Le chef de l’UNRWA lance un appel d’urgence de 800 millions de dollars
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Le chef de l’UNRWA lance un appel d’urgence de 800 millions de dollars

Pour Pierre Krahenbuhl, le gel des aides américaines est une décision "politique"

Pierre Krähenbühl aux Nations unies, le 10 novembre 2015. (Crédit : capture d’écran YouTube)
Pierre Krähenbühl aux Nations unies, le 10 novembre 2015. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Le chef de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens a estimé mardi que le gel de l’aide américaine à son organisation revêtait un caractère « politique » et a lancé un appel d’urgence de 800 millions de dollars (646 millions d’euros).

« Il est très clair que la décision des Etats-Unis n’est pas liée à notre performance », a déclaré à Genève Pierre Krahenbuhl, lors de la présentation de l’appel de fonds devant les médias.

« Il n’y a aucun doute que si aucune solution n’est trouvée au déficit (…), il y aura une instabilité accrue » dans la région, a-t-il mis en garde.

Dans un contexte de vives tensions américano-palestiniennes, l’administration Trump a annoncé en janvier suspendre le versement de plusieurs paiements abaissant la contribution américaine à 60 millions de dollars contre 360 prévus initialement, selon M. Krahenbuhl.

« J’ai eu des entretiens (aux Etats-Unis) en novembre de l’année passée, y compris avec Jared Kushner », le gendre et proche conseiller de Donald Trump, et « les dynamiques étaient positives », « il y avait une détermination de soutenir » l’organisation onusienne, a expliqué le chef de l’UNRWA.

Le Haut Conseiller du Président à la Maison Blanche, Jared Kushner, sort par l’aile ouest de la Maison Blanche, 17 octobre 2017, Washington, DC. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images via JTA)

« Le seule chose qui est intervenue depuis, c’est tout le débat autour de Jérusalem », a-t-il fait valoir, en référence au vote en décembre de l’Assemblée générale de l’ONU condamnant la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël.

« En ce sens », la décision américaine a « un caractère politique », a-t-il assuré.

Financée par des contributions volontaires des Etats membres de l’ONU, l’UNRWA est un acteur primordial dans la bande de Gaza, où plus des deux tiers de la population dépendent de l’assistance étrangère.

M. Krahenbuhl a expliqué que plusieurs pays, comme la Belgique, le Koweït, les Pays-Bas et l’Irlande, avaient d’ores et déjà indiqué qu’ils allaient payer plus tôt que prévu leurs promesses de dons afin d’aider l’UNRWA.

D’autres pays seraient prêts à s’engager davantage, a-t-il dit, mais il a estimé qu’il fallait créer une « véritable alliance pour combler » le « trou » créé par le gel de l’aide des Etats-Unis, jusqu’à présent principal contributeur de ce fonds.

« D’un point de vue financier, c’est la pire crise » de notre histoire, a-t-il conclu.

Sur les 800 millions de dollars demandés par l’agence de l’ONU pour 2018, près de la moitié permettront d’aider les Palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. L’autre moitié est destinée à aider les réfugiés palestiniens en Syrie.

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