Les squatteurs doivent évacuer l’immeuble de Hébron, dit la Haute-cour
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Les squatteurs doivent évacuer l’immeuble de Hébron, dit la Haute-cour

Les magistrats acceptent l'avis de l'Etat qui affirme que les 15 familles concernées n'ont pas pu prouver leur acquisition de la maison Machpela

Jacob Magid est le correspondant implantations du Times of Israël

Les squatteurs israéliens à la Maison Machpela de Hébron, le 25 juillet 2017 (Autorisation : Amutat Harchivi)
Les squatteurs israéliens à la Maison Machpela de Hébron, le 25 juillet 2017 (Autorisation : Amutat Harchivi)

La Haute cour de justice a statué lundi qu’un groupe d’habitants qui occupe illégalement un immeuble controversé à Hébron controversé depuis les sept derniers mois devra être évacué faute d’avoir pu prouver l’acquisition légale de la structure.

Adoptant le positionnement de l’Etat dans le dossier, qui a été soumis au mois d’octobre dernier, la Cour a jugé que rien n’avait changé depuis la dernière fois que l’immeuble avait été évacué, en 2012. Cette année-là également, les résidents n’avaient pas pu prouver l’achat de l’habitation.

Environ 15 familles – qui forment un total de presque 100 personnes – vivent actuellement dans la maison Machpela, adjacente au tombeau des Patriarches dans la ville poudrière de Cisjordanie, depuis le 25 juillet.

Après qu’une requête devant la Haute cour a été déposée contre les occupants par un groupe d’habitants palestiniens de Hébron, le procureur-général Avichai Mandelblit avait émis une réponse au nom de l’Etat à la fin du mois d’août, donnant aux occupants une semaine pour évacuer pacifiquement la maison Machpela avant que l’armée n’ait l’ordre d’intervenir pour leur faire quitter les lieux par la force.

Au dernier jour de ce délai, les occupants avaient déposé de leur côté une requête auprès de l’instance judiciaire, affirmant qu’ils avaient acheté le bien légalement et que le document d’inscription qui manquait, selon le gouvernement, n’était pas indispensable à leur maintien dans la structure.

Le bureau du procureur général devait répondre à cette requête une semaine après mais avait demandé plusieurs reports à l’occasion des fêtes juives de l’automne avant de livrer sa réponse, qu’il avait donnée fin octobre, réclamant l’évacuation des occupants.

A soldier stands guard outside Beit Hamachpela last week (photo credit: Miriam Alster/Flash90)
Un soldat monte la garde aux abords de Beit Hamachpela la semaine dernière (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Au cours de cette période, néanmoins, le tribunal avait émis une ordonnance qui reportait temporairement l’évacuation. Elle a été annulée par la décision prise lundi.

Au mois de décembre, les occupants avaient proposé un compromis par lequel ils indiquaient qu’ils évacueraient pacifiquement la maison Machpela si l’Etat démolissait un auvent d’un côté de l’habitation qui, selon eux, avait été érigé illégalement par des voisins palestiniens.

Ce compromis a également été rejeté par la cour lundi.

Aucune date n’a été précisée pour l’évacuation de la maison Machpela mais parce que l’Etat lui-même a statué en faveur de l’évacuation, la décision devrait être menée dans un avenir proche. Et pourtant, le ministre de la Défense Avigdor Liberman a indiqué aux journalistes au mois d’août qu’il n’avait pas de problème à « traîner les pieds » face à cette évacuation.

Suite à la décision de lundi, l’observatoire La Paix maintenant a appelé l’Etat à afficher « zéro tolérance pour toute tentative à venir de reporter l’évacuation » et a exprimé l’espoir que « cette fois, les envahisseurs honoreront la cour et sauront se retirer sans violence et sans drame non-nécessaire ».

L’organisation Harhivi, qui avait dirigé les opérations pour les squatteurs, avait tenté à plusieurs occasions de faire appel de la décision de 2012 qui avait bloqué la revendication de l’achat de la maison Machpela et au mois de juin, une commission de l’Administration civile avait accepté de réexaminer le dossier des habitants d’implantation. Néanmoins, l’enquête n’a pas encore eu lieu et l’ordonnance de l’armée interdisant aux occupants de vivre dans l’immeuble est encore en vigueur.

Toutefois, les squatteurs ont été en mesure d’entrer et de sortir librement du bâtiment pendant plus de deux mois, bénéficiant d’une protection lourde de l’armée après que le complexe et son périmètre ont été déclarés zone militaire fermée.

Plusieurs centaines d’habitants d’implantations vivent à Hébron, parmi des dizaines de milliers de Palestiniens. Mardi, le ministère de la Défense a approuvé des permis pour étendre l’enclave israélienne avec la construction de plus de 100 nouvelles habitations, les premières constructions approuvées en 15 ans.

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