurs, « une telle réduction de l’effet d’illusion indique un processus de style analytique plutôt que de traitement relatif à un stimuli spécifique dans une situation de faim ».

« Nous avons une étude qui montre que quand nous avons faim, nous sommes capables avec plus de précision de savoir très exactement quand la ration alimentaire a changé », aurait dit Ganel, des propos repris par le site No Camels. L’illusion de Delboeuf « est trompeuse. C’est une perception inexacte. C’est normal que nous faisions preuve de précision lorsque nous avons besoin de manger. Ce n’est pas l’assiette qui nous intéresse. C’est la nourriture ».

En revanche, lorsque les chercheurs ont testé les mêmes participants en utilisant des dessins de cercles et de moyeux, l’illusion de Delboeuf s’est maintenue.

Les chercheurs prévoient d’élargir la recherche pour « amener ces connaissances aux malades » qui souffrent de troubles alimentaires variés et « une fois que nous aurons établi les bases définissant des perceptions normales de nourriture, nous les testerons une fois encore avec d’autres populations pour voir comment elles perçoivent l’alimentation », a dit Ganel.

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