Les velles resteront auprès de leurs mères dans un projet-pilote au Moshav Idan
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Les velles resteront auprès de leurs mères dans un projet-pilote au Moshav Idan

Le projet mis en place par Yotvata permettra aux velles de rester avec leurs mères jusqu'au sevrage - mais les veaux seront encore séparés pour l'engraissement et l'abattage

Le docteur Sivan Lacker et Ashkar Ginossar dans une exploitation de la Yotvata Dairy, dans le sud d'Israël (Crédit :Lior Nordman)
Le docteur Sivan Lacker et Ashkar Ginossar dans une exploitation de la Yotvata Dairy, dans le sud d'Israël (Crédit :Lior Nordman)

La firme laitière Yotvata Dairy, située dans le sud d’Israël, va lancer un projet unique en son genre dans un élevage bovin industriel en Israël qui verra les velles rester auprès de leurs mères après la naissance.

Le projet sera mis en place dans une étable relativement récente du Moshav Idan, dans le désert d’Arava, au sud d’Israël, a rapporté Zman Israel, le site en hébreu du Times of Israel.

La pratique extrêmement courante consistant à séparer les veaux de leurs mères durant l’heure qui suit la naissance fait l’objet de critiques croissantes au sein de l’industrie laitière comme chez les militants des droits des animaux. Elle crée une grave détresse chez la vache et son veau et est considérée comme agressive et cruelle.

Lorsque les veaux sont âgés de quelques jours, ils sont envoyés à l’engraissement avant d’être abattus – ce qui ne changera pas. Le projet, qui devrait être lancé l’année prochaine, s’appliquera aux velles qui sont, elles aussi, actuellement séparées de leur mère et emmenées après quelques jours d’isolement dans une sorte de « crèche » où elles retrouvent les autres.

Sivan Lacker, vétérinaire, s’est rendu en Europe pour voir comment les veaux étaient laissés avec leurs mères. Là-bas, les exploitations sont généralement plus petites que ce n’est le cas en Israël et c’est la raison pour laquelle l’élevage de Moshav Idan, avec seulement 360 vaches et 150 mises-bas en moyenne par an, a été choisi.

Ashkar Genosar, l’un des gérants de la laiterie Yotvata. (Crédit : Lior Nordman)

« Nous allons commencer graduellement et nous voulons vraiment que ce projet réussisse », a commenté Ashkar Genosar, l’un des gérants en charge de la fabrication et de la réception du lait au sein de Yotvata Dairy. « Nous pensons que ce projet est très important et qu’il fonctionnera au point de vue sanitaire et technique. Actuellement, 23 étables travaillent avec nous, et quand nous avons suggéré à la gérante de la laiterie Idan de nous rejoindre, elle s’est montrée très enthousiaste ».

Les risques sanitaires que doivent affronter les veaux comprennent l’exposition à la maladie et l’entrée dans l’étable des prédateurs, a expliqué Ashkar Genosar.

L’idée est que les velles resteront jusqu’à leur sevrage avec leurs mères, pendant six mois – une période à l’issue de laquelle les deux se séparent naturellement. Les plus jeunes rejoindront alors un groupe de leur âge.

Ashkar Genosar a indiqué que tandis que l’exploitation perdrait le lait donné par la mère à son veau, les études montrent que les velles allaitées par leurs mères étaient en meilleure santé et plus fortes et qu’elles donnaient plus de lait, à long-terme, que celles qui étaient séparées de leurs mères à la naissance.

De plus, la pratique courante de conserver et de nourrir des veaux dans une « crèche » séparée a un coût substantiel, qui pourra être économisé en laissant la mère et sa velle ensemble.

« Pour autant que nous sachions, le monde des élevages industriels ne connaît pas le fait de conserver les vaches et les veaux ensemble », indique Ashkar Genosar.

Yotvata Dairy est l’un des plus grands producteurs de produits laitiers en Israël, et l’entreprise appartient conjointement au kibboutz Yotvata et au géant agro-alimentaire local Strauss.

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