L’Etat publiera 300 000 archives inédites dans l’affaire des enfants yéménites
Rechercher

L’Etat publiera 300 000 archives inédites dans l’affaire des enfants yéménites

La ministre de la Justice demande la publication des documents de la police. Elle appelle aussi deux autres organisations à publier tous les documents disponibles

Les documents classifiés liés à l'affaire des enfants yéménites, aux Archives de l'Etat à Jérusalem, le 22 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les documents classifiés liés à l'affaire des enfants yéménites, aux Archives de l'Etat à Jérusalem, le 22 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dimanche, Ayelet Shaked, la ministre de la Justice, a donné l’instruction aux Archives de l’Etat d’Israël de publier environ 300 000 documents inédits dans l’affaire des enfants yéménites, dont la disparition après leur arrivée en Israël il y a 50 ans continue de susciter des polémiques.

Présidé par Shaked, le Comité de la Knesset pour les Archives a pris connaissance que des centaines de dossiers de la police israélienne n’ont pas été publiés et que leur existence était largement méconnue.

Depuis les années 1950, plus de 1 000 familles – principalement des immigrants du Yémen, mais aussi des dizaines de familles originaires des Balkans, d’Afrique du Nord et de pays du Moyen-Orient – affirment que leurs enfants ont été systématiquement enlevés des hôpitaux israéliens et placés à l’adoption, parfois à l’étranger. C’est ce que l’on a surnommé l’affaire des enfants yéménites.

Shaked a demandé au service des archives d’examiner les documents puis de les publier. Elle a également donné l’instruction à Tsahal de publier toutes les statistiques pertinentes au sujet des enfants yéménites, à la condition que ces informations n’aient pas d’impact sur la vie privée d’autres personnes, a annoncé la radio de l’armée.

Tous nos articles sur l’affaire des enfants yéménites

La chaîne publique Kan a annoncé que Shaked avait aussi demandé à l’Organisation Internationale Sioniste des Femmes (OISF) et à l’organisation Hadassh de publier les archives pertinentes dont elles disposent sur le sujet.

Les organisations bénévoles de l’OISF et d’Hadassh ont joué un rôle majeur dans la mise en place de services de soin en Israël avant et après la création de l’état.

Ayelet Shaked, ministre de la Justice, pendant la cérémonie de serments des nouveaux juges, à la résidence présidentielle de Jérusalem, le 28 juillet 2016. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Environ 49 000 Juifs yéménites sont venus dans l’Etat d’Israël en formation au cours de l’Opération Tapis Magique dans les années 1949-50.

Contesté par les universitaires et toujours réfutée par les trois commissions d’état qui ont examiné l’affaire et qui ont conclu que la plupart des enfants étaient morts, l’affaire a continué à refaire surface, notamment parce que la plupart des familles n’ont pas eu les dépouilles de leurs enfants et n’ont pas été informées sur leur lieu de sépulture.

En outre, les certificats de décès étaient truffés d’erreurs, et la plupart des enfants portés disparus ont reçu des avis de conscription dans l’armée 18 ans après leur mort supposée. Il y a aussi des cas d’enfants adoptés qui ont pu confirmer, grâce à des tests ADN, qu’ils étaient originaires de familles yéménites à qui l’on avait dit qu’ils étaient décédés.

En juillet, la Knesset a passé une loi qui autorise les familles arrivées en Israël depuis le Yémen dans les premiers jours de la création de l’état à découvrir si les enfants dont ils pensent qu’ils ont été enlevés ont effectivement été placés à l’adoption.

En février, une loi a autorisé les familles d’enfants disparus à obtenir un ordre d’exhumation des dépouilles auprès d’un tribunal afin de procéder à des comparaisons ADN.

Enfants yéménites arrivés en Israël grâce à l’opération Tapis volant, devant un avion d’Alaska Airlines. (Crédit : AJM)
En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...