L’Etat accepte d’évacuer les squatteurs de Hébron
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L’Etat accepte d’évacuer les squatteurs de Hébron

Le procureur général a reconnu que les 15 familles qui occupent la maison Machpela n'ont pas mené à son terme la transaction d'achat nécessaire

Jacob Magid est le correspondant implantations du Times of Israël

Des soldats israéliens montent la garde devant la maison Machpela  de Hébron, en Cisjordanie, le 26 juillet 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Des soldats israéliens montent la garde devant la maison Machpela de Hébron, en Cisjordanie, le 26 juillet 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

L’Etat d’Israël a informé dimanche la Haute cour de Justice qu’il se préparait à évacuer la maison Machpela de Hébron, où 15 familles se sont illégalement installées depuis le mois dernier.

Répondant à une requête déposée par un groupe de résidents palestiniens de Hébron, le procureur général Avichai Mandelblit a indiqué que la centaine de squatteurs aura une semaine pour quitter pacifiquement le bâtiment, situé aux abords du Tombeau des Patriarches, avant que l’armée n’intervienne, en utilisant la force si nécessaire.

Mandelblit a reconnu les négociations extensives menées entre les responsables de la sécurité et les squatteurs, qui se sont introduits dans cet immeuble de cinq étages le 25 juillet, mais qu’en raison de l’incapacité des uns et des autres à trouver un accord, et au vu d’une décision de la Haute cour prise en 2012 et toujours applicable, le bâtiment devait être évacué.

« Il n’y a aucune intention de donner une approbation à l’occupation des lieux avant que le processus d’achat ne se soit terminé », a écrit Mandelblit, citant l’absence de preuves montrant que la maison ait été acquise légalement par les habitants. Ce flou avait déjà dans le passé empêché les autorités de leur donner l’autorisation de rester dans le bâtiment.

Les soldats israéliens affrontent des Palestiniens aux abords de la maison Machpela dans la ville de Hébron, en Cisjordanie, le 26 juillet 2017 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Les soldats israéliens affrontent des Palestiniens aux abords de la maison Machpela dans la ville de Hébron, en Cisjordanie, le 26 juillet 2017 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

En 2012, le même nombre de familles avait brièvement occupé l’immeuble contesté, mais l’administration civile – organe du ministère de la Défense chargé de gérer les problèmes relatifs à la propriété en Cisjordanie – avait conclu ne pas posséder suffisamment de preuves pour valider l’acquisition de ce bien. Les familles avaient été évacuées du site après une semaine.

Réagissant à la réponse de l’Etat, Hagit Ofran, de l’observatoire anti-implantation La Paix Maintenant, a estimé que l’évacuation aurait dû avoir lieu il y a déjà des semaines. « C’est vraiment une honte que l’Etat ait besoin d’une requête déposée à la Haute cour pour faire appliquer la loi », a-t-elle déploré.

L’organisation Harhivi, qui a chapeauté le rachat de la maison Machpela ainsi qu’un certain nombre de tentatives similaires d’acquisition de logements à Hébron, a affirmé dans un communiqué que la réponse de l’Etat était « infondée et qu’elle n’a aucune base juridique. »

Des jeunes squatteurs de la maison Machpela à Hébron regardent une pièce de théâtre aux abords de l'immeuble le 26 juillet 2017 (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)
Des jeunes squatteurs de la maison Machpela à Hébron regardent une pièce de théâtre aux abords de l’immeuble le 26 juillet 2017 (Crédit : Jacob Magid/Times of Israël)

L’organisation a affirmé qu’un document d’enregistrement manquant – qui a empêché l’autorisation finale de l’achat du bâtiment – n’était pas nécessaire pour habiter l’immeuble.

« Le racisme contre les Juifs qui ont acheté une maison à Hébron doit prendre fin. Dans n’importe quel autre endroit du pays, un Juif achète une maison, il paie, puis il va y vivre […]. Il est inconcevable que les Juifs n’aient pas le droit d’entrer dans un bâtiment dont ils sont les propriétaires », a dit Harhivi dans un communiqué.

La porte-parole de l’association, Yifat Arieli, a refusé de commenter l’éventuelle intention des squatteurs de rester dans la structure jusqu’à une évacuation par la force de la police.

Des scénarios similaires se sont déjà déroulés dans d’autres immeubles de Hébron. Typiquement, des organisations juives occupent des structures vacantes qui, selon eux, auraient été achetées par leurs soins à des propriétaires palestiniens. Les Palestiniens mettant en doute cette acquisition, et ce sont l’administration civile ou la Cour suprême qui sont chargés de juger de l’authenticité des documents d’achats fournis par les habitants du lieu.

Dans un autre dossier qui avait impliqué un autre complexe de Hébron, connu sous le nom de maison de la Paix, la Cour suprême avait rejeté en 2014 la requête d’un Palestinien qui avait affirmé que l’acquisition de l’immeuble par des Juifs avait été frauduleuse. Un mois plus tard, l’armée avait donné la permission aux propriétaires juifs d’habiter les lieux avec leurs familles.

Harhivi a plus d’une fois fait appel de la décision de 2012 bloquant l’achat de la maison Machpela et en juin, un conseil de l’administration civile avait accepté d’entendre les doléances des familles juives concernées. L’enquête n’a cependant pas encore eu lieu et l’ordonnance de l’armée interdisant aux familles d’habiter dans l’immeuble est donc restée en vigueur.

Toutefois, les squatteurs ont pu entrer et sortir librement du bâtiment au cours du dernier mois, profitant même d’une forte protection de l’armée israélienne, après que le complexe et son périmètre ont été déclarés zone militaire fermée.

Quelques heures après que les habitants sont entrés pour la première fois dans l’immeuble, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait ordonné au ministre de la Défense Avigdor Liberman de ne pas mettre en place de plan d’évacuation. Des représentants des bureaux des deux responsables avaient rencontré les représentants des familles de la maison Machpela en fin de journée, le jour même, pour tenter de trouver une solution.

Des sources proches du Premier ministre avaient alors indiqué que Netanyahu cherchait à éviter une éventuelle éviction des familles. La réponse apportée dimanche par l’Etat montre que ces efforts ont probablement échoué.

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