Les résidents d’implantations promettent de rétablir Evyatar en réponse à l’attaque
Des centaines de personnes se rassemblent au sommet de la colline de Cisjordanie pour exiger du gouvernement la légalisation promise de l’avant-poste en réponse au terrorisme

Des centaines d’habitants, avec parmi eux, des dirigeants du mouvement et des membres de la coalition au pouvoir du Premier ministre Benjamin Netanyahu, se sont rendus cette nuit à l’avant-poste illégal d’Evyatar en Cisjordanie, pour exhorter le gouvernement à approuver une nouvelle implantation permanente à cet endroit, en réponse à la fusillade terroriste meurtrière de mardi.
Des militants favorables aux implantations, dont des adolescents et des familles entières, sont montés sur le sommet de la colline de Cisjordanie déclarant qu’ils y revenaient pour de bon, après avoir essayé pendant des années d’y rétablir une communauté, tentatives qui ont été bloquées par l’armée.
Les dirigeants des implantations, dont le député de HaTzionout HaDatit, le chef du conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, et le grand rabbin de Samarie, Elyakim Levanon, étaient parmi ceux qui préconisaient l’expansion des implantations comme moyen de punir les Palestiniens après l’attentat qui a fait quatre morts dans l’implantation d’Eli, située à proximité.
« Nous sommes revenus chez nous à Evyatar », a déclaré Sukkot, l’un des fondateurs de l’avant-poste. « Les terroristes doivent savoir que toute attaque ne fera que renforcer l’emprise juive sur le territoire. Deux ans après avoir été évacués, le temps est venu pour nous de revenir pour toujours ».
Pour Dagan la reconstruction de l’avant-poste, est la « réponse sioniste au terrorisme meurtrier ».
« Nous frapperons l’ennemi arabe là où cela lui fait le plus mal. Quiconque tente de nous chasser de notre terre récoltera un millier d’Evyatars… des milliers de points d’implantation », a-t-il déclaré dans un communiqué.
Evyatar a été créé en 2013, mais a été détruit et reconstruit à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu’il soit rétabli pour la dernière fois en 2021. Dans le cadre d’un accord avec le gouvernement Netanyahu alors sortant, les habitants militants des implantations d’Evyatar ont accepté de quitter l’implantation dans l’attente d’un examen des terres par le gouvernement et d’un engagement à légaliser l’avant-poste, et à condition que les bâtiments sur le site ne soient pas démolis.
Le gouvernement Bennett-Lapid n’a pas donné suite à l’accord, mais une des conditions du parti HaTzionout HaDatit pour rejoindre la coalition actuelle, était la promesse de légaliser Evyatar.
Seulement, Israël a également convenu d’un accord avec les Palestiniens, sous l’égide des États-Unis, qui prévoit l’arrêt de la légalisation des avant-postes de Cisjordanie pendant six mois, cet accord arrive à échéance dans les semaines à venir.
Les Palestiniens du village voisin de Beita affirment qu’Evyatar se trouve sur des terres qu’Israël a expropriées de leur ville il y a des dizaines d’années.
En avril, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, qui s’est récemment vu confier plus de pouvoirs en matière d’approbation d’implantations, a promis qu’Evyatar serait bientôt légalisé, de même que quelque 70 autres avant-postes sauvages en Cisjordanie. Il a fait cette promesse lors d’une visite sur le site à l’occasion d’une manifestation qui a attiré des dizaines de milliers de personnes, dont sept ministres et 20 membres de la Knesset.
« Cet endroit grouillera de vie – des Juifs, droits, fiers, amoureux de la terre et de la Torah ; et à l’instar d’Evyatar qui va être officialisé, il en ira de même pour [d’autres] [avant-postes] existants et pour de nouvelles implantations, car cette terre est la nôtre », avait déclaré Smotrich à l’époque.
Dans une déclaration faite tôt mercredi au sujet de la marche vers Evyatar, le conseil régional de Samarie a reproché au gouvernement de ne pas avoir tenu ses engagements en matière de rétablissement de l’implantation.
Des groupes de résidents d’implantations sont revenus à plusieurs reprises au sommet de la colline, notamment à l’occasion d’un office de prière de masse qui s’y est tenu en début de semaine. Selon le Mouvement Nahala pour les implantations, qui a fait la promotion d’Evyatar, les événements qui ont lieu sur le site abandonné ont pour but d’exercer une pression supplémentaire sur le gouvernement pour obtenir la légalisation de l’avant-poste.
Ce nouvel élan a été donné tôt mercredi à la suite d’un attentat contre une station-service et un restaurant de houmous près de l’implantation d’Eli, en Cisjordanie, qui a fait quatre morts et quatre blessés parmi les Israéliens. L’un des assaillants a été tué immédiatement par un passant, tandis qu’un second tireur a été abattu par les troupes après une chasse à l’homme qui a duré plusieurs heures.
Ni Smotrich ni le ministre de la Sécurité nationale Ben Gvir n’étaient présents à la marche mercredi.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.







