L’ex-mufti de Jérusalem demande aux pays arabes et islamiques d’aider l’UNRWA
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L’ex-mufti de Jérusalem demande aux pays arabes et islamiques d’aider l’UNRWA

Parlant de "conspirations contre Jérusalem" dans son sermon d'Al-Aqsa, le sheikh rejette les plans annoncés par Washington pour redéfinir le statut des réfugiés

Khaled Abu Toameh est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

L'ancien Mufti de Jérusalem, Sheikh Ekrima Sabri (Capture d'écran YouTube)
L'ancien Mufti de Jérusalem, Sheikh Ekrima Sabri (Capture d'écran YouTube)

Vendredi, un haut responsable islamique palestinien a appelé les pays arabes et islamiques à fournir une aide financière à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) suite à la décision du gouvernement américain de réduire le financement de l’agence.

Le sheikh Ekrima Sabri, l’ancien mufti de Jérusalem, a lancé l’appel lors de son sermon de vendredi à la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem.

Sabri a déclaré à des milliers de fidèles musulmans que la position de l’administration américaine à l’égard de l’UNRWA n’était pas surprenante, surtout après l’annonce du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël.

« Nous assistons à des conspirations contre Jérusalem et la question des réfugiés », a déclaré le sheikh Sabri. Ils veulent liquider la question des réfugiés.

« Les pays arabes et islamiques devraient financer l’UNRWA sans dépendre d’aucun autre pays jusqu’à ce que les réfugiés rentrent chez eux. »

Les fidèles musulmans lors de la prière du vendredi midi près du Dôme du Rocher à la mosquée al-Aqsa sur le mont du Temple dans la Vieille Cille de Jérusalem, le 22 décembre 2017 (Crédit : Photo AFP / Ahmad Gharabli)

Dans son sermon, Sabri a rejeté toute tentative de redéfinir le statut des réfugiés palestiniens.

Il faisait référence à un rapport récent suggérant que l’administration Trump envisageait de le faire. Selon un reportage de Hadashot, l’administration Trump s’oppose aux critères des Nations unies, qui étendent le statut de réfugié et l’aide financière à des millions de descendants de réfugiés palestiniens d’origine.

Sabri a déclaré que les descendants des réfugiés d’origine avaient également droit au statut de réfugié « parce que les droits et les biens d’un réfugié sont transmis aux générations successives par héritage ».

La question des réfugiés, a-t-il ajouté, continuera d’exister « jusqu’à ce que les réfugiés reviennent dans les foyers et les terres dont leurs pères et leurs grands-pères ont été privés. Nous n’abandonnerons pas ce droit légitime. »

Sabri a affirmé que le nombre de réfugiés palestiniens « à l’intérieur et à l’extérieur de la Palestine » dépassait les sept millions.

Pierre Krahenbuhl, chef de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens,(UNRWA) est interviewé à Jérusalem le 19 janvier 2018. (AFP Photo/Thomas Coex)

« Nous rejetons l’affirmation selon laquelle un réfugié n’est que celui qui a été déplacé de son foyer et de sa terre », a-t-il dit. « L’héritage protège les droits des descendants après la mort d’un réfugié. »

En 1994, l’ancien président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, a nommé Sabri mufti de Jérusalem. Cependant, en 2006, le président de l’AP, Mahmoud Abbas, a démis Sabri de ses fonctions en raison, semble-t-il, de la dure attitude de ce dernier et des critiques répétées contre l’AP et certains pays arabes.

L’AP et sa faction dirigeante, le Fatah, ont déclaré jeudi que la question des réfugiés palestiniens et de leur « droit au retour » était sacrée et non négociable.

Israël a toujours refusé de permettre à tous les réfugiés palestiniens de s’installer en Israël en raison de la menace démographique existentielle, et la plupart des formules pour un accord de paix ne prévoient qu’un nombre symbolique de retours.

Selon les statistiques de l’UNRWA, quelque cinq millions de réfugiés palestiniens ont droit aux aides de l’Office.

Jeudi, le Commissaire général de l’UNRWA, Pierre Krahenbuhl, a également lancé un appel aux pays arabes pour qu’ils financent son agence. Il s’exprimait lors d’une réunion de la Ligue arabe des ministres des Affaires étrangères au Caire.

Mardi, il a déclaré que la Russie, le Koweït et neuf pays européens avaient convenu d’accélérer leurs contributions pour aider à combler la baisse annoncée par la décision de l’administration Trump de réduire le financement américain indispensable.

La semaine dernière, Krahenbuhl a déclaré lors d’une conférence de presse à Bruxelles qu’il était « surpris » par la décision des Etats-Unis de réduire drastiquement le financement de l’UNRWA et a exhorté les pays du Golfe à intervenir pour aider à résoudre la crise.

Les Palestiniens récupèrent de l’aide alimentaire dans un centre de distribution alimentaire des Nations Unies à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 28 janvier 2018. (Dit Khatib/AFP)

« Les pays du Golfe devraient participer à l’effort mondial », a-t-il déclaré. « L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït en particulier apportent déjà d’importantes contributions à l’UNRWA. Il a fait observer que, bien que les États membres de la Ligue arabe se soient engagés à contribuer à hauteur de 7,8 % au financement de base de l’UNRWA dans les années 80, ils n’ont contribué qu’à hauteur de 3,5 % l’année dernière.

L’AP a contesté un récent reportage de Hadashot selon lequel l’administration Trump envisage de cesser toute aide financière à l’UNRWA.

Les responsables palestiniens ont accusé le président américain de chercher à faire chanter les Palestiniens.

« Cela ne dissuadera pas notre peuple de revendiquer le droit sacré au retour et cela n’exonérera pas Israël du crime de nettoyage ethnique qu’il a commis en 1948 », a indiqué le communiqué de l’AP.

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