Les tarifs de téléphonie fixe baissent en Israël, une première en 17 ans
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Les tarifs de téléphonie fixe baissent en Israël, une première en 17 ans

La réduction pourrait aller jusqu'à 40% des services de téléphonie ; pour Yoaz Hendel, ministre des Communications sur le départ, c'est la "correction d'un tort" fait aux clients

Le ministre des Communications  Yoaz Hendel visi e le musée des Antiquités du Gush Etzion, le 8 décembre 2020. (Crédit : Gershon Elinson/FLASH90)
Le ministre des Communications Yoaz Hendel visi e le musée des Antiquités du Gush Etzion, le 8 décembre 2020. (Crédit : Gershon Elinson/FLASH90)

Dans sa dernière initiative prise à son poste – après en avoir été limogé en raison de manœuvres politiques entreprises avant de possibles élections – le ministre des Communications Yoaz Hendel a annoncé mardi que son ministère permettrait la toute première réduction des tarifs des lignes téléphoniques filaires depuis 17 ans.

Selon les réformes, les clients de Bezeq verront leurs frais passer de 40 à 30 shekels par mois contre approximativement 60 à 50 shekels actuellement alors que les tarifs fixes et de paiement par minute ont connu des coupures significatives.

Au total, le ministère des Communications a fait savoir que ces coupes pourraient entraîner une réduction d’environ 40 % des frais pour les deux millions d’Israéliens qui souscrivent encore à des services de téléphonie fixe, ce qui pourrait réduire les factures des foyers de centaines de shekels par an.

« Nous prenons une initiative, aujourd’hui, qui permet de corriger un tort fait au client depuis longtemps et qui touche chaque foyer en Israël, en révisant à la baisse les prix des communications de la téléphonie fixe contrôlés par Bezeq », a déclaré Hendel dans un communiqué, quelques heures avant que sa démission soit mise en vigueur.

« Après n’avoir fait l’objet d’aucun changement depuis de nombreuses années, il est temps de faire tout ce qui est possible pour corriger les anomalies sur le marché », a-t-il ajouté, notant que les dernières modifications des prix – ils sont régulés par le gouvernement en raison du monopole de Bezeq sur le marché – avaient eu lieu en 2003.

Une station satellite Bezeq dans la vallée d’Ella (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Les réformes seront mises en place après une audience ministérielle sur la question en présence de représentants de Bezeq.

Le directeur-général du ministère des Communications, Liran Avisar Ben-Horin, a expliqué dans un communiqué que « cette remise à jour des tarifs est nécessaire après 17 ans et après tous les changements qui sont survenus sur le marché des communications, ainsi que les développements technologiques qui ont été réalisés ces dernières années ».

Il a ajouté que l’initiative « devrait entraîner un équilibre approprié entre les coûts [de Bezeq] pour la fourniture du service et les paiements du souscripteur ».

Bezeq a toutefois qualifié l’initiative « d’outil dans un jeu politique non-nécessaire, en utilisant une régulation de type bolchévique qui, nous le pensions, avait disparu du monde ».

Bezeq a lutté de manière répétée contre les régulations intervenant sur le marché israélien des communications.

En 2018, une enquête d’un an avait permis de découvrir que la compagnie avait échoué à permettre à ses rivaux de poser leurs câbles de fibre optique sur ses propres canalisations tubulaires, conformément à une réforme gouvernementale qui visait à renforcer la concurrence.

Les travailleurs de Bezeq installent des câbles à fibres optiques. (Autorisation)

Le ministère des Communications avait décidé, il y a quelques années, que Bezeq devrait ouvrir son réseau de conduits et autres infrastructures dans tout le pays à ses concurrents pour leur éviter la bureaucratie, les coûts élevés et les fortes perturbations publiques qu’entraînerait la nécessité de créer de nouveaux réseaux souterrains.

Mais la réforme visant à moderniser les infrastructures avait été immobilisée et elle se trouve au fondement d’une affaire de corruption dans laquelle le Premier ministre Benjamin Netanyahu doit répondre actuellement d’accusations de pots-de-vin. Le Premier ministre, pour sa part, n’a cessé de clamer son innocence.

A LIRE – Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

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